
Outre un passé plus ou moins partagé, le Sénégal et la France partagent des points communs. Que ce soit dans la vie politique ou le football, et bien que distants géographiquement, les deux pays ont à faire face à des problèmes qui se ressemblent…
L’élimination précoce des Lions de la Terenga de la CAN 2012, pour les pronostiqueurs avertis de la chose footballistique ressemble étrangement à une déroute française sous les cieux sud-africains en 2010. En effet, l’équipe de Sénégal s’est fait éliminer de la compétition comme… des Bleus. Les causes ? Une trop forte assurance des joueurs qui brillent dans leurs championnats respectifs et un collectif… assez peu collectif, l’impression que chacun des joueurs joue pour les caméras et donc pour sa propre image plutôt que pour son « équipe » avec des guillemets, car justement dans les deux cas, d’équipe, il n’y en a point…
Si cet aspect sportif du rapprochement entre l’ancien colonisé et l’ancien colonisateur reste toutefois anecdotique, on remarquera que c’est dans la vie politique que les deux pays ont tendance à assurer un certain mimétisme. Ainsi, cette année 2012 devrait voir, si tout va bien, des élections présidentielles. A chaque fois, un président en place est candidat à sa propre succession. Les deux concernés (en un seul mot, je vous prie) sont des avocats (l’un des deux est plus mûr que l’autre), ont essayé de casser leur rejeton dans les affaires politiques avec l’insuccès que l’on connaît (Karim W et Jean S sont plus des fils à papa que des enfants du mérite républicain). On peut également dire qu’ils sont des adversaires acharnés des Partis Socialistes locaux et se situent du même côté de l’échiquier politique.
Mais surtout, les deux sont rejetés par leur propre opinion publique qui voudrait bien les voir dégager à l’occasion de ces élections de 2012. Là s’arrêtent les similitudes. Car si le président français semble avoir une opinion publique en berne, pour son homologue sénégalais, on peut parler d’opinion sur rue. Le Sénégal semble rentrer dans une période pré-insurrectionnelle, alors que la France est plutôt du genre endormie.
Le Sénégal ne sait plus à quel politique se fier pour battre le président sortant et en faire un président sorti, alors qu’en France, on lorgne du côté néerlandais, pardon du côté Hollande pour offrir une alternance à défaut d’une alternative. On a d’ailleurs du mal à imaginer que la candidature du président du Conseil Général de Corrèze ne soit pas validée par le Conseil Constitutionnel à l’instar de la candidature d’un célèbre chanteur et chef d’entreprise sénégalais, certes plus connu des mélomanes du monde entier que l’adepte français des régimes, non pas de bananes, mais amaigrissants.
Mais revenons à notre point de départ footballistique : si les Lions ressemblent aux Bleus, les deux présidents ne se ressemblent pas complètement. Le résident de l’Elysée semble plutôt envisager un avenir ne passant plus par la politique, alors que malgré son âge le locataire et peut-être même futur squatter du palais du Plateau s’accrocha au pouvoir comme un morpion. Le second risque de créer plus de troubles dans la rue que le premier qui envisage que l’on n’entende plus parler de lui… mais vu le personnage, on a l’impression que c’est plus de la rhétorique de précampagne pour un homme qui a changé tant de fois qu’il risque de se retrouver à son point de départ.
A props de départ, on pourrait demander à Youssou N’Dour de faire une reprise d’une chanson chère à un ancien président français qui dut quitter le pouvoir suite à un don de diamants venus de Centrafrique et de Françafrique, le bien nommé et prophétique « Chant du Départ »…
Le mot de la fin à Montesquieu qui dans « L’esprit des lois » énonçait cette règle, nonobstant la composition d’un Conseil Constitutionnel à la botte du Vieux : « Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »
Oui, mais à condition de pouvoir…



Avec le sens de la nuance
qui le caractérise et à cause du score d’Arnaud Montebourg au premier tour de
la primaire socialiste, Jean-François Copé, inénarrable secrétaire général de
l’UMP prédit le retour du Bolchevik…

Malgré ses (presque) soixante dix-neuf ans,
Jacques Chirac pète la forme en ce qui concerne son actualité judiciaire. Après
son anosognosie qui lui évite bien des tracas dans les prétoires, on lui
propose même la relaxe dans l’affaire des emplois fictifs de la Mairie de
Paris. Profitons-en, le mari de Bernadette paye sa tournée
générale…




