De cette histoire, alors que les enfants tchadiens commencent à peine à retrouver leurs parents, on se souviendra que rien n’est vraiment clair quant au déroulé et à la chronologie qui, de Paris à Ndjamena, de Ndjamena à Paris, puis encore de Paris à Ndjamena et de Ndjamena à Paris a pu arriver à ce double épilogue : libres comme l’air pour les zozos et libre de continuer son petit bonhomme tortionnaire de chemin pour Idriss Deby.

Il est à craindre que l’enquête et les poursuites soient de fait terminées et que l’affaire soit classée. Au pertes et profits. Mais pour qui les pertes et pour qui le profit ?

Les dérives humanitaires, si elles sont minoritaires dans les pratiques de ONG, sont toutefois révélatrices d’un mode de pensée qui fait que les Occidentaux peuvent finalement tout se permettre dans le Tiers-Monde et en particulier en Afrique, d’où les propos hallucinants (voire hallucinés) et l’incompréhension d’Eric Breteau sur sa « mission » après son arrestation. Rappelons-le : 103 enfants tchadiens que l’Arche a essayé de faire passer pour 1) des orphelins, 2) originaires du Darfour.

Mais, et ceci vient conforter cela, nos amis dictateurs ont le sens de la gratitude envers ces Blancs qui viennent aider les Africains (enfin, croient-ils…) : Souleïmane Ibrahim Adam, un ressortissant soudanais employé local de l’Arche de Zoé, n’a, lui, pas été concerné par la grâce présidentielle. Il est vrai que son gouvernement n’a ni fait la demande de grâce, ni secouru un pouvoir aux abois quand il aurait fallu…