Depuis dimanche donc, on assiste à de grands moments du petit écran. Ainsi, nos garants de la morale nous expliquent-ils qu’il faut surtout que DSK puisse jouir de la présomption d’innocence. Très bien, bravo. Les jeunes de Tarnac applaudissent. Mais le soi-disant respect de cette présomption d’innocence de DSK s’est vite transformé en mépris de la victime présumée par la remise en cause des accusations. Comme le dit notre ministre bis des affaires étrangères, BHL, à propos d’une journaliste française, ne serait-ce point une « affabulatrice » ?

Dans certains médias, le retournement des faits était plus que sensible : la victime présumée devenait coupable et inversement. Pour nos commentateurs autorisés, la parole d’une jeune femme de New York immigrée et originaire de surcroit d’un pays sous le coup des diktats du FMI vaut forcément moins que celle de son flamboyant directeur général, habitué du Sofitel de New York, et qu’on va finir par surnommer « la grosse pomme ».

Mais dans l’abject, ce sont bien tous les soutiens de gauche et de droite qui valent bien leur palme d’or. Après avoir tenté la théorie du complot ou plus osé du « coup monté » selon Nanar Tapie, tous ces mâles blancs dominants nous expliquent qu’ils connaissent bien Dominique, que c’est un fin séducteur et non pas un violeur, qu’ils n’ont jamais assisté à un geste déplacé de leur mentor (double alexandrin, s’il vous plaît !). Badinter qu’on a connu mieux inspiré, parle de « mise à mort médiatique » alors que la corrida vient d’être classée comme « patrimoine culturel immatériel », les deux oreilles et la queue comprises. Moscovici, un des lieutenants de Strauss-Kahn y va carrément : « Je ne l'imagine pas forcer les choses ». On lui rappellera à l’occasion qu’une femme de ménage, même africaine, n’est pas une chose mais une personne. Quant aux adversaires de DSK, ils oscillent entre l’accusation à charge comme Debré et la faux-culterie, partagés entre le désir de sauver quelqu’un de leur caste voire « l’image de la France » et celui d’enterrer un adversaire que les sondages plaçaient au pinacle. La « retenue et la dignité » du gouvernent restent mesurées et on voit bien que certains ont du mal à cacher leur joie.

Mais tout ceci est de la petite bière comparé au traitement par les médias. Les chaînes d’info, les mêmes qui commentent et condamnent allègrement le traitement « humiliant » de l’accusé par les States… nous passent et repassent en boucle les fameuses images : DSK menotté, DSK pas rasé, DSK décravaté, DSK au tribunal, DSK entre deux flics dans une voiture, etc, en bref, DSK déculotté. Des images d’une « cruauté insoutenable » selon Valls. Mais, soyons rassurés, le CSA veille et a commencé à taper de son petit poing sur la table.

Mais revenons à DSK pour qui « politique » rimait avec « nique » et « urnes » avec « burnes ». On se souvient qu’un chroniqueur de France Inter avait voulu se taper le gros niqueur en février 2009. Mal en avait pris à Stéphane Guillon qui avait fini par être viré et France Inter qui avait fini par s’humilier en faisant des excuses publiques à DSK. Nul doute qu’à la fin du procès si le mari d’Anne Sinclair est condamné, le duo de choc de France Inter, Val & Hees, fera des excuses publiques à Guillon et le réintégrera.

Le mot de la fin au sémillant Guy Bedos malgré son âge de plus en plus avancé et dont on peut imaginer que DSK aurait pu en faire sa maxime il y a deux ans : « Ce qui me console de souffler bientôt ma soixantième bougie, c'est que dans sexagénaire, il y a sexe. »

Et dans Dominique, il y a nique ?