aide-publique-developpement.jpgLes pays les plus riches ou puissants se sont réunis au pays des samouraïs à Toyako. Après avoir écouté un morceau de U2 ou pire de Bob Geldof, un responsable a eu l’idée d’inviter quelques pays africains à venir ramasser quelques miettes su festin occidentalo-russo-japonais. C’est ainsi que les présidents d’Afrique du sud, d’Algérie, du Sénégal, du Ghana, de Tanzanie, de Nigeria, et, Jah Rastafari, d’Ethiopie ont pu s’adonner aux joies locales et nipponnes du saké et des geishas.

Donc, entre les parties fines et les dégustations dans des petits verres avec des femmes nues quand on les remplit, nos chefs d’états du G8 et leurs invités ont tenté de parler de choses plus sérieuses, à savoir d’argent, de pognon, de blé, de flouze… C’est certainement après quelques verres de saké auquel il est pourtant habitué que le premier ministre japonais a eu cet éclair, le Japon va doubler son aide à l’Afrique. Certes, le président Wade dont la coupe de cheveux immuable est un gage de stabilité pour les bailleurs de fonds, a bien expliqué qu’il avait déjà entendu ce genre de promesses sans traduction dans le monde réel. D’ailleurs, un prof de maths me faisait remarquer pas plus tard qu’hier que si (0 x 0) = la tête à Toto 2 x 0 = toujours 0.

C’est dans la même veine multiplicatrice que la France a annoncé dans la foulée qu’elle aussi allait "doubler son engagement financier bilatéral pour l'Afrique subsaharienne sur la période 2008-2012, ce qui fait 2,5 milliards de dollars sur cinq ans". Quelques esprit chagrins ont remarqué au passage qu’aide publique au développement et engagement financier ne recouvraient pas les mêmes réalités. D’ailleurs l’aide publique au développement version hexagonale voire métropolitaine, héritage de Jacques Foccart, sert souvent à payer des gardes prétoriennes, des jets privés, des éléphants blancs, ou encore les risques budgétaires des grandes entreprises française via la Coface, société d’assurance d’un genre assez particulier.

Mais revenons à notre G8 autoproclamé qui sur sa promesse de doubler l’aide à l’Afrique semble se répéter quelque peu, sans éventuellement en avoir conscience. En effet, lors du sommet de Heiligendam en Allemagne et en 2007 ou encore à Gleneagles (Scotland) en 2005, le même G8 avait déjà fait cette promesse, qui, bien sûr n’a pas été suivie d’effet, à preuve la réitération de cette année au Japon. Alors, vieux pneu, pardon vœu pieux ou réelle volonté d’aider (entre guillemets) un continent dont un certain nombre de dirigeants commencent à être véritablement réceptifs aux offres de services (non non, je n’ai pas dit de sévices) proposées aimablement par la Chine ? Cette Chine qui est en train de prendre pied sur le continent africain aux dépens des anciennes puissances coloniales et de leurs chasses gardées…

On remarquera en sus et en tout bien tout honneur que si les clichés planétaires nous ont habitués et nos cerveaux bourrés à craquer également que les dirigeants africains parlent beaucoup et agissent peu, les dirigeants du monde occidental, russe et japonais n’ont rien à leur envier dans le maniement de la langue de bois, les promesses lancées à grands renforts de caméras ou encore les deadlines irréalistes.

Le mot de la fin à l’essentiel et regretté François-Xavier Verschave pour qui « Plus d'une vingtaine de réseaux politiques, d'officines mafieuses, de filières occultes, se partagent aujourd'hui le gâteau africain. A peine 2 ou 3 % de l'aide publique française au développement sert à lutter contre la pauvreté. Depuis quarante ans, la politique française en Afrique vise uniquement à exploiter les ressources naturelles et géopolitiques des pays francophones. Les profits sont immenses. C'est pourquoi les armes importent peu : la corruption, le meurtre, la manipulation et la guerre. C'est le plus long scandale de la République. »

Et si nous partagions notre savoir faire ?