CAN 2010 : l’aigle ne chasse jamais la mouche
Par Jean-Luc Chavanieux le mercredi 13 janvier 2010, 10:07 - Niouzes - Lien permanent
Non, ce n’est pas un proverbe africain,
mais un morceau du groupe psyche-punk américain des sixties, Music Machine.
Retour sur les noms des sélections africaines…
Les écureuils sauvent leurs noisettes et les Pharaons rois du terrain
Dans un stade presque plein, l’équipe du Mozambique, ou plutôt les Mambas, ont failli bouffer les noisettes des Ecureuils béninois. Solidarité lusophone ou distribution gratuite de billets,ou les deux ? Toujours est-il que de voir un stade presque plein sans la participation du pays organisateur a tranché (sans rapport avec le drapeau angolais) avec les autres matches.
On remarquera également qu’outre le colonisateur et l’histoire qui leur sont communs (colonisation par le Portugal, indépendance en 1975, etc…) Angola et Mozambique portent les mêmes couleurs et possèdent chacun un drapeau sur lequel figure une arme : machette pour les Palancas Negras et Kalachnikov pour les Mambas. En effet, l’accession à l’indépendance de l’Angola et du Mozambique n’a été ni une partie de plaisir ni même un pique-nique…
Le MPLA d’Agostinho Neto et le Frelimo de Samora Machel ont du se battre puis résister (contre l’Afrique du Sud notamment, mais ce n’était alors pas les Bafana Bafana…) pour permettre à leurs mouvement d’installer le pouvoir gagné par la lutte. On notera également que les deux pères de l’indépendance n’ont pas eu beaucoup de temps pour diriger leur pays, Neto mourant en 1979 et Machel en 1986, le premier de longue maladie, le second dans un accident d’avion, euphémisme pour un attentat presque certain.
On connaît maintenant en France certaines pratiques du gouvernement Angolais et de ses amis hexagonaux (l’Angolagate), aura-t-on un « Mozambiquegate » ? Rien n’est moins sûr, le terme étant plus difficile à écrire et à prononcer, moins « pressegénique » et le Mozambique produisant beaucoup moins de pétrole, d’or ou de diamants que l’Angola…
On peut être un Aigle et même un Super Aigle mais devoir se plier face à la toute puissance des Pharaons. Le Nigeria (qui joue en vert…) s’est fait exploser par une équipe d’Egypte plus réaliste et efficace. De quoi asseoir une prétendue supériorité humaine sur les animaux, le roi des pyramides plus fort que celui des airs…
Un inventaire sur pré vert…
Ce qui nous amène donc aux noms des sélections africaines. Selon la terminologie en vigueur, chaque sélection porte donc un nom, souvent d’animal, mais pas exclusivement.
On ne compte plus les Lions (de l’Atlas, de la Teranga, les Simbas de RDC, les Indomptables) les Aigles (les « super » Nigérians, de Carthage, du Mali). On trouvera également d’autres noms d’oiseaux, des Faucons du Soudan aux Eperviers togolais; d’autres félins, comme les Panthères du Bongoland.
L’Afrique vit également sous une pluie d’étoiles (Stars en VO), les Black Stars du Ghana en sont les plus connues, mais on trouve également les Harambee Stars (Kenya, Harambee pouvant être traduit par « tous ensemble »), celles du Kilimandjaro de leurs voisins tanzaniens, l’étoile solitaire (Lone Star du Liberia, serait-ce George Weah ?), celles de l’océan (les Ocean Stars somalis) ou encore les Leone Stars qui ne sortent pas d’un western italien, mais bien de Sierra Leone.
Le continent compte également un certains nombre de guerriers (les Warriors de Namibie, moins braves certes que les Brave Warriors du Zimbabwe), ce qui se comprend vu le chemin semé d’embûches que les deux pays ont suivi sur la route de l’indépendance et de garçons : les Bafana Bafana, les Red Sea Boys Erythréens qui font ressentir au voisin éthiopien son enclavement, ou encore les jeunes, les Young Red Sea djiboutiens.
Plus isolés sont des animaux comme les Eléphants de Côte d’Ivoire (bousculés par les Etalons burkinabés), les Fennecs algériens (cramés récemment par les Flames du Malawi), les Scorpions gambiens, les Zèbres du Botswana, les grues couronnées d’Ouganda, les Walyas éthiopiens (sorte de bouquetins autochtones).
Quant au Burundi et au Rwanda, leur emblème est à la mesure de la taille des deux pays puisqu’on y trouve respectivement des Hirondelles et des Guêpes… Plus classiques sont les Diable Rouges du Congo B ou… Les Verts de Lybie.
Enfin la palme de l’originalité est décerné au Chipolopolo zambiens dont le nom n’est pas un appel au débouchage d’un constipé dur d’oreille nommé Paulo, mais signifie « balles de cuivre »…
Pour terminer, en prime, une vidéo du morceau "The Eagle Never Hunts The Fly" de Music Machine. (A noter, le présentateur est un véritable sosie d'Amajinedad !)
A suivre...
The Eagle Never Hunts The Fly

