Remanipulations ministérielles
Par Jean-Luc Chavanieux le mercredi 24 juin 2009, 14:38 - Chroniques Primonde - Lien permanent
La saison Primonde se termine aujourd’hui.
A l’occasion de cette dernière émission avant la rentrée, l’équipe tient à
remercier Nicolas Sarkozy pour nous avoir permis de gloser, disserter,
discuter, blablater, déblatérer sur le remaniement ministériel et tout le reste
ainsi que pour toute la joie et la bonne humeur que le roi, pardon le
président-soleil nous offre en ce début d’été…
C’est donc l’âme en fête et le cœur léger que j’évoquerai ce nouveau casting gouvernemental. Car, sans douter de rien et comme à son habitude, l’omniprésident nous a offert hier soir de quoi décoincer nos zygomatiques malgré toutes les crises dans lesquelles nous sommes plongés jusqu’au cou ouille ouille ouille ! Certes, on peut regretter certains départs comme celui de l’inénarrable Bernard Laporte, ancien porte-parole du jambon Madrange et grand investisseur dans le milieu (si j’ose dire) des casinos, des campings ou des restos. C’est un peu de la proverbiale convivialité du précédent gouvernement qui s’envole et nous laisse comme une mélancolie à l’instar des feuilles mortes qui se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi.
Mais que la populace se rassure. Il y aura bien quelqu’un pour lui succéder aux sports. En pleine forme car son secrétariat aux Droits de l’Homme tout comme sa non candidature aux élections européennes ou ses présences aléatoires au conseil municipal de Colombes ne l’auront certainement pas amenée au bord du surmenage, je veux bien sûr parler de Rama Yade dont on n’avait pas vraiment perçu le goût ou l’intérêt pour le sport jusqu’ici. A l’heure où les meilleurs joueurs de tennis, l’équipe de France de foot, les judokas, les escrimeurs et même le XV de France qui s’ouvre aux joueurs métis ou burkinabè, la nomination de l’éphémère pourfendeuse du Roi des Rois libyen devrait permettre aux chaînes de télé de réaliser de jolis camaïeux ou encore des tons sur tons télégéniques.
Ce transfert devrait néanmoins réjouir Bernard Ockrent, pardon Kouchner, qui se voit enfin débarrassé des Droits de l’Homme, véritable boulet à son action ministérielle en faveur des dictatures ou régimes totalitaires à qui notre pays tente encore et toujours de vendre quelques réacteurs nucléaires. Gageons que ce bon docteur K qui a dû pleurer un de ses meilleurs bailleurs de fonds à l’occasion de l’enterrement du grand Bongo retrouvera rapidement son rythme de croisière à la tête de la diplomatie française sous les bons auspices de sa compagne, accessoirement à la tête, elle, de RFI et de France 24.
On passera vite fait sur la nomination à l’intérieur du Ministère de l’Intérieur du dévoué Brice Hortefeux, précédemment candidat pour de rire (non je n’oserai pas « pour du beur » à propos de celui qui étrenna le ministère de l’immigration et de l’identité nationale réunies), aux élections européennes. Comme ce n’est pas le genre de la maison, nous ne lancerons donc pas de mauvais jeux de mots comme Hortefeux de circulation, le Fillon, pardon le filon calembouresque étant épuisé. On glissera rapidement sur Pierre Lellouche aux affaires européennes pour un si militant atlantiste ne jurant que par l’alignement sur les Etats-Unis.
Car le gros morceau, le « coup » de l’année, c’est bien sûr la nomination de Frédéric M au ministère de la Culture et de la Répression du Téléchargement Illégal en lieu et place de la bientôt regrettée Christine Albanel alias Madame Hadopi. Outre le tour de passe-passe patronymique permettant de faire oublier que l’ancien homme fort de la Villa Médicis et de l’émission « Les amants du siècle » à appelé à voter Chirac puis Sarkozy aux dernières présidentielle (lors des premiers tours), celui qui reste éberlué par le destin des têtes couronnées et des grands de ce monde ne devrait pas bouder son plaisir de se retrouver sous les ordres du Président versaillais actuel.
On laissera donc le mot de la fin à ce grand ami de Ben Ali qui déclara un jour : « La branlette devient un acte sublimatoire à partir du moment où elle entraîne le branleur dans un ouragan érotique qui transforme sa femme de ménage en une Rita Hayworth de choc! Alors, il râle tel un animal ivre de jouissance ».
Alors, râlons, sous les auspices de Sainte Rita !


Commentaires
trop top !