Alors qu’une fusion de communes repose sur un exercice fondamentalement démocratique qu’est le referendum (50% des voix plus une), force est de constater que la réunion du 15 avril ne se plaçait pas sur ce terrain. Il suffit de relire l’invitation reçue par chacunE de nous pour constater le décalage entre ce courrier et la réalité que nous avons vécue lors de cette réunion. C’est là une critique partagée par plusieurs groupes des deux communes et qui est loin d’être négligeable ou anecdotique.

En ce qui concerne le timing, je me permettrais de rappeler que nous avons été étonnés de voir ce projet proposé si « brutalement » aux élus. Un projet comme celui-ci aurait mérité qu’un groupe de travail associant les majorités, les minorités et les oppositions puisse dégrossir le chantier avant qu’il ne soit présenté à la population ou à la presse. On se demande bien sûr si ce projet n’aurait pas gagné à être évoqué en « commission intercommunalité » d’où il a été absent pendant un an.

De plus, je partage les critiques quant au fait que ce projet de fusion, sorti des tuyaux un an après les dernières élections municipales, ait été tu pendant cette dernière, tant à Bois-Guillaume qu’à Bihorel, pour « ne pas polluer le débat ». Quelle pollution ? Parler du devenir de deux communes lors d’une campagne municipale pour un projet ô combien structurant aurait été non seulement normal et transparent mais également la preuve qu’un véritable projet politique aurait pu être à l’origine de ce projet de fusion.

En effet, sans vouloir vous offenser Monsieur le Maire, ni votre homologue de Bihorel, j’ai pu constater lors de la réunion du 15 avril dernier, alors que la question « quels sont les objectifs politiques de cette fusion ? » avait été posée, la réponse nous informait que ce serait l’étude qui définirait les objectifs politiques de cette fusion. Etonnant et inquiétant, car n’avons-nous pas été élus pour définir les orientations politiques des projets communaux et non pour entériner des objectifs définis par un cabinet d’études ? De plus, il me semble absurde de lancer une étude qui possède déjà la réponse à la question : « fusion simple » ou « fusion association » ?

Ceci dit, je ne suis pas a priori contre une fusion des deux communes. Je vous propose d'ailleurs, Monsieur le Maire et cherEs collègues, de reprendre ce projet au point de départ pour :

  1. Créer un groupe de travail intergroupes et pourquoi pas intercommunal qui serait chargé de définir les objectifs politiques présidant à cette fusion
  2. Planifier un calendrier clair et précis avec un temps de préparation du projet, un temps pour le débat public, un autre pour l’étude, et bien sûr le moment auquel serait réalisé le referendum
  3. Proposer des rencontres participatives avec les citoyenEs et les acteurs associatifs ou économiques
  4. Permettre à l’étude qui serait commanditée à l’issue de ce processus de se pencher également sur la « fusion association »
  5. De définir les finalités et de structurer les objectifs politiques de cette éventuelle fusion en fonction d’une grille de lecture écologique au sens large, à savoir le souci du développement durable et l’instauration de la démocratie participative dans une éventuelle commune de plus de 20.000 habitants, sous la forme pourquoi pas de conseils de quartiers ou de secteurs.

Dans ce cas, je peux vous assurer que je serais même le premier à voter pour un nouveau processus proposant une nouvelle approche et une nouvelle démarche. Dans le cas contraire, je voterai contre cette délibération.

Enfin, Monsieur le Maire, je résumerai mon intervention avec cette phrase « un autre projet de fusion est possible ».