Prenons le fameux argument comme quoi « accueillir la misère du Monde » coûterait du sonnant et trébuchant pognon aux pays d’accueil, donc riches pour aller vite. Faux. L’immigration profite au pays d’accueil comme au pays de départ…

Voilà donc un exemple de contrepied au traitement médiatique et politique de l’immigration. Pour aborder le problème sous au autre angle, le PNUD a lié dans son étude immigration et indice de développement humain (IDH). Il ressort de ce rapport que certaines idées fausses pourtant dominantes feraient bien de migrer ailleurs que dans les médias ou la bouche de certains politiques.

Car les pays à fort IDH sont aussi les pays ou l’immigration est la plus forte. Là où l’indice atteint 0,8 (sur une échelle de 0 à 1), donc les pays les plus riches, le taux d’émigration est en moyenne de 9%. En Afrique, ou l’IDH n’atteint pas 0,8 point, le taux d’émigration est de 3% de la population. De quoi battre en brèche la fameuse assertion comme quoi, ce sont d’abord les pauvres qui vont voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Attention, pays très riches, des hordes venues des pays riches vont bientôt vous assiéger, Monaco encerclée par les ressortissants du zéro-six…

En outre les migrants africains migrent pour leur majorité vers un autre pays du continent (13,8 millions, chiffres 2007) qu’en Occident (11,6 millions). Les métropoles africaines sont bien plus diverses qu’on ne peut le croire. Elles sont des carrefours à l’échelle du continent et même du Monde, tout comme leurs homologues occidentales.

Ajoutons à cela que les migrations sont un facteur de développement des pays d’origine. Financier, matériel, comme on peut le voir très souvent lorsque le co-développement est assuré en partie par les associations de migrants (comme par exemple à Dembancane au Sénégal) mais aussi sur le plan des idées. Démocratie, place et droits des femmes dans la société, protection de l’environnement, santé, les idées circulent, les pratiques se mettent en place dans la société civile, notamment lorsque les migrants peuvent retourner temporairement dans leur pays d’origine.

C’est là un bénéfice rarement pris en compte dans le traitement politique et médiatique des migrations.

Même si ce n’est pas nouveau pour tout le monde, ça fait du bien d’entendre ou de lire sur les bienfaits de l’immigration (ou de l’émigration, c’est selon). Ce phénomène est lié au développement de l’espèce humaine qui a essaimé sur tout le globe (ou presque, l’Antarctique, brrr) depuis son origine. La limite est géographique mais aussi écologique. Pour enfoncer des portes ouvertes, on peut affirmer que la zone saharienne se vidait de sa population au fur et à mesure de l’avancée du désert, l’œuf ou la poule ?

Le rôle des migrants dans le développement est essentiel. Leur apport, tant à leur pays d’origine qu’à celui d’accueil, est une richesse qui se double des passerelles permettant une véritable co-opération (c’est moi qui souligne le préfixe…) et un réel co-développement.

Enfin, la démographie dans les pays riches (les baby et papy boums) va rendre nécessaire l’arrivée d’une force de travail… venue d’ailleurs, mais de la même planète. On remarque déjà dans des pays comme la France, l’importance numérique (mais pas seulement) des employés originaires d’autres continent dans les services liés aux personnes, notamment dans le champ sanitaire et gériatrique. Symboliquement, le vieillissement de la population des pays riches nécessite un apport de sang neuf.

Alors, ouvrons les barrières et levons les frontières…