Mais revenons à notre hexagone et à ses confettis formant un ensemble ex impérial sur lequel, tel l’empire britannique de la grande époque, le soleil ne se couche jamais. Si l’antagonisme entre le Collectif Dom et le Cran ont agité, je n’ose dire le Landerneau, donc je dirai les milieux militants noirs, blacks, afros, africains, antillais, guyanais, réunionnais, plus ou moins riches en mélanine, voire négros et spirituels, il semble que, parallèlement aux déchirements du Parti Socialiste mais plus discrètement car moins mis en lumière par les medias, le CRAN soit au bord de l’explosion.

En effet, un ancien secrétaire général (à défaut d’être secrétaire génial ?), Lucien Pambou a-t-il déclaré que « Très vite, tout tournait autour de deux personnes au sein de l’association, Patrick Lozès et Louis-Georges Tin. En tant que secrétaire général, j’ai proposé la mise en place d’outils de gestion, qui n’ont jamais été acceptés par Patrick Lozès qui les voyait comme un moyen de prendre le pas sur lui. Et progressivement, la vie est devenue complètement invivable dans la mesure où il est allé jusqu’à m’interdire de m’exprimer sur la cause noire et au nom du CRAN. Je lui ai dit que nous n’étions pas dans une république bananière ». On sent bien que le CRAN a un problème d’atmosphère interne, on pourrait lui suggérer d’embaucher vite fait quelques ambianceurs de Kinshasa ou de Brazzaville pour détendre cette atmosphère qui commence à sentir le renfermé. Quant au terme employé, à savoir « république bananière », on imagine le tollé s’il avait été sorti à propos du CRAN par une personne déficiente en mélanine…

C’est dans ce contexte (en un seul mot) que deux membres de l’association, Victor Kaptué Tokam et Komlan Rigobert Missinhoun ont créé le CRC, Comité pour la Refondation du Cran. Ils mâchent certainement plus de chewing gum que leurs mots, car selon eux : « Le Cran se vide lentement et sûrement de ses forces vives et Patrick Lozès, loin de s’en inquiéter, accélère l’hémorragie, en excluant et en radiant à tour de bras pour des peccadilles ou des fautes imaginaires. Contre les plus déterminés, il organise des procès coûteux dans l’espoir de les réduire au silence ». Bref, le CRAN serait donc la tête de pont avancée du concept de dictature à la mode françafricaine…

Bref, toujours est-il qu’avec ce climat passablement délétère, les Noirs de France doivent se sentir passablement délaissés par une association qui semble préférer les règlements de comptes entre personnes que le règlement de ses comptes. Le mot de la fin au successeur de Lucien Pambou, Edouard Nduwa, qui sera lui aussi viré à son tour par Patrick Lozès, « Ce que les militants demandent, c’est un audit des comptes car il n’y a pas de comptabilité dans l’association. Mais M. Lozès ne veut pas entendre parler de cela. »

Apparemment il n’y a au CRAN pas plus de compatibilité que de comptabilité…