2011 + 1 = 2012 ?
Par Jean-Luc Chavanieux le mercredi 4 janvier 2012, 15:54 - Chroniques Primonde - Lien permanent

L’année 2011 aura été exceptionnelle. Exceptionnellement mouvementée et extraordinairement porteuse d’espoir mais aussi de désespoir, le tout sur fond de révolutions et d’indignation. Fera-t-on mieux en 2012 ?
Souvenons-nous, c’était il y a un an. Après son immolation le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, Mohamed Bouazizi, jeune vendeur ambulant tunisien décédait de ses blessures le 4 janvier 2011. Dix jours plus tard, Ben Ali, celui qu’on pensait inamovible fuyait la queue entre les jambes vers un paradis démocratique, l’Arabie Saoudite. L’année commençait en fanfare et les dictateurs et autres autocrates pouvaient commencer à trembler et serrer les fesses.
A peine un mois plus tard, Moubarak devait lui aussi quitter le pouvoir à la suite de manifestations en Egypte. Hosni qui n’avait plus la baraka se retrouva jugé pour ses faits et méfaits. Mais la valse des dictateurs allait se poursuivre. Sur la sellette, un autre dinosaure, Kadhafi allait finir lamentablement sa vie dans des circonstances moins reluisantes que la superbe qu’il affichait depuis une quarantaine d’années. Tous les trois avaient un point commun : leur pays recevait volontiers les ministres du régime Sarkozy pendant leurs vacances…
On se souvient de Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre régalienne qui se régalait (mari et parents compris) dans les palaces tunisiens au frais non pas de la princesse mais du régime plus que finissant. On se remémore également les dernières vacances de Noël de Fillon, premier collaborateur de Nicolas 1er qui se dorait la pilule sur les bords du Nil, salué par un Hosni honni qui ne savait pas encore qu’il ne pourrait plus recevoir les invités de l’Egypte aussi fastueusement. Le duo allait bientôt devenir un trio avec Henri Guaino, conseiller spécial de Sa Majesté qui lui, préférait la Lybie du Colonel. Quel flair !
Au-delà de ces régimes amis qui disparurent à tour de bras, la Syrie de Bachar el-Assad, s’enfonce chaque jour un peu plus dans une catastrophe politique et humaine. Rappelons que le triste sire fut reçu royalement, si j’ose dire, le 14 juillet 2008 pour passer les troupes française en revue aux côtés de Sarkozy, bien sûr, et du pas si regretté Moubarak, sur les Champs Elysées.
Mais 2011 ne s’est pas limité au printemps arabe. En mars, le 11 pour être plus précis et pour faire plaisir aux amateurs de football à défaut de faire plaisir au football amateur qui resta dubitatif face à une sombre histoire de quotas à la FFF, un tsunami ravageait les côtes nipponnes et enclenchait la série d’incidents qui allaient devenir accidents puis catastrophe à Fukushima. Mais ce n’est pas de radiations que mourut Ben Laden au début du mois de mai, mais d’une vulgaire balle dans la tête, vraisemblablement. A peine quinze jours plus tard, le Sofitel de New York allait s’avérer un véritable piège à DSK qui avait du mal à résister à ses pulsions en attendant une impulsion qui devait le faire rencontrer son destin présidentiel.
En juillet, Andreas Breivik allait étrenner la saison des festivals avec les bombes et la tuerie qui fit 77 morts en Norvège, ce qui relégua le si pur Tour de France au rang d’une épreuve de Bisounours farcis à l’EPO ou autres substances dopantes. Certes, si Breivik est né à Londres, cela n’a aucun lien avec les émeutes so british qui, parties de Tottenham allaient légèrement perturber le flegme légendaire de nos voisins grand-bretons. Le tout dans un concert mondial d’indignation face au capitalisme, de Wall Street à Athènes, de Tel Aviv à Madrid.
Mais le bouquet final de cette année un tant soit peu mouvementée nous fut offert par l’inénarrable Jacques Chirac qui fut condamné une dizaine de jours avant la fête de la consommation de Noël pour, quel scoop, abus de confiance, détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts à deux ans de prison… avec sursis malgré une anosognosie de bon aloi, vous savez, le syndrome du toc-toc…
Alors que 2012 débute timidement face à sa devancière 2011, et que chacun se pose des questions sur ce que nous réserve cette nouvelle année, nous laisserons donc le mot de la fin à notre corrézien national et repris de justice qui déclara un jour : « Les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu'elles concernent l'avenir. »
Beaucoup plus que celles qui concernent le passé…

