Moussa n'a pas été enlevé par des rebelles, il est l'hôte des geôles nigériennes et donc du pouvoir autoritaire de Mamadou Tandja, Président.

Moussa est emprisonné depuis le le 20 septembre 2007. Son crime présumé ? Complicité d'atteinte contre l'autorité de l'Etat. Accusé d'avoir vendu des "conseils" à la rébellion Tuareg, Moussa Kaka dérange un pouvoir qui fait face à quelques problèmes loin d'être négligeables. Bien sûr cette charge farfelue n'existe que pour atteindre une voix libre du Niger, respectée, écoutée chaque jour dans toute l'Afrique francophone.

Le silence forcément assourdissant de la France

La rébellion Tuareg pose des problèmes sur la gestion de l'identité nationale comme pourrait le dire M. Hortefeux. La famine, elle, endémique et régulière est le fruit d'une gestion prédatrice de l'économie par les cercles se trouvant autour du pouvoir politique ou en son sein. La gestion des ressources naturelles pose des problèmes environnementaux et démocratiques. Areva peut ainsi exploiter l'uranium dans la plus grande tranquillité grâce à l'étouffoir des forces dites de l'ordre, du moins de l'ordre établi.

Moussa Kaka est un témoin gênant pour les autorités locales. Mais le peu d'empressement des autorités françaises, en tête (de gondole) desquelles un Ministre des affaires étranges (oui, vous avez bien lu) et de sa non moins médiatique Secrétaire aux droits de l'homme (mais desquels et duquel ?), à soutenir le correspondant officiel de la voix de la France pose quelques questions embarrassantes. Comme la complicité active d'Areva dans la mise sous coupe réglée de la production d'uranium, comme le silence officiel français à propos d'un pays ou le bizzness (yes !) d'une des majors (yes again !) de nos entreprises arrange bien nos "affaires", au sens propre comme au figuré.

Ainsi, la réponse du gouvernement du Niger à la journée de solidarité des collègues de Moussa sur RFI a-t-elle été l'interdiction d'émettre sur le territoire nigérien pendant 3 mois sur la bande FM. Ces pratiques d'un autre âge nont pas vraiment sucité l'ire de M. Kouchner, de Mme Yade où encore de l'ex-secrétaire à la francophonie, Jean-Marie Bockel, transféré aux anciens combattants.

Moussa Kaka n'a pas à être une victime de la raison d'état et de la Françafrique.

Ayons une pensée pour Moussa, chaque jour, jusqu'à sa libération.


Pour aller plus loin

La pétition de Reporters Sans Frontières