Et bien non, malgré les dénégations de certains commentateurs, politiques ou journalistes, la Françafrique n’est pas morte. Elle bouge encore. Les dernières élections présidentielles dans une ancienne colonie de la France, à savoir la Mauritanie, nous ont montré que le système existe encore. Certes, chaque élection présidentielle dans les anciennes AOF et AEF nous a habitué depuis les « indépendances » au tripatouillage des bulletins de vote, voire, grâce aux transferts de technologie (informatique et logicielle notamment), au manipulation des résultats (ça tache moins).

L’élection du 18 juillet dernier qui a porté à la présidence, surprise !, le Général, ou plutôt l’ex-général, Mohamed Ould Abdel Aziz, a été unanimement dénoncée par les autres candidats. Le « trop beau » score de M. Abdel Aziz soit 52,6 % des suffrages est-il réel ? Difficile de se prononcer, car la relative discrétion du score (on était habitué en Françafrique dans les années 70 et 80 à des scores de plus de 85 %, puis dans les nineties à des scores entre 60 et 75 %, mais la déflation est aussi passée par là…) en fait un résultat plausible.

Néanmoins, celui qui était soutenu par Paris a trouvé en la personne d’Alain Joyandet, secrétaire d’état français à la coopération, un soutien de poids à l’issue de cet élection et de son « heureux » résultat. Il a ainsi déclaré : « Avec cette élection, la Mauritanie est non seulement redevenue respectable, mais elle est aussi redevenue pour la France un partenaire essentiel dans la région. (… ) Le président Aziz est particulièrement sensible à la question de la sécurité et à la lutte contre la menace terroriste ».

Malheureusement, l’attentat est venu démentir cette assertion. Car s’il a eu lieu près de l’ambassade de France, il a eu pour effet de remplacer dans les medias français les accusations de fraudes qui commençaient à y être relayées. Dommage collatéral ?

Ce qui est sûr, c’est que les critiques comme celle de Survie n’ont pas résisté longtemps à l’actualité immédiate et, sinon sensationnelle, du moins émotionnelle. Rappelons que Survie a dénoncé la collusion entre le gouvernement français et le camp de l’ex-général.

Les réseaux d’un autre temps sont certainement en train d’évoluer, mais ce qui est sûr, c’est que certaines pratiques ont la vie dure…

Pour en savoir plus :

- Site de l'UFP
- Site du CRIDEM