Comme l’actualité japonaise et les événements dans le monde arabe viennent nous le rappeler, l’actualité ne permet plus au mari de Carla B, chanteuse sans voix, de vendre des centrales nucléaires de type EPR et a fortiori à des dictateurs, ce sont donc les avions de type Rafale que le maître de l’Elysée envoie en tête de gondole dans cette guerre autorisée par les Nations Unies. Mais, foin de ces trivialités digne des contempteurs du CAC 40 et du Nasdaq réunis, l’homme admiré par Séguela n’essaie pas seulement de vendre ses avions, il essaie aussi de se vendre ou plutôt de se revendre dans l’optique de la présidentielle de 2012 et du contexte particulier auquel il a lui-même contribué, en bon contribuable.

Le tsunami de (mono) couleur bleue marine que les médias et une bonne partie de l’UMP même sont en train de fabriquer depuis quelques mois voire années (ah le grandiose suspense savamment entretenu pour nous tenir en haleine lors du combat Gollnish –Marine Le Pen pour savoire qui allait succéder au vieux !) pousse le Tzar de l’Elysée à sortir les grands moyens et même la grosse artillerie aéroportée pour tenter de remonter la pente créée par sa dépression sondagière. Marine Le Pen veut renvoyer les immigrés, en en particulier les Arabes de l’autre côté de la mer, Sarkozy va en flinguer à l’aide d’avions de guerre et à coup de missiles, plus efficace à défaut d’être plus classe !

Mais le fond du problème du locataire de l’Elysée reste dee pouvoir donner un coup de rein, en tout bien tout honneur, pour reprendre sa place de premier du premier tour. Il se pose donc en sauveur. Comme pour la prise d’otages de la Maternelle de Neuilly. Souvenez-vous, des mômes et leur maîtresse pris en otages par HB. HB ? Human Bomb et Homo Brutus dont la fin sous les balles de la police française avait été parasitée par un jeune politicien maire de Neuilly, ministre du budget et porte-parole du gouvernement de l’époque dont le ministre de l’Intérieur était un certain Charles Pasqua, lui aussi résident de Neuilly.

L’affaire avait rehaussé la stature de l’homo politicus grâce au tapage médiatique. Cette fois, Human Bomb est l’ex colonel de nos amis, ou plutôt le colonel de nos ex-amis. Les otages sont les opposants au même colonel. Après avoir délivré les infirmières bulgares à lui tout seul comme le mégalo en chef a prétendu, Sarkozy va libérer le peuple libyen du joug de la tyrannie. L’agitation médiatique de ses amis de TF1, du Figaro, de Direct 8 ou d’ailleurs relaiera l’agitation politico guerrière du petit maître à penser de Doc Gynéco.

Bref, encore une fois, Sarkozy fait volte face face à son ami dictateur à qui il voulait vendre une centrale nucléaire et certainement quelques avions Rafale, bombe le torse (et Tripoli) et plastronne en maître du monde, pardon en hôte du G8 et du G20, et sauveur de l’humanité oppressée. Le scénario est tellement traditionnel et éculé que Woody Allen n’en voudrait pas pour son prochain film avec ou sans Carla.

Le mot de la fin à Antoine de Saint-Exupéry qui s’y connaissait en matière d’aéronautique et de résistance et qui ne pensait pas à Nicolas Sarkozy lorsqu’il a écrit Le Petit Prince : « La guerre n'est pas une aventure. La guerre est une maladie. Comme le typhus. »

Allez, soignez-vous bien !