elephantrose.jpgComment reconnaître un ou une ministre réellement sarkoziste ? Au nombre de gaffes jetées en pâture aux médias et à la populace réunies, de préférence devant TF1 ou Direct 8, les chaînes de, respectevement Martin Bouygues et Vincent Bolloré… Championne toutes catégories, notre ministre de la Justice, l’inénarrable et inimitable Rachida Dati.

L’habituée des défilés parisiens, je précise de mode et non pas des manifestations de l’anti-France battant le pavé avec des revendications forcément archaïques sur les retraites ou le service public, notre habituée, donc, des défilés signés Dior (à ne pas confondre bien sûr avec Diop, patronyme trop sénégalais pour être honnête) réussit à revenir sur le devant de la scène médiatique dès qu’on a tendance à vouloir l’oublier. En effet, la ministre de la fermeture des tribunaux de proximité a trouvé, à l’instar d’une académicienne russophile, le coupable idéal à tout ce qui cloche en France. Si Hélène Carrère d’Encausse sait (car, je viens de le dire, elle est académicienne, et donc elle SAIT) que la polygamie des Noirs est responsable du malaise des banlieues ou du trou de la sécu, Rachida Dati sait que les responsables de la faillite morale, politique et économique de ce beau pays de France, ses plages, ses musées et son Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nazionale réunies, est due à l’incapacité des « socialistes ».

La dernière sortie en date de la compagne du pédégé de Veolia qui vit superbement grâce aux marchés accordés dans les régions et départements gérés par des... "socialistes" sur le fameux mariage de Lille annulé par la Justice devant l’Assemblée Nationale nous a permis, au choix, de pousser un gros soupir en levant les yeux au ciel, de rigoler un bon coup, ou encore de se dire que, bon, la politique française est tout de même tombée bien bas. Certes, le procès fait à la décision de Justice est tout de même en décalage avec la réalité, enfin celle qu’on nous a présentée. Là encore, les dénonciateurs un peu rapides et prêts à dégainer pétitions et réunions dans les salons de la gauche caviar auraient peut-être pu relire la décision avant de bondir devant les caméras et autres micros. Mais on ne se refait pas.

La Fadela Amara des podiums parisiens de la haute couture a donc déclaré : « Mais qui, sinon vous, membres du groupe socialiste, a appliqué la politique des "grands frères", abandonnant ainsi d’innombrables jeunes filles entre leurs mains ? C’est à l’échec de votre politique d’intégration que nous devons faire face ! Alors, Monsieur, vous pouvez m’attaquer car j’ai échappé à votre politique qui a suscité le repli identitaire. C’est ce qui vous dérange ! ».

Certes, nonobstant l'aspect nombriliste de l'argumentation, on peut trouver du vrai dans ses propos, mais l’accusation à peine voilée (eh oui !) de communautarisme de la part du PS ne doit pas faire oublier que le communautarisme, justement, n’est pas étranger (eh oui, encore !) au gouvernement actuel. Sarkozy n’a-t-il pas prouvé qu’il pouvait être plus juif que le CRIF, plus musulman que le CFCM, plus césairien que le PPM, plus ouvriériste que la CGT, plus breton qu’un pêcheur du Guilvinec ou encore plus sexuellement actif et zappeur qu’un soixante-huitard priapique ?

Les quotas d’immigration choisie, la « morcelisation » (rien à voir avec l’athlète algérien Noureddine Morceli) de la société en tranches diverses et variée, sociales, ethniques, religieuses, mise en place par l’ancien ministre de l’Intérieur et actuel Président de la République, le clientélisme vis-à-vis de quelques pouvoirs du sud de la Méditerranée, la chasse aux sans-papiers, bref, tout çà n’est pas à mettre au crédit (ni même au Deby) des « socialistes » (y compris tchadiens).

Mais les gaffes de Rachida, tout comme le vocable employé par Fadela et les sorties de Rama ne sont pas un effet du hasard ou de l’incompétence supposée des sarko-girls. C’est une stratégie d’occupation des médias par la controverse. Il vaut mieux en effet faire parler de soi en mal que de ne pas faire parler de soi du tout selon le bon vieil adage présidentiel… Bon, gageons que cette stratégie ait ses limites, car cinq ans, c’est long.

Le mot de la fin sous la forme d'un proverbe indien : « Nul ami tel qu'un frère ; nul ennemi comme un frère ».

D’ailleurs si les frangins de Rachida ont des ennuis avec la Justice, c’est certainement à cause des... «socialistes»…