En janvier dernier, le match d’ouverture de la CAN chapeautée multi-médiatiquement par le président angolais Dos Santos, aussi présent –voire envahissant ?- que les vuvuzelas dans les stades sud-africains avait lancé la tendance. Les Aigles de Bamako, menés 2-0 à la mi-temps, voient la mise angolaise doublée à la reprise : 4-0 à la 74ème minute. Pour le Mali, qui comptait dans ses rangs, certes moins de Diarra que l’équipe de France quand Alou est là et Lassana aligné, en l’occurrence un seul Diarra, mais c’était Mahamadou, mais aussi Keita et Kanouté, c’est dur à avaler. Les raisons de l’échec ? Parmi elles, certainement une trop grande confiance en soi. Se voir le vainqueur avant le match.

Mais les Angolais qui à cette 74ème minute comptent donc 4 buts d’avance se font contaminer. A 4-0 devant leur public, les Palancas Negras vont vite être victimes de cette trop grande self-esteem. Quant aux Aigles, c’est Kader Keita qui va sonner la révolte contre cette humiliation. Il réduit le score à 4-1 à la 79ème. Kanouté remet çà à la 88ème, 4-2. Il reste deux minutes et les arrêts de jeu. Rien ne semble indiquer aux Palancas Negras ce qui va suivre. Keita marque le second but de son doublé à la 93ème. On se dit que c’est bien essayé, mais bon fallait réagir avant. Tant pis pour les Aigles. Mais il y a Yatabare. Egalisation à la 94ème minute. Tour à tour, les deux successivement supposés vainqueurs s’en prennent 4. De quoi faire réfléchir… Mais pour les spectateurs, 8 buts, c’est un régal.

Mais ce n’est pas tout. Les matches suivants confirment la tendance. Malawi –Algérie ? 3-0. Viva l’Algérie, moins one two three ! Cameroun- Gabon : 0-1, les lions édentés bouffés par les panthères. Côte d’Ivoire-Algérie : les Fennecs retrouvent le moral et le chemin des buts, les Éléphants sont bousculés, one two et viva l’Algérie one two three, score final 2-3, donc. Au match suivant, après cet exploit ils vont s’en prendre one two three four (comme disent les Ramones) de la part des Pharaons qu’ils ont éliminé de façon picaresque sur la route du mondial.

La tendance se poursuit au pays des Bafana Bafana. Eux, c’est 3-0 au second match, contre l'Uruguay. Le match nul d'ouverture était vu par la nation arc-en-ciel comme une victoire. Forlan leur a rappelé ce qu'est une défaite. Le début de la deuxième journée confirme les « surprises » de la première : la Grèce liposucée par la Corée du Sud 0-2, l’Algérie (encore ! désolé...) cueillie à froid par la Slovénie ; les British rattrapés par les Yankees (spéciale dédicace aux inoubliables Green et Chaouchi), les Lions Indomptables aussi efficaces qu’à la CAN : enfumés (but de… Honda) par les Blue Samurais du pays du soleil levant ; les Italiens annihilés par le Paraguay (qui ne sont ni militaires aéroportés ni homosexuels) ; jusqu’au Brésil qui s’est fait des frayeurs contre le onze de Kim Jong Il, une équipe d’extra-terrestres, peu de fautes, exquise courtoisie, délicate politesse, collectif et solidarité en béton, jeu hallucinant et un réalisme doublé d’un courage à couper le souffle voire la chique, y compris aux opposants politiques du Camarade Dictateur.

Mais the cherry on the cake nous a été offerte par la Furia Roja. Nos voisins transpyrénéens transpirèrent face à la Suisse dont chacun a pu remarquer que la défense n’était pas de Gruyère. Les Helvètes ont remis quelques pendules ibériques à l’heure et ont même dégonflé les chevilles de la même péninsule. Forts de leur victoire lors du dernier Euro, Les Hispaniques comptaient gober les petits suisses. Raté. La Nati les a faits chocolat ! Et vive les clichés. D’ailleurs, quand on y pense, lors de cet Euro 2008, les Oranjes et les Bleus, Tintin !

Assiste-t-on là à l’éclosion d’une nouvelle caractéristique des tournois majeurs internationaux ? Verra-t-on ces messages diffusés aux équipes lors de leur entrée sur le terrain : « Attention, l’abus de confiance en soi est dangereux », « Bomber le torse fait gonfler les chevilles », « Crâner peut causer des dommages à votre santé mentale ainsi qu’à votre entourage »ou encore « Péter plus haut que son cul tue » ? De plus, lors de l'Euro 2008, les deux pays organisateurs (Suisse et Autriche) sont passés par la trappe du premier tour, la CAN 2010 a vu l'Angola subir le même sort. Les Bafana Bafana prennent le même chemin du retour à la maison. Ah ? ils y sont déjà ?

Pour terminer, ce proverbe Xhosa (ou pas), « La fourmi qui porte une tête d’éléphant ne passe pas la porte du premier tour ». Un avertissement valable aussi pour les politiques.

Enfin, rassurons-nous, l'équipe de France est en plein doute, n'est-ce pas ?