CAN 2010 : les Pharaons sacrés rois
Par Jean-Luc Chavanieux le dimanche 31 janvier 2010, 22:01 - Niouzes - Lien permanent
L’Egypte a été sacrée reine du
continent, pour la 3ème fois consécutive. Un exploit historique, certes, mais
un rapport à l’arbitrage souvent générateur de doutes chez le
spectateur…
Pressions amicales
Donc les Pharaons ont créé un double exploit, celui de gagner une 6ème CAN (une 3ème consécutive) et de battre une équipe du Ghana volontaire, faisant le jeu mais peu réaliste sur ses occases de but. Si au vu de l’ensemble de la CAN les Pharaons méritent la victoire, c’est moins certain sur ce dernier match. Mais ce n’est pas une compétition sur un match.
Les Pharaons sont bien les plus forts. Ils ont un jeu collectif avec une vraie identité de jeu, ne sont pas une équipe faisant appel à coup de dollars (souvent pétro) à un « grand sorcier blanc », leurs joueurs évoluent quasiment tous dans leur championnat national, et tant « sur le plan taque-tique que tèque-nique », il faut bien admettre qu’ils jouent bien.
Mais souvent leur match est gâté. Même lorsque la victoire est certaine, on sent bien que les Pharaons enclenchent un double jeu faisant la part belle au cassage du rythme du match en surjouant la douleur du supposé coup reçu. Mais tout ceci commence dès le début du match. On les surprend souvent à encercler l’arbitre pour réclamer cartons et coups francs. Certains joueurs adverses tombent dans le piège tout comme les arbitres.
Dommage car le niveau de jeu des Egyptiens devraient pouvoir leur permettre de jouer et de gagner sans avoir à dénaturer le jeu, leur propre jeu. Enfin, certains commentateurs appellent cela l’expérience…
Une CAF bien fatiguée
Un dont l’expérience est certaine, c’est le président de la Confédération Africaine de Football, Issa Hayatou ainsi que tout son staff. Le mitraillage du bus des Eperviers aura finalement pour résultat de les priver de 3 CAN consécutives. Inutile donc de penser les voir réitérer les 3 CAN consécutivement victorieuse de l’Egypte avant 2020, deux CAN en tant que spectateurs, trois phases de qualif’ et autant de CAN, mission impossible donc. Mais de tout cela, le Togo se moque. Pouvoir participer à la prochaine CAN serait déjà une victoire.
En attendant, la sentence privant le Togo de deux participations (en plus de cette édition 2010) paraît quand même relever de la double peine. Il n’est pas interdit de ressentir une certaine injustice. Néanmoins, le jugement de la CAF n’est pas si stupide ni portnawak. En effet, parmi les arguments de la Conf’, l’immixtion du politique (en l’occurrence, le gouvernement togolais) et son utilisation des événements pour des raisons intérieures, est belle et bien réelle.
Car comme chacun sait, Hayatou n’a pas subi dans sa longue carrière de pressions politiques auxquelles il aurait cédé. Il est d’ailleurs tout à fait normal de voir les effigies de Dos Santos tapisser les murs des stades angolais ou de le voir coloniser le site web de la compétition. Il est également normal que la prochaine CAN soit prévue dans ces deux paradis démocratiques et pétrolifères que sont le Bongoland (le Gabon en version officielle) et la Guinée équatoriale. Il est également normal qu’un état aussi démocratique et pétrolifère que les deux précédents soit le remplaçant prévu en cas de problème, à savoir le Nigeria. On parle même de la CAN suivante en Lybie… Est-ce qu’il faudra dorénavant être producteur de pétrole pour organiser la CAN dans des stades flambant neuf construits par les entreprises chinoises en échange de la précieuse huile de roche ?
Enfin, sur le plan plus, comment dire, sportif, la qualification de la Zambie et du Cameroun aux dépends du Bongoland (décidément…) si elle est juste sur le plan de la règle a tout de même donné lieu à des couacs communicationnels qui ont un peu plus entaché cette CAN.
Malgré tout
Malgré tout ce qui précède, la CAN est une compétition donnant lieu à de superbes actions, beaucoup de buts, des matches palpitants, etc. C’est un moment qui permet aux amateurs de foot africain de se retrouver. C’est un événement encore plus considérable en Afrique que l’Euro en Europe.
Cette année, pour la première fois de son existence, la CAN précède une Coupe du Monde qui aura lieu en Afrique et pour laquelle cinq équipes et le pays hôte sont qualifiées. La victoire des Pharaons qui n’iront pas chez Mandela montre que les mondialistes ne sont pas prêts pour semer la terreur dans les rangs du gratin mondial, l’Afrique du Sud encore moins.
Les Eléphants et les Lions Domptables ont intérêt à refroidir leur tête et leurs chevilles pour les dégonfler, les Fennecs ont à apprendre à se canaliser, les Super Eagles devraient essayer de rejouer au foot. Quant au Ghana, il atteint la finale, ce qui ne lui était pas donné d’avance avec ses stars absentes ou sa faible moyenne d’âge. C’est donc armés d’une certaine énergie supplémentaire (et le retour d’Essien, d’Appiah et Muntari) que les Black Stars peuvent envisager de sortir d’un groupe à leur portée.
La CAN 2010 est terminée. On attend déjà la CAN 2012.
Merci d’avoir suivi ces billets.

