Ce premier coup de gueule, voire coup de boule, va donc inaugurer une série dans laquelle la mauvaise foi et les pires jeux de mots ne seront pas absents. Ce sera également une série inépuisable car ces chroniques, basée sur la connerie (avec un C majuscule) trouvera sa matière que certains ont dû qualifier de « fécale » dans une actualité qui n’en manque pas.

Mais cette chronique (non, je n’ajouterai pas « ta mère ») sans être un joyau, possède un écrin, l’émission Primonde, une des plus anciennes émissions de HDR, voire la plus ancienne. Cette émission, engagée, voulant offrir un regard différent sur l’Afrique, du nord au sud, de l’est à l’ouest, s’est élargie aux Antilles, Guyane et Mascareignes.

Alors que le débat cornaqué par le sieur Besson à propos d’une soi-disant « identité nationale » patine autant que les engins de déneigement sur les routes blanches de France, Primonde a toujours voulu et su se doter d’une « identité internationale ». De Salima à Bernadette, de Kamu à Aziz, de Fred à Huguette, de Chérif à Thierry, de Moïse à Zeb, d’Albert à Mendy, et j’en oublie certainement, les animateurs et chroniqueurs / chroniqueuses de Primonde ont montré que le fameux « vivre ensemble » à géométrie variable, notamment à l’approche d’élections, pouvait être une réalité, celle que vit d’ailleurs la Radio HDR depuis ses débuts.

Les sujets abordés, les invités, les reportages eux aussi ont reflété la complexité et la diversité de la petite planète sur laquelle on vit ou on tente de vivre, voire de survivre. Les responsables politiques en exil, les associatifs anonymes, les artistes locaux ou internationaux, les citoyens s’inquiétant pour leur pays d’origine, ont participé à cette bande son planétaire, quoique francophone. Je les remercie tous pour la richesse non monétaire qu’ils m’ont apporté au cours de ces très longues heures de préparation de l’émission et de ces trop courtes heures de direct.

Il m’est impossible de ne pas avoir une pensée spéciale pour certains de nos invités qui ont par leur participation unique ou régulière, donné une certaine dimension à Primonde. Je citerai donc, en vrac, Didier Awadi, Toumani Diabaté, le Ministère des Affaires Populaires, Ahmed Mergoub, Camille Jouhair, Odile Biyidi Awala, Babacar Diop ou encore Tiken Jah Fakoly.

Enfin, ce billet n’est pas un adieu à l’émission Primonde, mais un au revoir, une parenthèse ouverte qui se refermera, dans quelques semaines, dans quelques mois ou quelques années, une parenthèse qui j’espère, sera émaillée de participations en pointillés. D’autres engagements m’appellent (à neige, à tarte, comme vous voulez) et feront peut-être que nous nous croiserons régulièrement. Je suis tranquille, car les racines de l’amitié enracinées dans le terrau fertile d’HDR ne pourront mourir.

Le mot de la fin à Wangari Maathai, qui a dit un jour à propos du travail de son Green Belt Movement : « Lorsque nous plantons des arbres, nous plantons des graines pour la paix et des graines d’espérance ».

(Photo : avec Tiken Jah Fakoly et Aziz Deme, conseiller municipal délégué à la coopération décentralisé et au commerce équitable à Rouen)