Si l’histoire ne se répète pas, elle bégaie. C’est ce que semble nous apprendre l’actualité lorsqu’elle se penche sur cette conférence de Genève. Car, souvenez-vous, en 2001, le titre du film que la majeure partie des états présents nous avait joué ressemblait davantage à « Du rififi à Durban » qu’à « L’entente cordiale ». En effet, déjà, les intérêts des uns s’étaient heurtés à ceux des autres. Israël et les Etats-Unis d’un côté, la Ligue Arabe, de l’autre et les Européens en observateurs divisés. Le retrait précurseur des USA et d’Israël avait voué à l’échec le première grande conférence « contre le racisme » avec de nombreux points d’achoppement : la question des territoires occupés ou celle des questions des réparations de la traite négrière, entre autres.

Je dis bien entre autres tant il semblait, et semble toujours que les grandes puissances qui dirigent, mal peut-être, la marche du monde avaient intérêt à escamoter la question de la traite. Les USA, of course, grands consommateurs à une époque de « bois d’ébène », les pays du Golfe, précurseurs via l’Océan Indien, mais aussi quelques pays de l’Union Européenne (pas encore élargie) en tête desquels la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas ou encore le pays qui en exerçait alors la présidence, à savoir le pays des carbonades, des frites, du Maneken Pis et de la division linguistique, la Belgique. Huit ans plus tard, nous ne pouvons que constater que rien n’a vraiment changé.

Pourtant, cette conférence d’examen de Durban dont le document final autant pavé de bonnes intentions que l’Enfer dans lequel la planète et un certain nombre de ses habitants s’enfoncent chaque jour un peu plus, avait donné une feuille de route dont les états membres de l’ONU devaient constater ou non les progrès. C’est bien sûr ce dont les médias ont oublié de nous parler pour se saisir du côté pipole de l’affaire, à savoir les petites phrases des uns et les grosses colères des autres. Oublié le racisme dont il était question pour ressasser les incompatibilités et les haines géopolitiques voire géostratégiques au détriment de tous ceux qui vivent au quotidien le racisme fut-il d’état ou venant de la population.

Malgré l’élection de Barack Obama il y a quelques mois, l’utilisation de cette conférence par les uns et les autres pour d’autres motifs semble relever justement du racisme. Il me semble, mais je peux me tromper, que les grandes conférences du même genre organisées par l’ONU, le G7, G8, G12, G20, G23 ou encore G151, à Davos, Doha ou ailleurs pourvu que les manifestants soient loin du centre de conférences ne pâtissent pas forcément d’un tel échec, voire fiasco si on parle latin, dès avant l’ouverture de ladite conférence.

Quoi qu’il en soit, on est rassuré car finalement, la fameuse déclaration finale a été adoptée après jonglage avec le calendrier initial. Que comporte cette déclaration de bonnes intentions ? Et bien de poursuivre et d’affirmer la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance ou encore à ne pas oublier la Shoah. Bref, pas vraiment du nouveau 8 ans après Durban. Dommage pour le scoop.

Le mot de la fin, non pas à Jules Ferry, l’inventeur de l’Ecole Publique et des liaisons transmanche en ferry boats aui déclara en 1885 à l’Assemblée Nationale « Les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures .... La politique coloniale est fille de la politique industrielle », mais à André Gide qui, en 1926, dans son livre « Voyage au Congo » résumait le racisme à cette perception : « Moins le blanc est intelligent, plus le noir lui paraît bête. » CQFD