C’est donc pourquoi si les garçons ne naissent pas dans les choux et les filles dans les roses, les feuilles de chou se plongent dans les alcôves des politiques, et ça ne sent pas la rose. On reparle par exemple du fils japonais caché de Jacques Chirac, à défaut de son compte en banque présumé, également secret et japonais. On évoque également les mains baladeuses de Giscard ainsi que ses fantasmes érotiques, et même auto-érotiques sur les princesses. On se replonge dans la polygamie subventionnée et protégée par les moyens de l’Etat de feu Mitterrand. On s’interroge sur le priapisme convulsif de l’actuel locataire de l’Elysée et sur son efficacité séminale. Bref on écrit tous les jours la chronique pipolitique, qui peut s’écrire au choix en VO, « people », et en VF, « pipe et politique ».

La première victime collatérale de l’épopée strauss-kahnienne du Sofitel est donc Georges Tron sur lequel la presse fait feu de tout bois. A en croire les victimes présumées de l’ex villepiniste, Monsieur Georges aurait quelques faiblesses concernant les plaisirs de la chair et une idée fixe concernant l’érotisme des pieds de ses subordonnées, en quelque sorte, « je prends votre pied, donnez-moi le mien ». Certes, si le bon Monsieur Georges laisse à ses employées le soin de gérer son planning en leur laissant le choix dans la date, le problème est bien, si les faits sont avérés, l’abus de position dominante dû à des fonctions politiques, électorales ou non. Car même si on peut constater que monsieur Tron n’est pas de bois et ne peut résister au galbe d’un mollet ou d’une cheville et se laisse entraîner à des fantaisies partouzardes, on pourra dire s’il est coupable que Tron a donné le bâton pour se faire battre en comptant sur l’omerta microcosmique et l’impunité qui va avec.

Bien que le récent ex-ministre soit en train de se prendre une volée de bois vert, cela n’est rien en comparaison de la nouvelle affaire soulevée par un ancien ministre de l’éducation sexuelle, pardon, de l’Education Nationale, qui vient de laisser entendre qu’un autre ancien ministre se serait livré à des bacchanales (et le mot est bien choisi) de tendance pédophile à l’ombre d’une palmeraie marocaine, en toute impunité puisqu’il aurait pu échapper à des poursuites judiciaires. L’accusation est d’importance mais l’incertitude plane sur l’identité du présumé pédophile, personnage mystère d’une affaire sordide si elle est avérée. Il ne s’agirait pas de Frédéric Mitterrand qui n’est pas ancien ministre, même si dans culture on trouve cul. Même si Ferry botte en touche, ne donnons pas encore notre langue au chat et entrons à notre tour dans la danse… Là encore, sexe et pouvoir se confondent. Le feuilleton continue et ne manquera pas de faire couler autant d’encre que de salive, ce qui devrait faire plaisir à Georges Tron dont les prouesses buccales présumées nous incitent à penser que, finalement, la politique, c’est le pied !

Le mot de la fin à Danielle Décuré (ça ne s’invente pas), première femme pilote de ligne de l’histoire de l’aviation civile et qui en connaissait certainement un rayon sur les meilleures façons de s’envoyer en l’air : « Le sexe des garçons, il leur sert à tout. Ca sert à faire la guerre, président de la République, directeur, aviateur. Ca sert à penser, à tout commander ; à décréter ; à légiférer. Accessoirement, ça sert à faire des enfants et même à faire pipi. ».

Et à remplir les unes des journaux et la chronique judiciaire?