Hortefeux et couvre-feu : une rime riche ?
Par Jean-Luc Chavanieux le jeudi 5 novembre 2009, 13:25 - Niouzes - Lien permanent
Bon,
bien. Le nouveau Ministre de l’Intérieur a lancé l’idée d’un couvre-feu
concernant les mineurs délinquants de moins de 13 ans. Encore une idée en l’air
?
Nous sommes relativement habitués aux tirs de ballons d’essais de l’UMP (le travail du dimanche, les salariés en arrêt maladie à leur poste de travail…). Prêcher le pire pour avoir le moindre.
Mais entre l’ouverture d’un « débat » sur « « l’identité nationale », le lynchage organisé de la plus emblématique des ministres issus (ou issues ?) des « minorités visibles » comme on dit, le ralliement de de Villiers, conjugués à la proximité d’une élection, tout çà sent bon (si j’ose dire) l’appel du pied aux électeurs de la droite extrême et de l’extrême droite.
Au moment ou le bilan de milieu de quinquennat rime, lui, avec profil bas, après les regrets sur la candidature d’un des héritiers, les couacs aussi divers que variés et la liste des mots à caser par les ministres dans les interviews, ça va commencer à se voir qu’il y a (au moins) un début de malaise.
La proposition (à moins que ce ne fut une blague douteuse de plus) du bras droit du Président est-elle à prendre au sérieux malgré les propos de policiers, magistrats, éducateurs ou politiques quant à l’inapplicabilité de la mesure ? Il semble que non. Il s’agit plutôt de la continuation dans la continuité d’une recette qui a déjà fait ses preuves : capter l’électorat le plus à droite dans un contexte ou les électeurs de droite et certains élus commencent à douter sérieusement de l’efficacité à moyen et long terme de l’action de l’omniprésident. Villepin, bien sûr, mais aussi Raffarin et la taxe professionnelle, Méhaignerie (sans oublier la secrétaire d’état aux sports)… les voix discordantes commencent à se faire sentir dans le cercle uhèmmepistes.
Alors, le très zélé « auvergnat » essaie-t-il de resserrer les boulons de l’unité du camp présidentiel en utilisant un vocabulaire de guerre contre… des mineurs de moins de 13 ans. En quelque sorte, le retour de l’ennemi intérieur. Il faut bien pallier aux manques éducatifs qui commencent à se faire cruellement sentir dans l’Education Nationale malgré les établissements estampillés « ambition réussite ».
Bref, avec cette sortie inopinée, Monsieur Brice cherche-t-il, lui le poulet en chef, à ameuter la basse-cour ou a-t-il finalement du plomb dans l’aile ?

