Obama : déjà plus qu’un homme ?
Par Jean-Luc Chavanieux le lundi 19 janvier 2009, 20:19 - Niouzes - Lien permanent
Les festivités liées à la prise
de fonction du 44ème président des Etats-Unis d’Amérique ne sont pas encore
terminées, mais l’attente aux USA et ailleurs est déjà
énorme…
Plus qu’un homme, un symbole ?
Au risque de paraphraser un certain nombre d’articles de presse ou de commentaires plus ou moins autorisés, la campagne interne aux Démocrates, puis présidentielle contre McCain, a montré qu’après deux mandats de W, l’attente des États-Uniens à propos de la future action de Barack Obama est grande. Au-delà, celle du « reste du monde » ne l’est pas moins.
Les deux campagnes successives auxquelles doivent se confronter tous futurs présidents des USA sont censées montrer aux électeurs le potentiel des prétendants. Après ces deux campagnes, Obama a montré ce que beaucoup d’électeurs attendaient, une rupture avec le système W : sang froid, intelligence stratégique et tactique, « supplément d’âme », vérité(s), adaptation aux circonstances, etc… Si ce n’est pas forcément comme cela que le « reste du monde » envisage un président américain, il reste que ce sont bien les électeurs américains qui votent.
Certes, tout le monde attend de Barack Obama la paix un peu partout, la solution à la crise multiforme, le souci de l’environnement, la fin des inégalités « raciales », voire le rééquilibrage des règles nord-Sud. C’est déjà beaucoup.
Mais Obama, l’homme et plus encore ce qu’il représente, et là, chacun peut voir midi à sa porte, a déjà gagné une partie de son pari, être élu tout en n’étant issu du sérail politique US et en étant un « africain américain ». Les larmes de Jesse Jackson, le soir de l’élection d’Obama ont illustré ce qu’a déjà pu faire Obama : faire tomber la barrière « raciale ». C’est déjà beaucoup et c’est le premier symbole de son élection. Aux States, mais pas seulement, c’et une longue et vieille histoire…
Reste qu'on ne gouverne pas qu'avec des symboles...
Africain-américain, mais... américain
Tout de même. On peut penser que la vie familiale d’Obama dans sa jeunesse (son expérience indonésienne notamment) lui a permis d’avoir une vision du monde un peu moins centrée sur le Texas que son prédécesseur qui n’était jamais sorti des USA avant son élection. Néanmoins, cela n’est pas forcément incompatible avec un fort sentiment patriotique comme Obama a pu le démontrer dans la campagne.
Car sa victoire est d’abord et surtout le fait qu’il ait compris les Etats-Unis et surtout son corps électoral. Ses positions sur la peine capitales ne sont pas allées jusqu’à rejoindre celles de François Mitterrand pendant la campagne de 1981. C’est aussi parce que Barack Obama a su s’entourer en vue de la victoire, sans oublier sa capacité d’analyse des réalités politiques américaines.
Obama est avant tout un citoyen américain. Avec ses qualités, qu’il a su montrer et certainement ses défauts, qu’il a su cacher ou du moins ne pas montrer. Les premières déclarations entre son élection et sa nomination sont véritablement centrées sur son pays. La « prudence » avec laquelle sont évoquées (ou plutôt ne le sont pas…) les relations internationales peut se comprendre dans le cas d’une transition non encore achevée. D’où certainement, même si ce n’est pas la seule raison, le silence sur Gaza.
Superman ? Obaman !
Alors, au-delà du symbole, quel homme est et quel président sera Obama ? Lui seul possède (et encore !?) la réponse. La vague d’enthousiasme suscitée par son élection, aux States parmi les électeurs et dans le monde entier (sauf Israël peut-être) parmi les citoyens non américains que nous sommes ne peut qu’être déçue, sauf si on n’attend pas d’un président américain qu’il soit Dieu ou même le maître du monde. Il nous reste donc quatre ans avant de pouvoir faire le bilan de l’action de Barack Obama, sans procès d’intention ni angélisme. Rien que pour tout ce qu’Obama a pu accomplir (journal d’Harvard, sénat de l’Illinois puis sénat US, primaires contre Hilary puis élections contre McCain…), ce parcours mérite d’être salué.
Alors, Obama = Superman ? Non, mais Barack = Obaman !
Et c’est déjà beaucoup…

