Elections au Zimbabwe : Mugabe, le moral dans les chaussettes ?
Par Jean-Luc Chavanieux le mercredi 2 avril 2008, 09:09 - Niouzes - Lien permanent

Sacrées commissions électorales « indépendantes » ! Du Togo, du Kenya ou du Zimbabwe, elles respectent (si j’ose dire) les mêmes principes de fonctionnement, indépendants… du vote des électeurs.
Car si l’histoire ne se répète pas, et c’est un lieu commun de le dire, elle a tendance à bégayer. Souvenons-nous des dernières élections au Kenya. Une commission indépendante qui tripatouille longuement les résultats avant de les livrer aux medias et à la population. Et un résultat dans le sens du sortant… non sorti.
Comme au Kenya ces derniers mois, le résultat de la présidentielle s’annonce incertain, mais bizarrement pas ceux des législatives couplées avec l’élection du chef de l’état. Comme au Kenya, l’opposition gagne les législatives assez largement, mais le coup de théâtre qui risque de devenir coup d’état et coup de massue se fait encore attendre.
L’homme de l’indépendance du Zimbabwe (âgé de 84 ans et au pouvoir depuis 1980, d’abord Premier Ministre, puis Président depuis 1987) tente un dernier coup de poker. Coutumier de ce genre de politique, il n’en est pas à son coup… d’essai. Ainsi, par exemple, lors de la « première guerre mondiale africaine », au Zaïre en passe de devenir la RDC, n’avait-il pas muselé l’opposition et les syndicats en décrétant l’état d’urgence et donc l’interdiction des manifestations de l’opposition politique et syndicale en prétextant que le pays était en guerre… Il est vrai que Kinshasa n’est qu’à 2.000 km de Harare.
On se souvient également de l’instrumentalisation des vétérans de la guerre d’indépendance plus de 20 ans après ce juste combat pour faire passer une caricature de réforme agraire contre les propriétaires terriens blancs. On notera aussi une homophobie caractérisée et la destruction des bidonvilles… favorables à l’opposition.
Alors, bourrage des urnes, comme à Perpignan ? Non, la technique mise au point et utilisée si fructueusement au Togo lors de la (non ?) élection de Faure Gnassimbé en 2005 est plus « classe » et plus « techno ». On agit sur la centralisation des résultats pendant que les observateurs constatent un déroulement « correct », sans violences ni… bulletins dans les chaussettes.
Alors, que risque-t-il de se passer dans les prochains jours ? Proclamation de la victoire de l’opposition aux législatives et de Mugabe à la présidentielle ? Si c’est le cas, alors les troubles politiques risquent de s’avérer aussi meurtriers qu’au Kenya…
Enfin, espérons que Morgan Tsvangirai, leader du MDC (Movement for a Democratic Change) ne connaîtra pas la fin politique de Jean-Pierre Chevènement, leader de « l’autre » MDC à Belfort, tout comme Odinga (dirigeant de l’ODM, Orange Democratic Movement) a semblé se rapprocher de Bayrou, du Mouvement Démocrate… orange.
Le Mot de la fin à Robert Mugabe himself, grand critique gastronomique devant l'Eternel : "Nous avons des tonnes de patates mais les gens ne sont pas des mangeurs de patates… Ils ont du riz mais cela ne les attire pas »,


Commentaires
salut sieur jean luc ,
je ne sais pas si le leader MDC du zimbabwé connaitra le sort de chevénement ( 4 fois ministre, Député à 27 ans, pendant 25 ans, maire de sa commune natale pendant 4 mandats, et j'en passe...imposé à l'ISF!),...en tous les cas, c'est tout le mal qu'on lui souhaite !...et puis JPC fini quand même à 68 ans , président d'honneur du MDC et ne se retrouve pas "indésirable" à la mairie de belfort, puisque grace à la vague rose, c'est un maire MDC - MRC d'ailleurs - qui lui succéde...
c'est un retraité heureux !
martot
Merci Stéphane pour ta contribution. Je voulais dire que JPC avait son avenir politique plutôt derrière lui.
Quant à Morgan Tsvangirai, espérons surtout qu'il ne bénéficie pas dans les jours qui viennent d'une retraite anticipée qui serait plutôt mauvais signe pour lui...
salut,
président d'honneur du Mrc est une preuve en soi que son avenir est derrière lui ! ...c'est bien certain.
et concernant le mdc zimbabweén ! il semblerait qu'il se dirige tout droit vers la présidence..espérons que ce ne soit pas une présidence d'honneur !
cordialement,
stéphane