Car bien sûr, les parasites « officiels » regroupent des catégories diverses, variées, parfois croisées, mais toujours visées. Ainsi, au nord de notre planète et plus particulièrement en France, y compris dans ses dominions et autres colonies d’outre-mer, on les connaît bien : chômeurs, rmistes, fonctionnaires, syndicalistes , militants politiques empêcheurs de tourner en rond, grévistes, bien sûr, qui osent prendre le pays en otage tous les deux jours, jeunes et moins jeunes des quartiers, avec ou sans capuche, sans-papiers, consommateurs suspicieux, poètes, chanteurs pas dans le top 50 de la Sacem, cinéastes engagés, radioteurs encore libres, centres sociaux, bref, un bel aréopage de tout ce que notre pays compte de contestataires dûment estampillés par la grande presse et surtout les chaînes de télé et les radios que l’on qualifiait d’autrefois de périphériques. Que dire des populations des pays du sud économiquement et politiquement sinistrés ?

Mais la novlangue médiatique chère à George Orwell n’est qu’une sorte de miroir déformant que nous tendent ces médias industriels ou étatiques renvoyant leur propre image. Car, en effet, nos chômeurs, rmistes, fonctionnaires, syndicalistes, et caetera, ne sont que des gagne-petit, des petits joueurs sans véritable ambition que d’assurer le quotidien ou éventuellement de se payer le camping à Palavas-les-Flots pour les plus ambitieux. En fait, tel le flic de base réclamant aux alentours de Brazzaville une poignée de Francs CFA comparé à l’Illustre Président Sassou Nguesso, ces petits bras ne représentent rien au regard des sommes et des avantages engrangés à la mesure de leur ambition. Ainsi, les parasites ont trouvé leurs maîtres : les « grands » de la finance et de la politique mondiale, ceux qui voyagent en jet privé, sont invités à des réceptions dont les petits fours ne sont pas signés par Lidl ou Le Mutant, mais griffés Lenôtre ou Fauchon, voir Dior, comme par exemple au Ministère de la Justice Française.

On remarquera que de temps en temps, ces élites ne sont pas épinglées à cause de leurs actes, mais parce que « ça se voit un peu trop ». Ainsi, de Rachida Dati qui explosa le budget de représentation de « son » ministère au Président lui-même qui fait déplacer plus de flics que de manifestants à chacune de ses sorties, les exemples viennent d’en haut. On ajoutera à cette liste de personnalités ambitieuses quelques chefs d’états amis, qui de Bongo à Sassou, possèdent quelques biens mal acquis en comparaison desquels l’écran plat 82 cm acheté par un rmiste semble pipi de chat. Mais ne soyons pas sectaires et revenons en France. Le bon docteur Kouchner, improbable croisement entre Mère Theresa, Bernard Tapie et Che Guevara, vient de se faire allumer par un autre parasite, du monde de l’édition celui-là, mais pour qui les plateaux de télévision sont aussi accueillant que pour le premier, Pierre Péan. Certes, on objectera que Péan ne vole certainement pas l’argent gagné par la vente de ses bouquins et que le prix à ma zone, pardon, à la page, je confonds tout le temps, est moins élevé que pour un vulgaire rapport sur l’état de santé du système de santé, justement, gabonais.

Car le ministre des Affaires Etranges (oui oui) n’est pas seul. Outre d’être dans la vie civile avec Madame Ockrent, grande professionnelle de la télévision publique dont les émoluments mensuels ferait pâlir d’envie un chômeur guadeloupéen en vacances au camping municipal de Palavas-les-Flots malgré le billet à prix réduit offert par Yves Jégo pour lui permettre de voir les lumières de la métropole, je vous demande de m’excuser pour cette digression un peu longue, mais quand on aime on ne compte pas, donc disais-je, Bernard K sait s’entourer de diplomates professionnels entrepreneurs privés. Pour Eric Danon, membre de l’entourage du French Doctor et diplomate de carrière, «on a eu la dream team des gens qui voulaient en finir avec la Françafrique.». Survie, Sherpa, ou encore le CCFD en rigolent encore. Parmi les sociétés de la galaxie pour les fans ou nébuleuse pour les détracteurs de BK, outre Imeda, Africa Steps ou Danomex, on y compte Africa Alive. Joli nom pour une triste réalité. Car, en effet, Africa Alive outre d’être basée à Genève, donc au plus près des banques helvétiques ne semble pas vraiment alive, en langue loi Toubon, vivante. Le quotidien Libération affirme n’avoir trouvé qu’une seule trace de ses activités : avoir participé en 2006 « à l’opération «Vach’Art», consistant à demander à des artistes de peindre des statues de vaches et à les vendre aux enchères pour recueillir des fonds en faveur de l’Afrique ». Woaow ! On sent bien que cette action va sortir l’Afrique du marasme.

Mais le plus beau reste à venir, selon son dirigeant Eric Danon à qui nous laissons le mot de la fin : «C’est un truc dans lequel j’ai eu des fonctions. C’est un copain qui l’avait lancée. Mais il ne s’est rien passé. Africa Alive n’a pas réellement d’activités.» Comment ? J’entends mal ! Encore des parasites sur la ligne ? Sûrement les campeurs de Palavas-les-Flots qui bloquent le réseau…