Les zozos de l’Arche graciés par Deby
Par Jean-Luc Chavanieux le mardi 1 avril 2008, 08:26 - Niouzes - Lien permanent

Le suspense insoutenable n’aura pas duré bien longtemps. Les six zozos « humanitaires » emprisonnés par la Justice tchadienne ont donc été officiellement graciés par le chef de l’état tchadien ce lundi 31 mars.
Il était clair que cette grâce présidentielle allait intervenir rapidement par amitié pour notre beau pays qui a su au moment opportun aider le pouvoir de notre ami Idriss à se maintenir malgré la pression de rebelles.
Armes et munitions envoyés par la France, mais aussi aide politique (la farce au sujet des opposants…) et diplomatique par la remise en selle en deux étapes d’un des plus durs dictateurs évoluant dans le giron de la Françafrique, cela valait bien la magnanimité présidentielle.
De cette histoire, alors que les enfants tchadiens commencent à peine à retrouver leurs parents, on se souviendra que rien n’est vraiment clair quant au déroulé et à la chronologie qui, de Paris à Ndjamena, de Ndjamena à Paris, puis encore de Paris à Ndjamena et de Ndjamena à Paris a pu arriver à ce double épilogue : libres comme l’air pour les zozos et libre de continuer son petit bonhomme tortionnaire de chemin pour Idriss Deby.
Il est à craindre que l’enquête et les poursuites soient de fait terminées et que l’affaire soit classée. Au pertes et profits. Mais pour qui les pertes et pour qui le profit ?
Les dérives humanitaires, si elles sont minoritaires dans les pratiques de ONG, sont toutefois révélatrices d’un mode de pensée qui fait que les Occidentaux peuvent finalement tout se permettre dans le Tiers-Monde et en particulier en Afrique, d’où les propos hallucinants (voire hallucinés) et l’incompréhension d’Eric Breteau sur sa « mission » après son arrestation. Rappelons-le : 103 enfants tchadiens que l’Arche a essayé de faire passer pour 1) des orphelins, 2) originaires du Darfour.
Mais, et ceci vient conforter cela, nos amis dictateurs ont le sens de la gratitude envers ces Blancs qui viennent aider les Africains (enfin, croient-ils…) : Souleïmane Ibrahim Adam, un ressortissant soudanais employé local de l’Arche de Zoé, n’a, lui, pas été concerné par la grâce présidentielle. Il est vrai que son gouvernement n’a ni fait la demande de grâce, ni secouru un pouvoir aux abois quand il aurait fallu…

