Aujourd’hui, pour faire mouche, justement, il semble que « notre » majorité actuelle ait puisé dans les culs de basse fosse pour enrichir un vocabulaire qui a plus souvent flirté avec la tektonik, pardon, la technocratie, chez nos édiles énarques. Bref, un nouveau style (prononcer staï-li).

Les insultes ou anathèmes lancés par ces personnes dites responsables, depuis que la popularité du mari de Carla Bruni a commencé à descendre dans les sondages comme un thermomètre dans un congélateur, seraient à les en croire la manière de se rapprocher du peuple. Le P (précédé du U et du M) devant signifier « populaire », on peut tout se permettre pour se augmenter sa proximité avec la « vraie » France, car tout est devenu possible… Le vocabulaire, l'apostrophe publique, n'amène pas forcément de sérénité. La secrétaire aux Droits de l'Homme approuve l'utilisation d'un répulsif toxique anti-SDF, le ministre de l'Education compare la gauche avec la Gestapo, bref, tout çà, comme exemple à nos enfants et comme dirait Mme Amara, c'est un vocabulaire franchement dégueulasse !

Evidemment, quelques esprits chagrins auront estimé ces dernières semaines que le lexique (en anglais « lexicon »...) de notre droite majoritaire entre en contradiction avec les valeurs que l’Ecole Républicaine se devrait, selon elle, d’inculquer aux enfants, comme le respect de l’adulte, le vivre ensemble, ou encore l’enrichissement du niveau de langue (non, non, pas du niveau de Lang) et bien sûr la morale. L'épisode tragi-comique sur la Shoah aurait pu être évité si nos enseignants "gauchistes" avaient fait correctement leur boulot en accueillant le petit Nicolas, pas celui de Sempé et Goscinny, mais celui de Neuilly et de l'Elysée. Il est vrai qu'il n'a pas forcément fait toutes ses études dans le public, mais passons. Alors que faire ? comme disait Lénine en se demandant, "solaire ou éolien ?".

Pourquoi alors ne pas enseigner l’Histoire en redynamisant la pédagogie par l’utilisation du nouveau lexique gouvernemental et présidentiel ? On pourrait ainsi expliquer plus clairement aux élèves de CM2 que ce « tocard de Napoléon a allumé le feu en Europe et s'est pris une branlée par les Rosbifs aux portes de Moscou après avoir commencé en gazant des nègres en Martinique », que « cet enculé d’Hitler a fait chier le monde en voulant niquer leurs races aux Feujs et aux Manouches, sans compter les pédés, les socialos et les cocos », ou encore que « de Gaulle a mis un doigt à Pétain, ce fils de…lui-même ». On pourrait même terminer par les centres de rétention si chers à M. Brice Hortefeux et à sa politique de comptable d'agence de voyage retour. Je vous laisse imaginer...

On anticipe déjà que, enfin, dans les cours de récréation, les discussions à caractère historique, essentiel pour l'élévation de notre belle jeunesse, remplaceront les enfantines querelles sur des futilités telles que le dernier manga, les nouveaux tatouages malabars eu encore le programme de la soirée de Gulli...

Pour résoudre ce problème national, proposons au Président de créer une commission. Avec Jean-Marie Bigard et Claude Allègre, bien sûr…