Il s’avèrera plus tard que ces massacres très localisés étaient en fait une sorte de répétition grandeur nature avant la mise en place à l’échelle du pays du projet de solution finale envers les Tutsi. A peine un an plus tard, le génocide donnait, malheureusement, raison aux propos de Jean Carbonare.

J’ai eu l’occasion de le rencontrer à plusieurs reprises, notamment lors de conférences à propos du Rwanda et du projet génocidaire qui se mettait en place. Avec deux amis rwandais, nous avions organisé à Rouen une conférence débat sur le génocide qui se préparait au Rwanda. Sa présence et ses interventions avaient marqué tous les participants. Jean m’a laissé le souvenir d’une personne exceptionnelle, empreint d’humanisme et dont le calme et la voix douce soulignaient la résolution d’un homme qui avait consacré sa vie à se battre pour un monde meilleur.

Après le décès de François-Xavier Verschave, celui de Jean Carbonare ne peut que nous inciter à continuer le combat pour une autre politique de la France en Afrique.

Adieu Jean, et merci.


Son intervention au journal d'Antenne 2 le 24 anvier 1993.