Le 21 avril 2002
Par Jean-Luc Chavanieux le mercredi 21 avril 2010, 13:38 - Niouzes - Lien permanent
Il n’aura échappé à personne que nous
sommes aujourd’hui le 21 avril… Il y a huit ans, une drôle de configuration
électorale allait nous faire vivre un second tour de l’élection présidentielle
assez particulier…
C’était cinq ans avant l’avènement de Nicolas 1er. En ce temps-là, la France qui venait, du moins sur le plan du calendrier, de basculer dans le XXIème siècle nous offrait un second tour assez inédit dans l’histoire de la Cinquième République. Souvenez-vous… L’escroc ou le facho ? Lionel qui décidait de se retire de la vie politique. Des manifs dans les rues pour contrer le danger du second tour, deux millions de personnes dans les rues le premier mai. Des valises qui ne semblaient qu’attendre d’être bouclées pour aller se réfugier, qui en Belgique, qui au Québec. Un climat assez particulier.
Car le cauchemar de 20 heures n’en était pas un, seulement une réalité électorale brute, voire brutale à laquelle celui qui avait jugé Chirac « vieilli, usé, fatigué » en off dans un avion avait à faire face. Lionel Jospin se retrouvait sorti du loft électoral. Certes la bande vidéo remontant au 14 juillet 2001 montrait un Chirac qui décrétait alors que l’élection allait se faire sur le thème, vieilli mais pas forcément usé de « l’insécurité ».
Jospin éliminé, un vrai boulevard s’ouvrait pour M. Jacques C., président corrézien. Un vrai score de dictateur de la Françafrique recueillant un score inédit lors d’un second tour supérieur à 80%. Pour autant, le raz-de-marée n’était pas une adhésion au RPR devenu depuis l’UMP telle une vulgaire « Générale des Eaux » se métamorphosant en Vivendi.
Alors qu'il faudrait commémorer plutôt que célébrer ce triste anniversaire, le successeur de Jacques Chirac se met à ressortir le thème (ô combien porteur) de l’insécurité. Pourtant à bien faire les comptes, celui qui promeut la liquidation des bandes (de trafiquants, ethniques, de jeunes des cités, de mai 68 et de son « laxisme » inhérent) a assuré de près ou de loin la politique des gouvernements successifs. C’est donc son propre constat d’échec en la matière qu’il met en scène. Depuis la présidentielle de 2007, la majorité présidentielle a subit quelques difficultés électorales.
La dernière en date, la claque des élections régionales, a donc forcé le Président à enfourcher à nouveau son cheval de bataille sécuritaire pour récupérer « l’électorat perdu » parti chez les Le Pen. Pourtant, les essais non transformés devraient mettre la puce à l’oreille à une majorité qui a pourtant bien testé quelques mots-clefs, pardon « éléments de langage » comme burqa, minarets, hallal, identité nationale ou autres pendant la campagne pour enfler le score du FN proportionnellement à la dégonfle du vote UMP.
Toujours est-il que la boîte de Pandore est en train d’être rouverte par les mêmes apprentis sorciers. Le racisme se porte toujours aussi bien, les expulsions par Besson Airlines qui ont été freinées par le nuage de cendres islandais continuent, les ministres de la diversité se font clouer au pilori, bref, tout va très bien dans le meilleur des mondes.
Comme le dit le proverbe pyromane, « c’est à force de jouer avec des allumettes qu’on finit par mettre le feu ! »


Commentaires
Tu sais c'est marrant parce que depuis ce matin, je me posais cette question : 21 avril, c'est l'anniversaire de qui ? J'aurais du me demander : c'est l'anniversaire de quoi ? Merci de m'avoir rafraîchi la mémoire