Bien qu’ils jouent en jaune (en ce jour de grève, c’est presque de la provocation…), les joueurs de l’USQ ont fait revivre dans un stade Robert-Diochon plein comme un œuf le même esprit qui avait soufflé pendant leur campagne de 1968 les menant en demi-finale. Leurs descendants rééditent l’exploit amenant un club amateur dans le dernier carré de la compétition.

Daniel Horlaville, joueur de l’USQ d’alors avait même été sélectionné en Equipe de France (oui, les Bleus) aux côtés de pros. Seul joueur dans ce cas depuis la seconde guerre mondiale, il avait appris sa convocation sur un chantier, au boulot. En 1968, tout un symbole.

Des amateurs en demi-finale, c’est un peu comme des écolos au Sénat ou à l’Assemblée Nationale, incongru, inattendu, détonnant et détonant. C’est une bouffée de fraîcheur dans un monde de techniciens et de financiers. Bref, c’est bon à prendre. L'air de 68 était meilleur, quand on y pense.

Le petit et grand Quevilly

Non, l’USQ n’est pas le club de la ville d’un ancien Premier Ministre, Président de la CREA. C’est à l’ombre des murs de l’entreprise de travaux publics Lozai (le stade de l’USQ porte son nom) qu’a grandi le club. Alors que Sarkozy efface la taxe carbone, les Petits-Quevillais eux continuent à la payer tous les jours avec leurs poumons.

La ville qui fut longtemps dirigée par le PCF n’est pas la plus riche de l’agglo. C’est une ville assez antinomique avec Bois-Guillaume. Sociologie, environnement, logements sociaux, votes, etc. sont très différents. Mais l’esprit de Bois-Guillaume (et du FUSCB) a lui aussi soufflé ce soir. Plusieurs des héros du match (Rhoufir, Colinet) sont passés par Bois-Guillaume et ont engrangé de l’expérience en Coupe de France, pour celles et ceux qui se souviennent de l’épopée du FUSCB qui les mena jusqu’en 16èmes de finale face à Vannes.

Donc, par chauvinisme local, je peux dire qu’un peu de Bois-Guillaume était sur la pelouse du club de Rouen, le FCR, alors qu’il est situé à… Petit-Quevilly. Bref, une histoire locale qui nous apporte des héros bien plus populaires que les athlètes du Stade Sottevillais, des basketteurs ou hockeyeurs rouennais. Dans les deux sens du terme ? Une belle histoire en temps de crise.

Il faudra vraiment être derrière ce club jusqu’au bout pour que le club incarnant à la fois le Petit Poucet, Robin des Bois, Lucky Luke, l’Abbé Pierre et Maradona puisse soulever la coupe au nez et à la barbe des pros du système.

USQ vaincra !