D’autre part, alors que la commission électorale a publié les résultats des élections législatives qui ont vu la victoire du MDC, le Zanu-PF demande le recomptage des voix dans un certain nombre de circonscriptions où, bien sûr, il a perdu contre le MDC. Il est à noter que les recomptages demandés, s’ils aboutissent à de nouveaux résultats, pourraient donner la victoire au Zanu-PF.

Le chemin est encore long à parcourir qui donnera un vainqueur réel et non contesté dans ces deux élections. Le Guardian parle d'une nouvelle semaine de délai avant la proclamation des résultats définitifs qui, c'était promis, devaient être publiés aujourd'hui.

Too much class for the neighbourhood

Tabo Mbeki estime qu’il n’y a aucune crise au Zimbabwe à l’issue d’un entretien avec Robert Mugabe. Dont acte… C’est d’ailleurs pour cette (non-) raison que les pays voisins ont convoqué les états membres de la SADC pour (ne pas) trouver de solution.

Quant à Morgan Tsvangirai et au MDC, ils se proclament d’ores et déjà vainqueurs des deux élections et refusent toute idée de second tour pour la présidentielle.

Les voisins du Zimbabwe semblent écartelés entre une « solidarité régionale » à l’égard de celui qui aida, en son temps, l’ANC ou d’autres mouvements comme au Mozambique et la déstabilisation annoncée de la région en cas de victoire du président sortant.

L’ancien pays colonisateur, la Grande-Bretagne, qui tente depuis plusieurs années de sensibiliser sur la gestion, comment dire…, particulière des affaires du pays par l’ancien leader de la guerre d’indépendance, a beau essayer d’alerter sur le potentiel dangereux d’une situation explosive, on ne peut pas dire que sa voix porte.

Karibuni wa Kenya, hakuna matata iko.

Bienvenue au Kenya, ici il n’y a pas de problème ! La méthodologie kenyane en matière de gestion de crise politique aurait-elle influencé Mugabe et le Zanu-PF ? Pourrissement de la situation et indépendance toute relative de la commission électorale indépendante, forcément indépendante… des résultats des urnes, sont les deux mamelles (si j’ose dire) de troubles annoncés.

Alors que Mwai Kibaki et Raila Odinga annoncent finalement la constitution d’un gouvernement d’union nationale, le premier restant président et le second devenant premier ministre (poste créé pour l’occasion), rappelons que les troubles politiques (oui, politiques et non pas ethniques…) ont tout de même coûté au Kenya plus de 1.500 victimes et plus de 300.000 déplacés, sans compter le ressentiment.

Mugabe a donc choisi de faire comme Kibaki, auto proclamation comme vainqueur et petits arrangements pour conserver le pouvoir. Peu importe ce qui se passera pour la population et notamment pour les opposants et militants syndicaux ou des Droits de l’Homme.

Car, au Zimbabwe comme ailleurs, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs…


Pour aller plus loin

Le Zimbabwe sur le site de Reporters Sans Frontières

Le précédent article sur ce blog à pro Zimbabwe : Mugabe, le moral dans les chaussettes ?

Et pour les anglophones, quelques sites de journaux zimbabwéens :