Car, rappelons-le, Missié Bolloré possède un certain nombre d’intérêts dans la région du monde appelée Afrique (en un seul mot). L’homme qui possède, entre autres, le port de Dakar et le monopole du cancer, pardon du tabac au Cameroun, a menti de concert avec son ami président en affirmant que, bien sûr, tout cela est désintéressé puisque Bolloré (la société) n’a aucun contrat avec l’Etat. Faux, évidemment, puisque Bolloré a le monopole de l’acheminement de la valise diplomatique et de la logistique des forces armées françaises stationnées en Afrique…

Tout ceci pourrait faire sourire comparé à l’outrage (auquel on pourrait coller un O majuscule) fait à «l’homme africain» dans le discours dit de Dakar et commis par la plume de plomb de son conseiller Henri Guaino. Si Sarkozy a bien tenté de rectifier le tir en Afrique du Sud quelques mois plus tard, grâce à la tendre complicité de Thabo Mbeki dont on se demande à la lumière de la crise au Zimbabwe s’il a encore toutes ses capacités de discernement.

Mais là encore, c’est de la rigolade face au liaisons dangereuses qui risquent de se muer en lésions, avec les couacs cumulés de, et je cite en vrac, la visite pharaonique et grand-guignolesque de notre ami Khadafi, les relations circonstancielles avec nos autres grands amis que sont Idriss Deby, Zine el Abidine Ben Ali, Denis Sassou Nguesso ou encore Omar Bongo. D’ailleurs ce dernier est suspecté d’avoir demandé l’éviction de Bockel de la Coopération. Il faut dire qu’Omar avait décelé la crédulité du secrétaire d’état, coupable d’avoir cru aux promesses de ruptures avec la Françafrique.

Le monde entier aura également bien ri avec les pérégrinations des zozos de l’Arche dans et hors des geôles tchadiennes et certainement moins avec la dissémination nucléaire en Egypte, Lybie, Maroc et j’en passe certainement. Néanmoins, le véritable morceau de bravoure reste la politique choisie de l’immigration du même type et la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale réunies pilotées avec fureur par le sieur Hortefeux.

Nous décernerons une mention spéciale à l’entourage et la famille d’Aimé Césaire qui ont refusé un discours présidentiel à l’occasion des obsèques du poète et homme politique pour éviter une récupération un tantinet hypocrite de la vie et de l’œuvre de l’auteur du « Discours sur le colonialisme ».

Le mot de la fin à Charb, dessinateur, qui résume la rupture en une phrase : « Avec Sarkozy, il faudrait deux quotidiens. Un pour la connerie du matin et un du soir pour démentir la connerie du matin. »

Et çà, 365 jours par an, sauf bien sûr pendant les années bissextiles…