Chroniques d'un monde malade

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Chroniques Primonde

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mercredi 27 novembre 2013

Le fil à couper l’eau tiède

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Il arrive que parfois des brebis s’égarent. C’est apparemment et dernièrement le cas de citoyennes et de citoyens qui, portés par une sorte de vague médiatique, se sont aperçus que de l’eau chaude et de l’eau froide, ça donne de l’eau tiède…

En effet, quelques-unes de ces brebis égarées dans le marigot du rassemblement bleu lepéniste sont rentrées au bercail après avoir frayé quelque temps avec le mirage démocratique que constitue le parti cher au châtelain de Montretout, le bien mal nommé fief de la famille Le Pen. Un de mes anciens maîtres d’école aimait dire de certains de ses élèves qu’ils n’avaient pas inventé -au choix et selon les jours- l’eau tiède ou le fil à couper le beurre. C’est visiblement le cas de trois transfuges qui ont cru au miracle bleu marine.

Ainsi, une ancienne candidate du Front de Gauche, un élu UMP ou encore une française d’origine algérienne nous ont-ils fait part dernièrement de leur déception voire de leur désarroi concernant les mondanités en usage dans le parti d’extrême droite le plus connu de notre échiquier politique, même s’il n’est pas connu par tous en tant que tel. Ces trois personnes, donc, ont laissé le nid douillet de leurs appareils précédents pour tenter l’aventure dans le parti au joli camaïeu bleu foncé rappelant les tenues des agents de sécurité ou des policiers en tenue justement, les uniformes de la marine nationale, les cars des CRS en 1968, les cernes des lendemains de cuite ou encore les traces de coups avec ou sans matraque.

Ces trois personnes ont donc découvert que le front national n’offrait pas à l’intérieur le nouveau visage avenant et souriant que les nouveaux cadres du parti s’échinent à présenter sur les plateaux télé bien souvent complaisants. Mais qu’ont bien pu découvrir nos trois oies blanches ?

Commençons par l’ancienne candidate du Front de Gauche à Marseille, Anna Rosso-Roig. Cette dernière qui avait connu son quart d’heure warholien il y a quelques mois en faisant savoir qu’elle quittait Jean-Luc M pour Marine L, s’est donc rendue compte lors de son bref passage au front d’extrême droite qu’existait toujours « ce côté brutal ».

Pour l’élu UMP de Gamaches Bruno Cléré qui comptait faire son petit business en vue des prochaines élections avec le front, la désillusion est du même ordre. Ainsi, notre seconde oie blanche nous informe : « J’ai fait une erreur, celle de penser que le FN était un parti fréquentable. Quand on voit Marine Le Pen à la télévision, on ne peut pas imaginer à quoi ressemble l’arrière-boutique. (...) J’ai vu des tatouages de croix gammées sur deux ou trois personnes. (...) J’ai aussi très vite été choqué par les propos homophobes et xénophobes des militants ». Pourtant si les croix gammées ne font pas florès à l’UMP, les propos homophobes et racistes n’y étaient pas inconnus, d’Hortefeux le boutefeu à Vanneste l’indigeste. Les exemples sont mêmes nombreux. Malgré cette vaccination préalable, le Bruno en question a donc été choqué par ce qu’il a vu et entendu dans les couloirs de l’extrême droite, c’est dire…

C’est également le cas de l’éphémère tête de liste Nadia Portheault, née Djelida nous précise-t-elle, qui a découvert que « cette ambiguïté permanente, entre la vitrine et une arrière-boutique spécialisée dans les blagues vaseuses sur les Arabes et les homos, n'était plus supportable ». Cerise sur le gâteau et foin de considérations culinaires, cette idéaliste s’est reçu un « Toi et tes enfants, vous êtes bons pour le four » bien refroidissant et même glaçant.

On pourrait résumer par analogie leur grande découverte. C’est comme si on découvrait que l’eau mouille, que le feu brûle, que le gros rouge tache, qu’une boulangerie vend du pain ou encore que les coups font mal.

Le mot de la fin à la regrettée Françoise Giroud qui a écrit un jour : « Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C'est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l'expulser ».

Et pas avec un fil à couper l’eau tiède…

mercredi 20 novembre 2013

Blacks, blancs, beurs et bleus.

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Que n’a-t-on entendu sur la bande de losers qu’était censée être l’équipe de France de foot. Si l’ambiance sur les plateaux télés était au lynchage, à l’éructation depuis quelques jours et même quelques mois, les commentateurs auto-autorisés, les experts autoproclamés, les analystes de haute reprise de volée devraient se la boucler…

Mais rien n’est moins sûr. En effet, le football n’est pas en dehors de la société, en tous cas dans notre pays. Les bleus sont au sport ce que le gouvernement est à la politique. C’était d’ailleurs l’analyse de François Hollande après le match. Examinons les points communs entre ces deux champs qui sont souvent ceux des passions pour celles et ceux qui les pratiquent. Nos commentateurs politiques ou footballistiques possèdent en commun des caractéristiques, qui, si elles nous agacent au quotidien peuvent, avec un peu de recul, largement prêter à rire.

