Chroniques d'un monde malade

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dimanche 18 janvier 2015

HDR : High Diversity Stylee

Être président d'une radio associative, ça prend du temps. Je n'ai plus la possibilité de participer à l'émission Primonde, réalisée par Chérif Kane. Mais, pour la fête HDR dont le retour a eu lieu vendredi 17 janvier, j'ai repris le stylo (en fait le clavier). Première chronique depuis mars dernier... Les instants que nous vivons valaient au moins un petit mot sur les temps qui courent.

Merci encore à toutes celles et ceux qui ont permis à cette fête d'avoir lieu, des musiciens aux bénévoles, de nos amis du 106 au public venu massivement, des salariés de la radio aux auditeurs et amis de Radio HDR...

Voici le texte de cette chronique "hors série".

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Il y a quelques semaines, je me demandais ce que j’allais bien pouvoir dire à la Fête HDR. Il y avait tant de trucs à dire finalement, sur la radio, sur notre vie associative, les difficultés que nous rencontrons, nos espoirs, nos réussites aussi. Bon, je pensais articuler çà autour du thème, bonne année, bonne santé, tout çà… Peinard. Et puis, le séisme…

Et pas un tsunami au-delà des océans, un tremblement de terre à l’autre bout du monde, non. Un attentat sur trois jours. Dix-sept victimes. Frédéric, Franck, Jean, Elsa, Stéphane, Philippe, Bernard, un second Philippe, Ahmed, Michel, Mustapha, un autre Bernard, Georges, Clarissa, encore un Philippe, Yoann, Yoav. Mais aussi un attentat contre beaucoup d’autres choses, dont ce qu’on appelle généralement « diversité ». « vivre ensemble ». Nous, à HDR, on appelle ça « Le Mix des Cultures ». Ca swingue un peu plus, Ca sonne funky. En écoutant bien, on ressent même le groove. Bref, on est un peu plus sexy ! Mais revenons à ce qui nous préoccupe, dans tous les sens du terme.

Bon, je n’ai cité que les prénoms. Car avec les noms, les lieux de naissance, c’est encore plus varié, divers, arc en ciel comme on dit dans la langue de Mandela. Et je vous dis pas avec les photos, pour une chronique radio, c’est pas évident. Et puis, comment ne pas avoir vu le retour de la France Black Blanc Beur au regard des trois victimes parmi les forces de l’ordre ? Drôle de symbole. Toutes ces victimes qui étaient au boulot, faisaient leurs courses, taillaient leur crayon, qui se grattaient l’oreille, se curaient le nez, nous ressemblent, à moins que ce ne soit l’inverse.

Jeudi dernier, on a été quelques-uns à débattre en direct sur le 99.1 sur ce qui s’était passé, ce qui se passait et ce qui allait se passer. Il y avait des invités, et puis il y avait Malik, Sonia, Jalil, Nicolas, Elvire, notre Dr Mansour, Caro, Esther, Moïse, celui qui nous mena à l’antenne promise, et Manu qui est venu faire son petit coucou. Et j’en oublie certainement, qu’ils me pardonnent. Et puis on pensait aussi à ceux qu’on aurait aimé avoir avec nous dans le studio, dans la limite des places disponibles pour continuer à respirer. On était bien ensemble dans notre stupeur, notre colère, notre tristesse, dans notre unité et notre diversité, notre espoir aussi. On se serrait les coudes, se disputait le micro. On a même débordé sur l’horaire. Le Mix dans toute sa splendeur. Un vrai remède. Une question de survie.

Mais, sortons un peu du studio et allons dans la rue. Oui, ça fait chaud au cœur de voir qu’il n’y a pas eu trop d’indifférence dans le pays et au-delà, en tous cas beaucoup moins que pour les villageois nigérians qui ont été massacrés de la même manière par des... je cherche mes mots, allons-y pour connards, c’est assez générique. A nos frères et sœurs du Nigeria non plus, les kalachnikovs n’ont laissé aucune chance. Eux aussi, ils allaient faire leurs courses, étaient au boulot ou à l’école, peut-être glandaient-ils sans emmerder personne, même. D’ailleurs, reconnaissons-le, les télés ne nous ont pas bassinés avec ces morts, et on ne connaît même pas les prénoms des deux mille victimes. Comme disait Fela, Viva Nigeria ! Sorrow, tears and blood. Et paix à leur âme.

