Et je me sens bien isolé en ce moment car il est plus facile de trouver autour de soi quelqu’un prêt à chier dans les bottes de Raymond qu’à lui lécher les mêmes pompes, surtout avec tout ce que ses bottes reçoivent. Vous l’aurez remarqué, il est depuis déjà bien longtemps (trop pensent certains) de bon ton de baver sur le coach des Bleus. Au boulot, dans la rue, dans la presse, à la télé, à la radio, par sms ou sur le net, partout vous tomberez à coup sûr sur un anti-Raymond. Et ceci dans le meilleur des cas. Car les raymonophages attaquent le plus souvent en groupe. L’exemple est visible sur l’ancien petit écran (qu’on appelle grand écran plat de nos jours) où dans quelques émissions bien senties et bien puantes, la haine de l’ancien garçon boucher des défenses dans les seventies déferle telle une marée noire sur les côtes de Louisiane.

Si vous écoutez leur discours, on constate que la haine de l’un se nourrit des propos des autres et inversement. Là, la rime est pauvre, on y fait rimer « Raymond » avec « con » plutôt qu’avec « phlegmon » et « Domenech » avec « pauvre mec » alors qu’une rime riche commanderait un « redneck » de meilleur aloi. Quant à l’argumentation de ces tristes sires, elle se résume à des attaques personnelles ponctuées de pseudo alibis pseudo sportifs de pseudo analystes mais de vrais jaloux. En effet, constatant sa longévité à un poste pour lequel il y aurait 60 millions de prétendants s’il y avait 60 millions d’amateurs de foot, ces envieux ont remarqué que s’ils partageaient des handicaps avec Ray, comme un passé en demi-teinte, une réputation sulfureuse galvaudée, un goût pour la controverse, un vocabulaire bien tranché ou encore le goût de la loose dans les gênes ADN, le commentateur hostile ne peut se prévaloir du poste supposé prestigieux occupé par Coach Ray.

Dans le style « la vie est une tartine de merde Raymond vient d’en avaler une sévère. L’affaire dite « des chanzés » si l’on a un peu de classe ou la version de l’affaire dite « de la pute » si on en a moins est une épreuve que tout sélectionneur aimerait éviter sur le chemin d’une coupe du monde. Prostiputes et footballeurs ou footiputes et prostballeurs ne font pas bon ménage pour gérer l’image et la communication d’une entreprise sportive qui n’en est pas moins une entreprise commerciale. Coach Ray ne méritait pas çà. Le corps du délit rentrant dans la danse en adjurant le coach de respecter la présomption d’innocence selon ces termes : « Je vous demande de respecter ce que les juges, les avocats, appellent la "présomption d'innocence" et de ne tenir aucun compte, à l'heure de votre choix, de ce qui a pu se passer entre certains de nos joueurs et moi. » Ces propos ont dû apporter un grand moment de sérénité pour Zen Ray lors de l’élaboration de la liste des 30 vingt-trois élus. Enfin les attaques « langue de pute » confiée à une professionnelle, le luxe après la luxure présumée de ses joueurs. Toujours est-il que deux rescapés sur trois figurent sur la liste. Exit Benzema, welcome Ribéry et Govou !

Il est classique maintenant, et l’intéressé a lui-même intégré cette donnée dans ses mea culpa, de « chambrer le coach » (de se moquer du sélectionneur pour celles et ceux qui ne parlent pas foot) sur sa mauvaise communication médiatique (osé-je pléonasmer). Là, pour une fois, mon Raymond est inattaquable : en effet les deux retenus semblent plus cohérents pour résister à la pression prostiputienne en Afrique du Sud, oui, oui, celle de Jacob Zuma. De plus, la réputation de fêtards des deux individus sus-nommés et leur image de joyeux lurons patentés semble beaucoup plus télégénique que la moue presque pré pubère du cireur de banc du Real.

Raymond Domenech traverse donc les obstacles beaucoup mieux que les avions à travers les cendres volcaniques d’origine islandaise. On laissera donc le mot de la fin à notre bon Raymond qui pensait peut-être déjà à Karim en déclarant : « Il vaut mieux des vieux qui courent que des jeunes qui dorment ».

Et des jeunes qui courent avec des vieux qui dorment ?