Green power ON
Par Jean-Luc Chavanieux le mardi 9 juin 2009, 00:28 - Niouzes - Lien permanent
Les résultats en France des
européennes ne doit pas devenir au fil du temps qu’une péripétie de la vie
politique nationale. En effet, on a plutôt de plus en plus tendance à avoir la
mémoire courte et zapper les événements politiques à une fréquence de plus en
plus élevée. Outre le fait que la tendinite cérébrale guette, des enjeux plus
importants que ceux dont les medias se font l’écho sont à l’ordre du jour. Car,
oui, c’est la Crise, avec un grand C, la crise des crises…
Le compte est bon
Oui, il y an eu manipulation de la campagne, une manipulation plus profonde qu’une anecdotique diffusion de Home, qu’un hypothétique commanditaire des sondages ou qu’une altercation entre deux candidats. Cette manipulation consiste à nous faire croire que la majorité présidentielle, est justement majoritaire. Certes, en termes de majorité relative. Mais le bilan n’est pas si brillant. Ou bling bling, si on préfère. Car 27,8 %, même si on y ajoute DLR (Aignan, le chouchou de la maîtresse, celui qui porte des lunettes) et Libertas (non, ce n’est pas une assurance vie, mais De Villiers et Nihous), on atteint tout de même péniblement les 33 %, soit un tiers. Pas de quoi pavoiser.
Mais le camp présidentiel autoproclamé vainqueur, devrait se méfier de l’autosatisfaction. Car on ne nous ôtera pas de l’idée que la D-Day Show avec Obama en vedette américaine, c’est tout de même grandiose. En bonus : Michelle, les gamines, la Granma et la cousine. De quoi faire un bel alexandrin (vous pouvez recompter), et un joli buzz pour les amateurs de pipole. L’improbable Xavier Bertrand peut toujours marteler son discours comme quoi, hein, bon, c’est tout de même un peu facile.
Vers une ouverture verte ?
On peut toujours rêver à l’UMP, mais l’ouverture verte ne sera pas forcément aussi aisée que chez les traîtres. On tente bien ici et là d’apolitiser (c’est un néologisme) le vote Europe Ecologie, mais les scores peuvent aussi bien montrer une envie de radicalité écologique comme pivot, pilier, ou piédestal de la reconstruction de la gauche qui aura fait sa révolution verte et intégré les problèmes environnementaux comme consubstantiels des problèmes sociaux et même démocratiques, que ce prétendu « vote apolitique ».
Le programme EE est disponible et il suffit de le lire pour comprendre que ce programme n’est pas moins à gauche ni même plus à gauche que celui du PS, du PDG (ou PG ; il paraît), du PCF, (on n’évoquera même pas, ou même plus, le cas du PRG dont les soubresauts communicationnels pathétiques durant la campagne officielle semblent annoncer soit une mort prochaine soit une OPA, ouverture proposée amicalement par le Président), trop longue parenthèse, donc, disais-je, le programme EE n’est ni plus ni moins à gauche, il est AUTREMENT à gauche, résolument même.
La politique autrement, autrement
Et si le signe envoyé par les électeurs de gauche, notamment dans les zones urbaines était justement celui-ci. EE est d’abord un rassemblement, une réconciliation, le dépassement des différences pour proposer un projet commun, nouveau, un enrichissement mutuel au croisement de l’écologie politique, associative, activiste, altermondialiste. Et puis il y a Eva.
Les eurodéputés écolos seront de vrais parlementaires européens, efficaces, bruyants, dérangeants, innovants, intransigeants, constructifs. Car si ailleurs, on se bat pour ne pas être candidat, dans le camp écolo, ce n’est pas le cas. Bien au contraire. Cette diversité de parcours militants ou engagés a été une des clefs du succès d’Europe Ecologie.
Les meetings ont montré par les interventions des candidats et des soutiens qu’un projet d’une nouvelle société, plus juste, plus durable, plus soutenable, plus humaine était en train de se dessiner. C’st cette part de rêve, d’imagination, voire d’utopie qui a fait que les électeurs ont pris du plaisir, j’en suis sûr, à voter pour EE, car, y compris dans le champ politique, le vert est (re ?) devenu la couleur de l’espoir.
Les militants de l’écologie (Verts, altermondialistes, associatifs, personnalités engagées, etc.) sont dépositaires de cette demande d’espoir d’un monde meilleur, y compris pour les générations futures. Il va falloir adapter la démarche d’EE aux échelons locaux. Adapter et non reproduire, chaque élection ayant un caractère spécifique, chaque échelon local (commune, com-com, région, pays, Europe) suscitant son mode de gestion politique propre (le mode, et aussi, espérons-le, la gestion politique). Enfin, les écolos font de la politique autrement, et même autrement de la politique.
De l’air frais, dans la politique aussi, c’est aussi ce que nous demandent les citoyens. (si, si)


Commentaires
De l'espoir, oui, mais maintenant, que fait-on ? Est-ce qu'on va se contenter de contribuer à verdir tous les partis, surtout au moment des élections ? Donnerons-nous enfin vie à ce rêve qu'on s'est autorisé à croire possible ? Je vieillis et je voudrais bien commencer à apercevoir le début de cet autre monde auquel j'aspire, au moins pour mes enfants , leurs enfants et tous les enfants à naître...Marlène.