On a sacrifié beaucoup de vies humaines (entre autres) sur l’autel pétrolier. Du travail périlleux dans les zones de production ou les raffineries aux conflits nationaux ou internationaux (Irak ? Qui a dit Irak ?), des morts des champs de bataille aux décès anticipés dus à la pollution atmosphérique, cet or noir si cher en vies produit des drames humains à la chaîne.

Ce sera bien évidemment le cas avec ces agrocarburants qui répèteront le même schéma mortifère par les guerres pour le contrôle de zones de production, par la déforestation inévitable que l’augmentation de la demande engendrera et qui renforcera l’effet de serre, par les pénuries d’eau douces qui seront crées pour toujours plus de carburants.

Cette fausse solution doit être abandonnée le plus vite possible. Combien d’états du Tiers-Monde risquent de brader leur souveraineté alimentaire souvent fragile (quand elle existe) pour une souveraineté énergétique fantasmatique ?

Ce n’est pas un hasard si les manifestations récentes au Cameroun et au Burkina Faso ont commencé sur le prix de l’essence pour se terminer en émeutes de la faim. N’oublions pas que le premier carburant pour les machines humaines que nous sommes physiologiquement, c’est la nourriture. Voilà donc que les bagnoles sont prioritaires par rapport aux hommes (et aux femmes, bien sûr).

C’est tout notre rapport à l’énergie qu’il faut revoir. Se déplacer, se chauffer, alimenter des usines qui produisent des produits superflus et jetables (en plastique évidemment), a un coût : le coût de la vie, le coût de la mort.

Une citation de René Dumont pour finir :

« Nos conditions de vie et de travail continuent à se détériorer et les inégalites sociales s'accentuent. De multiples conflits traduisent cette situation de crise. Elle ne peut que s'aggraver. C'est un seul et même système qui organise l'exploitation des travailleurs et la dégradation de vie qui met en péril la terre entière. La croissance aveugle ne tient compte ni du bien être, ni de l'environnement. »