Car la contagion gagne plus rapidement encore que celle de l’Escherichia coli. Après donc le directeur du FMI, dont certains commencent à penser que la vénérable institution de Bretton Woods est l’acronyme de « Femme de Ménage Incluse », après le pied pris par Tron, après les pseudo-révélations par Ferry sur un ancien ministre aussi féru de tourisme que de pédophilie, voici qu’un sénateur socialiste, Jacques Mahéas, maire de l’autre Neuilly, celui sur Marne, semble bien parti pour se faire éjecter de son parti justement, pour avoir trop joué avec les siennes, de parties. L’élu semble avoir eu du mal à contrôler ses pulsions ce qui a amené la Justice après un marathon judiciaire de huit ans à le condamner pour agressions sexuelles.

Mais le fin du fin, en superproduction américaine, avec nouvelles technologies et tout, c’est bien la bourde commise par l’inénarrable député, maintenant dépité, le démocrate Anthony Weiner. D’ailleurs, son nom rime avec Twitter sur lequel notre ex futur maire de New York a posté des photos de lui en caleçon, photos adressées à une étudiante de Seattle. Rien de grave, si ce n’est, comme nous le dit une journaliste du Point, apparemment admirative devant cette photo « Plus que suggestive même. Un gros plan sur le caleçon gris d'un homme qui dévoile une bosse proéminente ». On n’est pas loin d’Edmond Rostand qui faisait dire à Cyrano : « c'est un roc ! ... c'est un pic... c'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ? ... c'est une péninsule ! ». Bref, comparé aux frasques du chaud latin Berlusconi, cet acte n’a l’air de rien. Mais Anthony Weiner est américain… Et donc, il a fait acte… de contrition, demandant pardon à ses proches, à ses électeurs, au peuple américain, à la terre entière, sanglots dans la voix et larmes incluses en prime, dans un véritable show à l’américaine…

On ne s’étonnera donc pas que dans ce climat dont la chaleur moite doit porter aux sens exacerbés des élus de tout poil, l’austère Henri Emmanuelli se lâche en pleine Assemblée Nationale et pointe vers les dorures du plafond de l’hémicycle son majeur tendu à destination d’un certain Fillon, François de son prénom et Premier Ministre de fonction. Un doigt d’honneur dans deux directions en même temps, belle performance.

On appréciera donc à sa juste valeur dans ce climat tendu, la sortie maîtrisée et pleine de sang froid du ministre de l’agriculture Bruno Le Maire qui n’a pas craint de nous annoncer que « La première leçon que je tire de cette crise est qu'il ne faut surtout pas baisser la garde ». Bref, cet acte isolé au milieu de soirées bunga bunga du cavaliere, de « troussage de domestique », de caleçon garni, du pied de Tron, de tourisme pédophile, de sénateur aux mains baladeuses, dénote un certain courage si on est de droite, d’une belle inconscience si on ne l’est pas. Un S de moins, un cheveu ou pire un poil sur la langue et la candidate à la succession de DSK au FMI se retrouvait dans de beaux draps si j’ose dire, car « il ne faut surtout pas baisser la garde ».

D’ailleurs en passant, Mme Christine Lagarde a déclaré récemment : « Si je suis élue directrice générale, je serai d'aplomb en tant que femme, pas nécessairement en pantalon, et certainement avec un niveau de testostérone qui serait plus faible que celui de beaucoup dans cette pièce aujourd'hui », une véritable fan de Rika Zaraï qui s’ignore, car « ce soir nous irons danser, sans chemise sans pantalon ».

Le mot de la fin à un philosophe, prix Nobel de littérature, ce n’est donc doublement pas BHL mais Jean-Paul Sartre qui a écrit un jour : « La patrie, l'honneur, la liberté, il n'y a rien : l'univers tourne autour d'une paire de fesses, c'est tout... »

C’est tout pour aujourd’hui…