CAN 2010 : finale Nasser – Nkrumah
Par Jean-Luc Chavanieux le jeudi 28 janvier 2010, 23:11 - Niouzes - Lien permanent
La CAN touche à sa fin. Le nom
des finalistes est connu. Celui des losers aussi. Pour cette édition, les deux
derniers prétendants au titre sont le pays de Nasser et celui de
Nkrumah…
Fennecs et Super Eagles out
Fela Anikulapo Kuti chantait « viva Nigeria ». Les supporters des Fennecs « viva l’Algérie ». Cela n’a pas suffit pour insuffler aux deux équipes dont le nom anglais se termine par « geria » le souffle nécessaire à la victoire. Loin de la gériatrie, Fennecs et Eagles (déjà un peu moins super) sont des équipes en construction, jeunes et en devenir (ce qui n’est pas un pléonasme, vu qu’il existe des jeunes déjà vieux, ceci n’étant pas un oxymore)
Espérons pour ces deux équipes de tirer de leur échec, notamment pour l’Algérie, les enseignements qui leur permettront d’être plus fortes à la coupe du monde chez Nelson Mandela.
La défaite des Fennecs doit avoir pour eux un goût amer. L’enchaînement des événements et des décisions arbitrales peut donner le sentiment qu’ils ont été victime d’une triple peine en moins d'une minute avec ce pénalty qui voit également l’expulsion sans charter d’un joueur, le but encaissé sur un tir aussi litigieux que le péno, et le début du lâchage des nerfs du gardien algérien Chaouchi qui allait lui valoir un carton rouge en fin de partie.
N’oublions pas chers amis d’Alger, de Blida, d’Oran, de Béjaia ou d’ailleurs que le mot algérien est une anagramme de galérien, ce qui a été particulièrement vrai ce soir…
Panarabisme et panafricanisme sont sur un terrain…
Délaissons le foot quelque peu pour se pencher sur une des curiosités historiques à l’évocation de cette finale Ghana - Egypte. Si les deux pays sont des vainqueurs passés et au moins un des deux un vainqueur futur (ne me hasardé-je pas à pronostiquer), quelques parallèles tirés de l’Histoire sont assez amusants pour qui ne s’intéresse pas qu’aux crampons.
Comme l’indique le titre de ce billet, les années 50 et 60 on vu tour à tour l’apogée et la chute des deux grands leaders qu’étaient Kwame Nkrumah et Gamal Abdel Nasser. Leur rayonnement a dépassé les frontières de leur patrie et le si le premier a été le chantre du panafricanisme, le second a été celui du panarabisme. Ce « leadership » géopolitique respectif a forgé à la fois une identité nationale et internationale, voire internationaliste, fortes toutes les deux. Cette identité a transpiré dans la culture et aussi le sport dont le foot.
Ce qui nous explique peut-être pourquoi, alors que le temps des indépendances commençait, et par là même celui du football africain, les équipes nationales ont été un vecteur de la promotion politique du pays et se sont forgées une identité de jeu et de combativité leur permettant aujourd’hui comme en bien d’autres occasions passées de faire partie du top 4 et même du top 2 du foot africain.
En espérant que cet ingrédient un peu éloigné du football en tant que sport nous promette une belle finale dimanche entre les descendants des Pharaons du Rais et des Black Stars du… Black Star (surnom de Nkrumah)…
A suivre...

