risk.jpgPour paraphraser Michal Audiard, les capitalistes, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît… Petite excursion au pays des subprimes et des déprimes…

La chute finale ?

L’économie étatsunienne et son dieu dollar (In God we trust…) domine le monde depuis quelques décennies. Le leadership (bon, je sais, c’est un anglicisme et la Loi Toubon… mais on parle des zuhessas) yankee repose sur un gouffre abyssal à côté duquel la dette des pays du Sud ressemble à une plaisanterie de cour de récréation. Mais pourtant la Fed’ et les organisations supranationales d’inspiration capitaliste (le FMI, la Banque Mondiale, l’OMC, dont deux sur trois sont tout de même dirigées –enfin dirigées, je me comprends…- par d’éminents camarades socialistes français) n’ont eu de cesse de marteler le marché, le marché et encore le marché comme une incantation divine au dieu dollar.

Les pays de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud qui, pour se voir octroyer des crédits par la BM et le FMI, ont du ratiboiser leurs « mammouths » étatiques en virant plus de la moitié de leurs fonctionnaires et en privatisant les services publics, voient aujourd’hui le dépositaire de l’économie capitaliste / libérale avancée nationaliser à tour de bras les banques américaines pour éponger les pertes desdites banques seront-ils plongés dans les affres du doute ? Rien n’est moins sûr, à l’image du discours de notre omniprésident à Toulon.

C’est pas bien mais ça pourrait être pire…

Donc, le mari de Carla Bruni a voulu dire sa vérité aux Français. Le capitalisme effréné, basta ! Vive le capitalisme entrepreneurial, à bas le capitalisme financier !

Bravo, monsieur le Président. Mais les propos tenus ne sont-ils pas en contradiction avec la volonté de poursuivre et d’accélérer les sacro saintes « réformes » qui sont toutes depuis un peu plus d’un an d’inspiration libérale (et je reste poli) ? La casse de l’école publique, la privatisation de la Poste, le bouclier fiscal, j’en passe et des meilleures, ne sont pas à proprement parler dans la nouvelle ligne prônée par George Dobelyou, à savoir redonner à l’état un rôle de régulateur.

On nous promet donc des jours terribles où le pouvoir d’achat va se muer en impuissance d’achat. Il va falloir se serrer la ceinture davantage, mais de combien de crans ? Heureusement, Nicolas Sarkozy et ses amis de la grande distribution, Michel-Édouard Leclerc en tête se battent pour sauvegarder notre pouvoir d’achat (c’est écrit dans leurs pubs, vous dire si c’est vrai !).

Nationalisons les pertes…

…et privatisons les profits. Voilà la façon dont les capitalistes qui adorent le mot « risques » (qu’ils prétendent prendre en investissant) ont trouvé pour nous permettre de partager ces risques et de vivre enfin une vie aussi trépidante que celle d’un broker de Wall Street ou du Palais Brongnard. Quelle chance, nous, populace frileuse et souvent fonctionnaire, nous avons de pouvoir enfin vivre en vibrant au son du clairon du CAC 40 !

Je ne sais pas pour vous, mais l’année où, contribuables (en un seul mot) nous avons du renflouer le Crédit Lyonnais à cause d’une gestion pour le moins hasardeuse, j’ai eu, comme on dit trivialement, les boules que mes impôts (directs ou indirects) servent à payer les erreurs de notre avant-garde éclairée et capitaliste. Celle qui ne pouvait se tromper, par définition.

Le ridicule ne tue pas encore !

Alors, les gesticulations des dirigeants occidentaux vont-elles, outre brasser du vent, avoir des effets positifs sur l’avenir de l’économie mondiale ? Pour ma part, je me permets d’en douter. Lorsqu’on fait ou qu’on dit tout et son contraire, même relayé par des médias complaisants (là encore en un seul mot, quoique pour TF1, je m’interroge), le discours aura du mal à convaincre. Les atermoiements, reniements, changements soudains de cap, justifications plus ou moins vaseuses, dont nous sommes abreuvés ces derniers temps, ne prêteraient à sourire que si l’on était sûr que personne n’en souffrira. Et là, l’optimisme n’est pas forcément de mise.

Populations du Nord plongées dans la précarité ou citoyens du Sud englués dans un développement coincé par la fameuse (et même fumeuse) dette seront les premières à subir les effets de la crise économique mondiale comme ils sont déjà les premiers à subir les effets de la crise énergétique. D’autres s’en tireront grâce aux subsides de l’état. Ceux-là mêmes qui crachent sur l’état et le bien public. En économie, ce n’est pas forcément celui qui pisse contre le vent qui voit son pantalon taché d’urine.

Comme disait Coluche : « On dit que c’est la crise. Les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches. Je ne vois pas pourquoi on appelle ça la crise… ».

Wouah ! La crise…