Il reste encore un peu de foot à se
mettre sous la dent et nonobstant le traitement médiatique de cette Coupe du
Monde. En ce qui concerne l’équipe de France – ou plutôt l’équipe A pro de la
FFF – l’affaire remonte à l’Assemblée Nationale. Après les dépités, les
députés…
Huit qualifiés et une géopolitique de comptoir
Bon, malgré l’élimination des Bleus, la compétition continue, et avec du vrai foot. Les huitièmes de finale ont livré leur verdict. Il reste 4 équipes sud-américaines (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), 3 équipes du vieux continent (Allemagne, Espagne, Pays-Bas) et 1 équipe du continent hôte (le Ghana). Rarement, et même peut-être jamais, les favoris européens n’auront été aussi malmenés. Quant aux latinos, on remarquera qu’ils forment un bloc à l’est du continent contournant soigneusement les Andes dont le dernier - et unique- représentant (Chili) s’est fait éliminer par l’ancienne métropole.
A part l’Espagne, les deux autres qualifiés européens sont également voisins. Allemagne et Pays-Bas possèdent à la fois une frontière et une histoire footballistique commune (finale de 1974). Les autres pays habitués des grands rendez-vous (Portugal, Italie, Angleterre, … FFFrance ?) sont déjà largués et lourdés, voire non qualifiés (Pologne et Russie, les voisins, Turquie boutée de l’Euro et de l’Europe, Suède…). Faut-il y voir des raisons, qu’elles soient structurelles ou conjoncturelles ? Apparemment, le foot est un sport, un jeu et non une science exacte, sinon quel intérêt à des compétitions alors que le seul classement Fifa pourrait suffire ? On évoque çà et là les modes des éliminatoires, les calendriers surchargés des joueurs, les gros salaires et l’enflure des chevilles des gros égos, la crise morale du foot européen (déficits abyssaux des grands clubs), ou encore la surcharge pondérale de Roseline Bachelot, non, là je déborde, et pas sur l’aile… On évoque moins, mais on en parle, la saturation de ces pros du foot qui vivent foot, parlent foot, s’entraînent au foot, mangent foot, se rasent (et nous rasent parfois) foot, assurent foot, et finalement… s’en footent, pardon, s’en foutent.
Enfin, pour clore sur la géopolitique de comptoir, il se pourrait qu’il ne reste dans le dernier carré que les 4 pays sud-américains, ayant écarté les deux anciennes métropoles du continent, l’Espagne et Portugal respectivement 2ème et 3ème au classement Fifa. Puisque les médias nous abreuvent de formules toutes faites en abusant de l’expression « comme un symbole », lâchons-nous et clamons haut et fort que ce serait « comme un symbole » la revanche des colonisés. Et puisqu’il faut honorer cette promesse de géopolitique à deux balles, mon outsider sera le Ghana, un ancien colonisé dont le colonisateur est sorti par la petite porte face à l’Allemagne et à qui il avait subtilisé au sortir de la première guerre mondiale, non pas le ballon, mais le Tanganyika (actuelle Tanzanie).
Libres arbitres
On l’a échappé belle. Il y aurait pu ne pas y avoir de polémique sur l’arbitrage. On recommençait à parler de foot-jeu, les buts commençaient à pleuvoir sur la dernière journée de phase de poules, le Jabulani commençait à être maîtrisé par quelques artistes, les vuvuzelas mieux mixées par les ingénieurs du son, les Bleus oubliés, toujours pas de poussée de criminalité massive à l’encontre des touristes et journalistes (parfois les mêmes !). La polémique autour du football commençait à manquer à nos moutons de Panurge de la presse écrite, parlée ou télévisée. Heureusement, grâce à deux magnifiques erreurs d’arbitrage (pendant Allemagne – Angleterre et Argentine – Mexique), le consensus polémiste a pu exploser à nous en faire saigner les oreilles.
De la vidéo ! Donnez-nous la Vidéo ! Il faut un arbitrage vidéo ! La Fifa et l’Uefa sur le banc des acusés, et la vidéo plébiscitée ! Là encore, on a assisté à un cas d’école de nos chers lyncheurs professionnels de l’Equipe, de TF1 ou d’ailleurs. Enfin, pendant ce temps, Christian Blanc a été sommé par Fillon de rembourser les cigares achetés aux frais du contribuable, sous le regard de… la vidéo. La vidéo serait-elle la panacée ? Et les puces dans le ballon ? Bref, encore un serpent de mer… L’erreur est humaine, déshumanisons le foot un peu plus pour le plus grand profit des sciences économiques et financières.
CM 2010 : La nausée, les mains sales, les mouches et huis-clos ! L'intégrale de Sartre !
Bien que nous soyons l’année du cinquantenaire de la mort d’Albert Camus, qui était un grand amateur de football, ce sont plutôt des titres sartriens qui nous viennent à l’esprit lorsque le politique contre attaque, tente de percer la défense des joueurs au risque de marquer contre son camp. Quel manque de fair-play !
Le sketch continue. Après les avis autorisés des ministres ou secrétaires d’état, des députés ou sénateurs, du président et de son collaborateur, nous avons eu le droit à « Titi et le Président » et à « Huis-clos au parlement ». La nausée a saisi la Fifa qui a mis en garde la France d’ingérence dans les affaires de la fédé. En effet, qui trop embrasse mal étreint et le retour de boomerang pourrait être terrible pour ces apprentis sorciers du pouvoir, des pouvoirs, qui ont repositionné sur le terrain la défaite de l’équipe A pro de la FFF en défaite de la Nation, de la République, de la France !