Mais je m’égare dans ma sensiblerie. Nous à HDR on ne fait rien comme tout le monde. Ce qui nous réunit, ce sont nos différences, c’est paradoxal, oxymoresque, mais c’est comme çà. Et on emmerde tous ceux que ça emmerde. On est des gens simples, finalement. Mais on sait aussi faire quelques trucs, comme donner la parole à ceux à qui on ne la donne pas, par exemple. Mixer, mais aussi disséminer les cultures, parfois même dans d’autres langues que celle qui nous unit. Et puis on passe de la bonne zik.

Mais ce qu’on pense savoir faire, c’est faire tomber les murs entre les gens, construire des ponts pour les relier, ouvrir les portes. C’est magnifique une porte, elle relie et sépare à la fois, tout dépend de l’usage qu’on en fait. Nous, on les ouvre. Et on n’oublie pas les fenêtres, c’est bien aussi une fenêtre, ça permet de changer d’air. C’est ce qu’on continuera à faire, et en mettant les bouchées doubles. On le doit bien à Frédéric, Franck, Jean, Elsa, Stéphane, aux deux Bernard, aux trois Philippe, à Ahmed, Michel, Mustapha, Georges, Clarissa, Yoann et Yoav et aussi aux deux mille Nigérians et Nigérianes dont on ne connaît pas les prénoms. Et à Lassana qui nous a permis de nous raccrocher aux branches pendant ces jours sombres. Massive respect, man.

Enfin après le silence, comme on ne fait rien comme tout le monde, nous, ce soir, pour eux, on va faire du bruit. Yeah ! A toutes et tous, paix, peace, amahoro, salam, shalom ! Inna high diversity stylee !

mercredi 19 mars 2014

L’info, comme un avion sans ailes

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Dans un monde où il est impossible d’envoyer des SMS sans que ça se sache, où on ne peut pas avoir sur son mobile des conversations privées, même sous un faux nom, où la NSA espionne des pays entiers, un mystère plane. Comment a-t-on pu perdre un avion de ligne et tous ses passagers ?

C’est le mystère de l’année. Le Boeing de Malaysian Airlines disparu on ne sait où ni comment pose de sérieux problèmes. Les enquêteurs issus du domaine aéronautique, de l’espionnage ou encore les journalistes patinent. Malgré les balises GPS, les transpondeurs, les liaisons radio de données de vol ou même les portables des passagers, personne n’est en mesure de dire où est cet avion et ce qu’il est devenu.

S’est-il transformé en sous-marin ? En épave ? A-t-il été pulvérisé ou transformé en pièces détachées ? Quelle route aérienne a-t-il bien pu prendre ? Dans quel pays se trouve-t-il ? Et quel est le rôle des pilotes ? Toutes ces interrogations forment un sujet bien télégénique malgré le manque d’images. Pour une fois, les experts autoproclamés des plateaux télé n’ont pas vraiment d’avis. Certains évoquent des hypothèses farfelues, on va bientôt nous parler de faille spatio-temporelle, d’enlèvement par des extra-terrestres, si ce n’est déjà fait.

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mercredi 12 mars 2014

Sacs de nœuds, sacs de neuneus

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On en apprend véritablement tous les jours. Le règne de Sarkozy reposait sur des hommes, des femmes et des pratiques qui, à défaut de mériter notre considération, utilisaient le pouvoir et l’état d’une manière pas totalement irréprochables.

Les révélations actuelles sur le système mis en place et ses à côtés ne devraient être un scoop pour personne. En effet, tout ce qui remonte à la surface en ce moment n’est rien moins que de l’ordre de la confirmation plutôt que de la surprise. On apprend donc en ce moment et en vrac, que Buisson enregistrait à l’insu de leur plein gré tout ce petit monde, que Copé refilait des marchés à ses copains, des pros de la surfacturation, en toute bonne conscience, que Sarkozy n’hésitait pas à jouer avec son carnet d’adresse pour arriver à ses fins, que Villepin est un très bon négociateur pour les retraites, enfin, surtout la sienne.