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mercredi 13 novembre 2013

La nausée et les mains sales

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Il y a un bon paquet d’années, le regretté Pierre Desproges, dont les initiales auraient très certainement inspiré les excités de la manif pour tous, jamais à court de slogans poétiques, le regretté Pierre Desproges, disais-je, a estimé que le torchon, pardon, l’hebdomadaire « minute » avait l’avantage sur l’intégrale de Sartre d’être moins chiant et moins cher, car, pour quelques anciens francs seulement, un seul exemplaire nous offrait à la fois la nausée et les mains sales.

C’était quelque part vers la fin du vingtième siècle. Aujourd’hui, l’époque n’est finalement pas très différente, si ce n’est que les propos du torchon d’extrême droite sont devenus monnaie courante et s’expriment plus ou moins ouvertement dans la rue ou les médias parfois complaisants. En un seul mot, je précise. Quoique…

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mercredi 6 novembre 2013

Les grosses pommes

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Dans ce qu’on pourrait appeler un imaginaire collectif, la France a été longtemps une terre sociale et progressiste et les States un réservoir de gros blaireaux racistes et réactionnaires. Pourtant, les New-Yorkais viennent de prouver que les idées reçues restent des idées reçues…

En effet, les habitants de Big Apple viennent d’élire leur nouveau maire. Et comment ! Avec un score de près de 75% des voix, le candidat démocrate Bill De Blasio a écrasé les velléités des républicains qui ont recueilli moins de 25% des suffrages. Mais dans cette victoire démocrate, le grand Bill, pour aller vite un italo-américain qui mesure près de deux mètres, n’a pas cherché la facilité. Ce fils de militants progressistes virés de leur boulot par le Maccarthysme et ancien militant pacifiste, antinucléaire, antiraciste et même sandiniste qui a épousé une militante des droits civiques et LGTB, auteure de poèmes et afro caribéenne s’est positionné dès les primaires démocrates comme le candidat le plus progressiste à cette élection, ligne qu’il a gardée une fois devenu impétrant officiel de son parti.

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mercredi 16 octobre 2013

La bécasse et le malotru

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Aujourd’hui, la politique ne se fait plus uniquement dans la vraie vie, mais aussi dans les médias, sur les réseaux sociaux ou encore dans les prétoires. Ainsi, dernièrement, nous avons subi les menaces d’une politicienne ne voulant pas voir son parti qualifié « d’extrême-droite », tandis qu’une ancienne ministre nous dit avoir subi, elle, les derniers outrages d’un humoriste septuagénaire.

Ainsi, mesdames Le Pen et Morano, pourtant si promptes à dégainer les anathèmes et à pointer du doigt certaines catégories minoritaires de Français ainsi que les étrangers en bloc et en particulier lorsqu’ils viennent des pays du Sud, se confient-elles à la Justice de leur pays à laquelle elles font naturellement confiance.

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jeudi 10 octobre 2013

Le hérisson et le dromadaire

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Nous connaissons tous quelques-uns de ces couples célèbres dont l’un des deux membres ne va pas sans l’autre, et réciproquement. Que serait Tintin sans Milou, Laurel sans Hardy, Jacob sans Delafon, Bougredane sans Bougredandouille, Bush sans Saddam, le tenon sans la mortaise, le fromage sans le dessert, la cerise sans le gâteau ou, pour le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, les Roms sans les Musulmans ?

En effet, tels des collections d’été de haute couture alternant avec celles d’hiver, tels les Jeux Olympiques alternant avec la Coupe du Monde de foot, les Roms et les Musulmans squattent alternativement sans vergogne les conversations des honnêtes citoyens, les propos de comptoir, les saillies de quelques prétendus humoristes ou encore les bouches des politiques qui squattent les plateaux de télévision, les studios de radio et notre temps de cerveau disponible.

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mercredi 26 juin 2013

Quand RTL dépasse les bor(g)nes

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La radio dont le slogan est « écouter, voir, partager » ose tout. C’est même à ça qu’on la reconnaît. Dans cette triste histoire qui a vu la mort d’un jeune militant antifasciste, RTL sait. Elle a vu les bandes vidéo, soit disant, elle partage ce qu’elle a vu et l’auditoire de la station écoute les vérités estampillées RTL…

Ainsi, RTL est mieux informée que la police elle-même ou que la justice. Car à RTL on a vu et donc on sait mieux que quiconque ce qui s’est passé. La radio des grosses têtes, qui n’a bien sûr aucun a priori, qui ne caresse pas les fascistes dans le sens du poil et qui n’a aucun attrait pour les cultures cosmopolites nous assène donc la vérité, SA vérité : ce serait Clément Méric qui aurait provoqué son tueur. En effet, sur une bande vidéo de caméra de surveillance de la RATP, la station de la rue Bayard, tel le chevalier sans peur et sans reproche, ne craint pas de déconstruire, voire de reconstruire l’histoire.

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