Comme tous les quatre ans, le buzz de la Coupe du Monde de la FIFA (registered trade mark) prépare l’événement. Pour ceux qui aiment le foot et l’Afrique, c’est le moment où jamais. Les regards se tournent vers le pays de Zuma et de Zakumi, la Nation Arc-en-ciel, bref, le pays de Mandela. Inutile de le nier, c’est donc une première pour l’Afrique du Sud vingt ans après la libération de celui qui fut à l’échelle mondiale une incarnation de la Résistance et de la Sagesse.

Mais laissons cela au rayon du folklore. Car nul ne doute que ce sera encore la Coupe du Monde du Fric. Les sponsors de la compétition vont nous vendre à grands renforts de pubs leurs produits dont la consommation effrénée voire frénétique va encore creuser un peu plus les fossés, non pas entre les supporters de l’OM et du PSG, ni même entre les hooligans des virages du Parc, mais entre ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien, pognon, droits, pouvoirs, œil des caméras et oreille de la Bourse, entre sourds et aveugles, entre manchots et culs-de-jatte, bref entre possédants et possédés.

On va également nous rebattre les oreilles avec les reportages, envoyés spéciaux, célébrités, live from South Africa, vantant le pays des springboks, cette belle nation, qui, quand même, hein, la criminalité, ma pauvre dame, le sida, mon bon monsieur. La faune, la flore, les paysages, les couleurs, tout ce qui est télégénique, bien plus que les mines où soufrent les mineurs, que les bizness des pierres, de l’or, des armes ou des vuvuzelas. Ah non, çà, les vuvuzelas, vous allez les entendre et en entendre parler. Leur bruit risque de brouiller l’écoute et la communication d’un coach en mal d’amour avec le peuple de France. Là aussi, on va nous servir du « A fond sur le Raymond » qui devrait faire parler sur les comptoirs avant, pendant et après les matches des Bleus, qui, me le faisait remarquer récemment un champion du monde rouennais de boxe pro, n’est plus black, blanc, beur, mais black, blanc tout court. C’est une nouveauté. Bye bye Nasri, Ben Arfa et Benzéma, surnommé Karim le Maudit par le staff de l’équipe de France. Je n’irais pas jusqu’à ajouter que l’effet Mademoiselle Zahia a atteint Saint-Raymond, mais le vent du Maghreb n’est plus en odeur de sainteté (et pas de Saint-Etienne) dans l’éther de Tignes. L’avenir nous dira si Raymond, en pédalant dans la semoule n’a pas fait une boulette.

Un autre feuilleton auquel on risque de ne pouvoir échapper sera celui où le héros récurent sera… le mollet de William Gallas. Je ne sais si on lira un jour une lettre de Guy Mollet (eh oui j’ai osé !) dans les vestiaires des Bleus, mais les communiqués de presse ou les dépêches d’agence qui auront pour sujet ledit mollet vont très certainement fleurir à un point auquel le mollet de William deviendra un véritable personnage principal de série. Les titres des épisodes seront évocateurs : « Le Mollet fait grise mine », « Le retour du Mollet », « La clef à Mollet », « Le Mollet craque en finale », « Le bras d’honneur du Mollet », etc… Le Mollet deviendra alors plus célèbre que son propriétaire à l’instar d’un tableau de maître.

Il est vrai qu’il vaut mieux subir si j’ose dire le mollet de William que les intestins de Lassana. Je ne céderai pas à la tentation à propos de laquelle vos sourires légèrement moqueurs ne manquent pas de se révéler également accusateurs, celui d’ajouter diarrhée à Lassana comme n’ont certainement pas manqué de faire quelques pseudo humoristes vaguement scatologiques. Ouf, est-on tenté d’expulser de ses entrailles.

Enfin, alors que l’on connaît déjà le nom du successeur de Raymond, un Blanc pour les Bleus, on pourrait rappeler cette maxime de Saint-Luis Fernandez, « Echouer, peut-être ; démissionner, jamais ! » qui a servi de phare dans la nuit à notre bon Raymond. On lui offrira pour terminer cette citation de l’écrivain de science-fiction John Atkins qui pourrait être la voie vers la rédemption de Frankie et de Sidney, à défaut de Karim : « Faites taper les garçons dans un ballon et ils oublieront ce qui les tiraillent entre les cuisses. »