4 nov. 2008 : une élection mondiale ?
Par Jean-Luc Chavanieux le lundi 3 novembre 2008, 16:29 - Niouzes - Lien permanent
Les Etats-Unis sont surprenants.
Alors que les 8 dernières (et ultimes) années de présidence W Bush ont placé
l’Amérique dans une position inconfortable par rapport au reste du monde, du
moins sur le plan de la « popularité », l’élection présidentielle est-elle
en train de susciter dans le monde un espoir à la hauteur du rejet dont les USA
ont été les malheureux bénéficiaires (pff, tout çà pour ne pas employer le
terme victimes !).
Obama, champion des USA…du monde
La presse mondiale, les médias planétaires ou les sondages transnationaux sont clairs. Si le monde votait, Barack Obama serait élu. Las ! Seuls les états-uniens votent et on connaît leur relative imperméabilité à l’opinion mondiale. La question ne se pose donc qu’en termes anecdotiques mais éclairant. Tous les sondages réalisés en dehors du sol américain avec des étrangers (bon, on est tous l’étranger de quelqu’un, mais une grosse majorité de la population mondiale n’est pas des Etats-Unis), donneraient une écrasante victoire à Obama. La popularité du sénateur de l’Illinois n’est pas à démontrer. Partout il casse la baraque, Obama. (Je sais, mais je n’ai pas pu résister…)
La France n’échappe pas à la règle et les « grandes démocraties occidentales » comme les pays du Sud (Afrique, Amérique latine…) plébiscitent le petit fils d’une grand-mère du Kansas et d’une grand-mère du Kenya. Seule Israël préfère McCain. Il est vrai que les Républicains soutiennent inconditionnellement tout ce qui vient d’Israël, surtout si c’est bon pour les intérêts des compagnies du pays des oncles Sam et Tom réunis, de préférence quand ces sociétés font dans l’armement, l’énergie ou les communications.
La planète se reconnaîtrait donc davantage dans un homme de 47 ans, originaire de deux continents, perçu comme membre d’une minorité « raciale » comme on dit de l’autre côté de l’Atlantique que dans un homme de 72 ans, wasp, sénateur à vie, fils d’un amiral de l’US Army ? Bueno, les enfants, mais le monde n’est-il pas le reflet d’un véritable et gigantesque métissage planétaire (n’ayons pas peur des mots) avec une pyramide des âges plus favorable (enfin si je puis dire) aux jeunes qu’aux vieux ?
Du passé, table rase ?
Le règne de W et son cortège de bruit et de fureur économique, diplomatique et militaire est passé par là. Globalement, on peut légitimement estimer au Nord comme au Sud que l’on vit moins bien qu’en 2000 et surtout que l’espoir, comme la nostalgie chère à Simone Signoret) n’est plus ce qu’il était. Les libertés publiques ont été réduites dans les démocraties comme dans les dictatures depuis un certain nine eleven, l’économie s’est crachée comme un vulgaire Tupolev de l’ère Brejnev, la crise écologique -dérèglement climatique, raréfaction des ressources- s’est installée en laissant entrevoir le début de la fin des haricots (et d’une espèce de mammifères sur quatre. L’homme et… la femme ne sont pas concernés…), et tout le monde commence à penser que ses enfants auront une vie certainement plus dure encore qu’aujourd’hui.
Alors, aux yeux du monde, Obama représente une alternative à la brutalité de la politique républicaine associée à toutes ces mauvaises nouvelles, non pas des étoiles, mais de notre planète.
Retour au pays natal
Mais, bien sûr, pour qu’Obama gagne, il lui faut passer le test « Prophet Inside » : sera-t-il dans deux jours prophète en son pays ? Les sondages et la presse semblent confirmer cette tendance même si, côté démocrate on joue à se faire (à tort ou à raison) peur.
Ce qui est étonnant, à ce moment de la campagne, c’est que tout est encore possible. C’est la raison pour laquelle les States, et dans une moindre mesure les autres, retiennent leur souffle. Car comment penser que les deux tickets en sont encore dans un coude-à-coude après avoir vu à l’œuvre Obama-Biden d’un côté et McCain-Palin (surtout Palin) de l’autre ? Du choix du colistier au style (politique of course), en passant par les soutiens (journaux, people), la tonalité donné à leur propre campagne, tout différencie les deux candidatures. La campagne positive d’Obama s’oppose nettement au style divisionniste de McCain et de sa pit-bull with lipstick. Mais Joe The Plumber fait de la résistance et les idées simplistes, comme ailleurs, ont la vie dure et l’efficacité redoutable.
Alors, je retiens mon souffle également en espérant une victoire d’Obama, même si j’aurais plutôt voté pour Cinthya McKinney, candidate des Verts américains qui propose une autre Amérique...
Cynthia McKinney Announces Run for President

