Dernière chance à Durban ?
Par Jean-Luc Chavanieux le mercredi 30 novembre 2011, 11:35 - Niouzes - Lien permanent

Durban accueille en ce moment et jusqu’au 9 décembre la dix-septième conférence des Nations-Unies sur les Changements Climatiques. Cette conférence fait suite à celles de Copenhague (2009) et Cancun (2010) qui ont été des fiascos. La conférence de Durban échappera-t-elle à la loi des séries et sera-t-elle elle aussi un fiasco à l'image de la conférence des Nations Unies sur le racisme qui a eu lieu en 2009 à... Durban ?
Le texte du protocole de Kyoto est à ce jour le seul avec effet contraignant signé (en 1998) par la communauté internationale. Mais sa date de péremption est fixée au 31 décembre 2012. Si aucun autre texte n’est signé à Durban, plus aucune contrainte ne lie les pays en ce qui concerne le changement climatique. Et après, le déluge ?
C’est donc une étape cruciale qui se dresse devant les représentants des états. Mais l’optimisme n’est pas de mise. Dans le contexte de la crise multiforme où les faillites des états monopolisent l’attention et où le chômage de masse reprend du poil de la bête, avec le cortège d’incertitudes qui grandit de jour en jour, nul besoin d’être devin (où même Madame Soleil !) pour deviner que Durban risque de se révéler stérile et qu’une autre conférence ou sommet de la dernière chance sera programmée in extremis en 2012 (et là c’est peut être faire preuve d’optimisme).
Les intérêts des uns et des autres risquent de faire capoter l’adoption d’un nouveau protocole. Les USA ne veulent toujours pas entendre parler de contraintes malgré les beaux discours passés d’Obama, sauf si la Chine fait un premier pas. La Chine, quant à elle, revendique son droit au développement et rejette toute limitation de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), ce qui bloque également la Russie et le Japon sur toute concession. Je te tiens, tu me tiens par la barbichette ?

Dans le même temps, les pays émergents réclament la reconduction du protocole de Kyoto. Ils estiment qu’il est le seul à même de contraindre les pays dits développés. Ces pays émergents, suivis par les pays en voie de développement refusent un système de négociations bilatérales calqué sur l’OMC qui les désavantagerait.
Certes, l’Union Européenne essaie de booster le bouzin et se positionne comme voulant arriver à un second engagement chiffré des réductions d’émissions de GES afin de ne pas se retrouver dans une sorte de vide. Connie Hedegaard, la commissaire européenne à l’environnement a déclaré que « L'Europe, avec ses 11 % d'émissions mondiales, ne peut sauver seule le processus. Il faut faire davantage, cela n'aurait pas de sens que l'Europe accepte de maintenir Kyoto sans contreparties. Le monde attend que les Etats-Unis et les pays émergents s'engagent. Voilà pourquoi nous proposons d'adopter une feuille de route claire avec un calendrier qui nous conduise vers un traité solide avec la participation de tous les grands pays émetteurs».
Le sommet verra-t-il l’adoption des propositions européennes ? Rien n’est moins sûr. Et même, en cas d’adoption d’un texte, qui le ratifiera finalement une fois les derniers lampadaires de Durban éteints ? C’est mal parti. Le journal Le Monde ne nous apprend-il pas que « Lundi matin, le texte sur lequel les 193 Etats devront plancher n'existait pas encore »…
Les égoïsmes des uns et des autres feront-ils capoter tout texte contraignant ? Ce ne serait pas si étonnant. Pendant ce temps, la Terre se réchauffe toujours et le climat continue de se dérégler... allègrement !