C’est le bras tendu et certainement les mains sales qu’une poignée d’abrutis a investi le siège de la FFF. Une sorte d’apéro sauciflard et pinard « côté sport » pour ces excités qui ont beuglé : « Dites à M. Escalettes que l'on veut une équipe de France blanche et chrétienne, virez les bougnoules, les muslims et les Noirs. Dites-lui que l'on reviendra et qu'on cassera tout ». On remarquera que cette subtile manifestation fait échos aux propos des suppôts et des supporters de la majorité ou des anciens de France 98 qualifiant les Bleu de « racailles », « caïds », « gamins », les promettant de les renvoyer d’Afrique du Sud en charter, de nettoyer l’équipe au Kärcher ™, ou, cerise sur le gâteux –et non sur le gâteau- de parler de « coupe banania » comme l’a fait avec le tact qui le caractérise, ce bon Dugarry !
Bon, tout cela fait également suite au « débat » sur l’identité nationale qui faisait lui-même suite à la création dudit ministère. Bon, on remarquera également que les envahisseurs de la FFF, certainement scandalisés par une Marseillaise sifflée ont voulu faire comprendre qu’ « Ici c'est Paris, pas l'Algérie ». Pourtant entre Fennecs et PSG on s’apprécie : on rentre dans le club des éliminés précoces.
Enfin, le huis-clos à l’Assemblée Nationale, un grand moment duquel il n’est rien ressorti d’autre que les tweets d’un dépité UMP. Ce qui risque d’en ressortir à plus long terme, c’est bien que le pouvoir UMP possède des intérêts dans le sport. D’ailleurs UMP est une anagramme de PMU. Comment ne pas ressentir la douleur de représentants du peuple face à l’échec relatif du lancement des sites de paris en ligne ?
Une chose est sûre : football + paris + politique + huis-clos = nausée.
Merci Jean-Paul, à vous les studios !
Les Black Stars du Ghana ont déjà
réussi leur Coupe du Monde. Qualifiés pour les quarts de finales, ils peuvent
aller plus loin s’ils passent le test uruguayen. Éliminés en huitième de finale
par le Brésil il y a quatre ans, ce n’est que leur deuxième participation à une
Coupe du Monde. Mais leur performance en Afrique du Sud est-elle si étonnante
?
Ainsi donc, le sport professionnel
serait une grande cause nationale. Le safari de l’équipe de France au pays des
Bafana Bafana se termine avec en victimes expiatoires quelques gamins et un
sélectionneur. La catastrophe est nationale selon les dires de ceux qui
« savent », politiques, journalistes, anciens joueurs, supporters… Mais
depuis quand une équipe de foot fait-elle la grandeur d’une nation
?
L’adage idiot qui stipule que la raison
du plus fort est toujours la meilleure serait-il dépassé ? En tous cas, la
coupe qui se déroule au pays des Zulus des Xhosa et des Afrikaners confirme la
tendance déjà observée à la CAN Angola 2010. Plus on se croit fort, plus on
tombe de haut. The harder they come, the harder they’ll fall…
Après Raymond, l’hôtel des Bleus, leur
com', l'attaque stérile, la défense fébrile, l’insécurité en Afrique du Sud,
les vols dans les hôtels, les grands médias ont trouvé leur cause, faire
interdire les vuvuzelas productrices d’un grand nombre de décibels mais aussi
d’un retour de la bêtise chez les commentateurs, de préférence à la télé, et
publique en plus…
Dans deux jours, le plus grand événement
footballistique planétaire s’ouvrira à Johannesburg. Après la coupe du monde de
Rugby de 1995 qui marqua la sortie de l’apartheid, les regards vont se porter
sur la « Nation arc-en-ciel ». L’empreinte de Mandela, politique, morale
et éthique rejaillira-t-elle sur une compétition de plus en plus marquée par
des impératifs extra-sportifs ?. Un billet non sponsorisé...
Plus forts que Mandrake le magicien,
les thuriféraires de la Françafrique nous annoncent qu’elle n’existe plus, que
c’est bien fini tout çà, que la rupture c’est la rupture, bref, que certains
esprits chagrins feraient bien de crier en chœur avec nous, « la
Françafrique, y’a plus !»…
En ce moment, la Jamaïque fait parler
d’elle dans les médias. Il ne s’agit pas d’une nouvelle razzia de médailles en
athlétisme ou d’un nouveau record du monde d’Usain Bolt, mais de l’état
d’urgence (state of emergency) que vit le pays depuis plusieurs jours. Voici
quelques clefs pour comprendre le contexte.
La Coupe du Monde de foot se
rapproche. La sauce monte et les yeux des uns se tournent vers l’Afrique du
Sud. Jusqu’au onze juillet (11 !) il sera impossible d’y échapper. Pour la
première fois la compétition se déroule sur le sol africain. Cap sur… Le
Cap.
Plus c’est gros et plus ça
passe ! Voilà bien le style de communication adopté par le parti
présidentiel, de Frédéric Lefebvre à Xavier Bertrand, des pit-bulls aux
Bisounours. Mais au-delà des porte-parole ou porte-flingues, courants dans le
PPF (le paysage politique français) et auxquels nous sommes habitués, on
commence à tiquer lorsque c’est « l’Etat » lui-même qui nous balance
des grosses salades…
