Les catastrophes écologiques dues à l’industrie, de Seveso à Bhopal, de Tchernobyl à l’Amocco Cadiz pour spectaculaires et destructrices qu’elles soient ont au moins un mérite, celui de montrer la dangerosité de l’exploitation énergétique ou chimique de notre planète. Elles sont visibles, leur traitement peut s’avérer télégénique, mais au quotidien, combien de dégazages ou de fuites dans l’air, l’eau et la terre de substances toxiques radioactives ou non pour des effets de plus en plus irréversibles ?

Si Total fait des bénéfices record d’année en année, c’est justement qu’il faut rogner sur certains coûts. Total s’en tire toujours bien au niveau de la Justice. L’explosion à AZF où les suites du naufrage de l’Erika confirment la relative bienveillance des institutions à l’endroit d’un des plus gros groupes et employeurs de France. A chaque fois, c’est la collectivité qui paie les pots cassés.

Cesser la dépendance

Si le business pétrolier est si juteux, c’est bien à cause de la rareté croissante du précieux liquide. La guerre en Irak comme la pollution de la raffinerie Total de Donges, doivent nous interroger sur le mode de vie occidental toujours plus dépendant des énergies fossiles.

«Pour faire face à la hausse du prix du pétrole, je conseille aux Français de faire du vélo». Cette déclaration totalement irresponsable de Christine Lagarde, ministre de l'Economie qui avait trouvé la solution face à la baisse du pouvoir d’achat bien amputé par la hausse du prix des énergies montre la vacuité de la politique environnementale du gouvernement. L’anecdote ou la petite phrase contre la réflexion à long terme. Le grenelle de l’environnement bling bling ne peut suffire pour masquer le fait que ne se prétend pas écologiste qui veut.

Pourtant, faire du vélo est une bonne solution. Pour réduire les émissions locales de gaz à effet de serre et les pollutions atmosphériques, mais aussi pour faire cesser des conflits et diminuer les risques dus au transport des matières premières sources d’énergie.

Le vélo ne peut être à lui tout seul le moyen de stopper les catastrophes annoncées. Il est urgent que les déplacements soient envisagés sous de nouveaux angles. Les transports collectifs (route, rail), les déplacements doux, le ferroutage, le fluvial, doivent être encouragés. Mais peut-être, par la déconcentration économique ne sont-ils pas suffisamment aux mains de grands groupes adeptes du lobbying pour susciter l’intérêt gouvernemental ?

Les vraies questions

La véritable question qui se pose est celle portant sur la pertinence de notre société de loisirs en matière de consommation d’énergie et notamment de déplacements.

  • Peut-on envisager que demain, il sera plus difficile économiquement de se déplacer ?
  • Sommes-nous prêts à renoncer à des voyages d’agréments fréquents en avion à l’autre bout de la planète, ou pire dans le même pays ?
  • Sommes-nous prêt à renoncer à la voiture pour aller acheter notre journal ou notre baguette à quelques centaines de mètres ?

Mais surtout, d’ici-là, sommes-nous prêts à admettre l’idée de cette remise en question ?


Pour aller plus loin...

Lire également le communiqué national des Verts
et celui de François de Rugy, député Vert de Loire-Atlantique