Dans tout ce cirque médiatique, les esprits se sont échauffés, jusqu’à la douche froide de mardi. Peu de personnalités des milieux autorisés à penser et à nous faire partager le fruit de leur réflexion ont su garder la tête froide. A part Didier Roustan ou Vikash Dhorasoo à contre-courant, le flot a tout emporté sur son passage tel une inondation en Vendée ou dans le Var : la raison, la pudeur ou encore l’intelligence ont toutes disparu entre deux pubs pour Quick ou le Crédit Agricole, au profit d’un lynchage général. Les journalistes vendant du papier, les télés vendant de l’espace publicitaire après avoir fourgué du temps de cerveau disponible, les politiques vendant leur image en utilisant cette soi-disant cause nationale, bref, tous se sont emparés de l’équipe de France pour nous distiller quelques messages non pas bien sentis mais puant fort quelques relents nationalistes, colonialistes ou racistes, bref, l’hystérie est générale à défaut d’être collective.

Car dans tout ce cirque où l’on pointe des gamins ayant trop vite grandi ou s’étant aussi rapidement enrichis on y remarque surtout des parasites, un mot qui rime avec hypocrites. La fédération se fâche ? Les plumitifs se lâchent ? Les politiques s’agacent ? Postures et impostures ! On a longtemps moqué le football africain et ses dirigeants liés aux régimes plus ou moins brutaux comme on l’a vu par exemple avec le Togo lors de la dernière CAN. Que l’on nous explique la différence avec un gouvernement français, le président en tête de ses ministres où toutes et tous ont leur mot à dire que ce soit lors d’un sommet international, devant des caméras ou derrière des micros.

Que Sarko essaie de nous faire oublier le karachigate, que Rama Yade la joue perso dans son hôtel de luxe à elle, que Sainte-Roseline la joue psychologue de bazar pour mieux nous faire oublier le scandale de la grippe A (et pas du groupe A…), qu’Eric Woerth tente de remonter le courant et fasse oublier ses affaires domestico-financières en parlant football entre deux dépôts de plaintes, que Christine Lagarde fasse oublier la situation financière dramatique du pays, chacun essaie de se refaire une virginité grâce au feuilleton footballistique de ce début d’été. A bien relire ou réécouter les propos de ces autoproclamés donneurs de leçons, c’est la nausée qui monte, qui monte, qui monte au fur et à mesure que la cote des Bleus descend, descend, descend ! On se permettra que remarquer que le « casse-toi pauvre con » aussi présidentiel que pestilentiel a certainement une autre portée en ce qui concerne la honte du pays à l’étranger que des propos de vestiaires de types en short gonflés de testostérone et rapportés par un journal qui en a fait ses choux gras en montrant en exemple aux enfants comment s’orthographie correctement « Va te faire enculer sale fils de pute ! » (non, il n'y a pas de "s" à va ni de "é" à enculer...).

Le monde aurait-il tellement changé que le foot est devenu plus important que la politique ? On se souvient qu’avant le rude atterrissage sud-africain, le président lui-même s’est fendu d’un déplacement pour soutenir une candidature à l’Euro 2016 déjà acquise. Des jeux mais pas de pain ! Au moins, du temps de l’Empire romain, on donnait du pain et des jeux. On remarquera que la FFF est gérée aussi politiquement et brillamment que le pays avec son lot de communication hasardeuse mais balancée avec un aplomb aussi certain qu’un Christian Blanc faisant porter le chapeau pour ses 12.000 € de cigares à un ex-collaborateur, entre autres… Cette FFF est victime du même syndrome, non pas « amour, gloire et beauté », mais » pouvoir, gloire et pognon ». Que font tous les cadres de la FFF en Afrique du Sud à l’instar d’une ministre et de sa secrétaire d’état dans le petit paradis de Knysna ? Avaient-ils toutes et tous tellement besoin de marquer Raymond à la culotte avec d’ailleurs le résultat que l’on connaît ?

Mais la palme revient aux anciens de France 98 : pathétiques dans leur approche de gardiens du temple, pardon du maillot, qui se goinfrent du manque d’autorité de Domenech sur ses joueurs alors qu’ils ont tout fait pour le casser.

Le mot de la fin à l’ancien international français Vikash Dhorassoo, le substitute, qui a déclaré : « Moi, on ne m'a pas appris à représenter la France. Je ne sais pas ce que cela signifie. Quand on est sur un terrain de foot, c'est quoi ? Si tu joues mal, tu représentes mal la France ? Au sport, on perd ou on gagne ».

Un-zéro, balle au centre.