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mercredi 12 février 2014

La politique des rumeurs

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Alors que le french bashing est à la mode outre atlantique, Obama reçoit Hollande accompagné de son escorte de ministres et d’invités pour rappeler les liens historiques qui unissent les deux pays. Mais le Président Hollande arrive accompagné également par une rumeur colportée par les médias français…

Et quelle rumeur. En effet, un certain Pascal Rostain, a annoncé il y a quelques jours un scoop d’une importance considérable. Jugez plutôt : « Vous savez, en ce moment, aux Etats-Unis, il y a quelque chose d’énorme qui est en train de se passer. D’ailleurs, ça va sortir demain dans une édition du Washington Post, on ne peut pas dire que ce soit de la presse de caniveau ». Mais quoi donc ? Obama a décidé de fermer Guantanamo, les States s’apprêtent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre ? La Nasa va envoyer des astronautes sur la lune ? Mac Donald se lance dans la cuisine ? George Bush junior vient de terminer son premier livre de coloriage ?

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mercredi 5 février 2014

Patrick a la trique et Balkany nie

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Je dois vous faire un aveu. En tant que chroniqueur d’un monde malade, j’ai un penchant, un faible, une inclinaison, voire même une tendresse toute particulière pour celles et ceux qui font l’actualité dans ce créneau, qui, bien qu’encombré, ne peut se satisfaire des demi-sels. Donc, gloire à toi, ô Patrick Balkany, qui a su t’élever au-dessus de la mêlée !

Ainsi, le maire de choc de Levallois-Perret, le bon Patrick Balkany sera-t-il aujourd’hui notre petit bonheur du jour. Celui que l’on pourrait appeler Monsieur Plus, tant il est plus truculent que Guéant, plus macho que Dassault, plus malpoli que Sarkozy, plus foutraque que Cahuzac, plus culotté que Dieudonné, plus braquemart que Giscard, plus polisson que Georges Tron, plus marié à Isabelle Balkany que Tibéri, nous offre-t-il avec son pétage de plomb devant et avec une caméra de BFM une bonne occasion de saluer l’ensemble de son œuvre.

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mercredi 22 janvier 2014

Une époque vraiment formidable

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Sur le plan médiatique, l’année 2013 s’est terminée en fanfare et centrée autour de thèmes essentiels voire fondamentaux. C’est donc tout naturellement que l’année 2014 lui a emboîté le pas et que nous vivrons probablement douze mois pendant lesquels l’information atteindra des profondeurs…

Vous avez aimé 2013, vous adorerez 2014 ! La bascule informationnelle s’est donc faite autour de deux points sensibles et certainement vitaux, à en croire nos hommes et femmes troncs, pour le devenir du pays et peut-être même de la planète. Du combat de matamores entre un ministre ambitieux de l’Intérieur et un ex humoriste obsessionnel à la vie conjugale et même extraconjugale du chef de l’Etat, nous avons été abreuvés d’images et de commentaires dignes du prix Nobel de philosophie.

Et l’année qui commence semble tenir ses promesses. Deux footballeurs français internationaux sont donc jugés pour avoir eu recours aux services tarifés d’une prostituée mineure aussi ambitieuse qu’un ministre de l’Intérieur, certes, mais dans un autre registre. Si les deux clients et la marchande de ses charmes étaient absents lors du procès qui s’est ouvert il y a quelques jours, un individu identifié comme organisateur de soirées s’est longuement épanché sur son activité de créateur de joyeusetés.

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mercredi 18 décembre 2013

Le sang des injustes

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Alors que, la semaine dernière, le monde médiatique avait ses caméras braquées sur l’Afrique du Sud, une info pratiquement passée inaperçue nous rappelait que le combat de Nelson Mandela est toujours d’actualité…

Le jour où le monde entier ou presque rendait hommage dans le stade FNB de Soweto, on apprenait qu’en Israël, il vaut mieux ne pas être d’origine éthiopienne si on veut donner son sang. D’ailleurs, l’état dirigé par Netanyahu n’a pas envoyé de représentants lors de l’hommage à Madiba. Officiellement Israël n’a jamais digéré les propos de Mandela à propos, justement, de la Palestine : « notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens ».

C’est donc avec un véritable souci de cohérence que l’organisation Magen David Adom, l’équivalent de la croix et du croissant rouge, a refusé un don de sang par la députée israélienne d'origine éthiopienne Pnina Tamano-Shata. Celle-ci s’est arrangée pour filmer les propos d’une responsable, si j’ose dire, de cet organisme. Voici donc la raison de ce refus : « selon les directives du ministère de la santé, il n'est pas possible d'accepter le sang spécial d'origine juive éthiopienne ». On remarquera dans cette courte phrase que le sang d’origine juive éthiopienne est qualifié de « spécial ».

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