Mais revenons à nos zozos. Ceux-ci, avaient donc enlevés des enfants tchadiens pour les faire passer à la fois pour des enfants du Darfour et des orphelins, afin de les ramener en France où des familles en mal d’adoption, mais qui avaient financé l’improbable expédition, attendaient fébrilement la livraison du petit orphelin du Darfour qu’elles avaient commandé…

Aujourd’hui, ironie du sort, ces familles se sont constituées pour la plupart parties civiles pour le procès de l’Arche de Zoé, alors qu’elles ont permis par leurs versements monétaires à nos gugusses de monter leur opération. Etrange. Mais l’Arche n’était pas aidée que par ces familles pas très regardantes sur l’éthique. Ainsi cette association tragi-comique bénéficiait-elle de soutien au plus haut niveau de l’Etat, leur rapide « libération » des geôles tchadienne en est une des preuves.

Car, dans cette histoire, on croise autour de l’Arche de personnes impliquées dans les plus hautes sphères de l’état. De Rachida Dati à Mme Cécilia ex Sarkozy qui devaient accueillir triomphalement les orphelins, de Rama Yade à Kouchner qui ont très vite lâché le concept d’ingérence humanitaire tendance « Arche de Zoé », du conseil scientifique de l’UMP à la composition du conseil d’administration de l’association Paris Biotech Santé, que des proches de l’ancien président français qui ont très vite compris, pour une fois, qu’il valait mieux faire profil bas...

Or, comme pour le discours de Dakar, cette initiative « africaine »a vite tourné au fiasco, la différence étant que 5 ans après, l’aventure des zozos se termine par un procès. Les chefs d’inculpation sont « escroquerie », « exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue d'adoption » et, ce qui ne manque pas de pili-pili « aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en France », le dernier étant bien dans l’air du temps, alors que leur avocat était... un des deux actuels députés du FN, l'avocat aux enveloppes pleines de preuves, Gilbert Colliard.

On retiendra de cette aventure abracadabrantesque, un manque de discernement évident des dirigeants de l’Arche de Zoé qui, certainement en toute bonne foi, mais c’est encore pire, se sont arrogé un droit de traite d’être humains sur le sol africain, armés d’un droit d’ingérence, faux nez du colonialisme qu’il soit néo ou non. On a également du mal à appréhender la position des familles qui se sont estimées flouées.

Celles-ci, sans vouloir les accabler, sont aujourd’hui parties civiles alors qu’elles devraient être mises en examen pour complicité et financement d’une opération frauduleuse. Imaginons un seul instant cette histoire à l’envers : une ONG tchadienne qui viendrait enlever des gamins sur le territoire français suite à un financement par des familles tchadiennes… On mesure là la portée de cette histoire.

Le mot de la fin au « cerveau » de cette opération, l’inénarrable ex pompier volontaire Jean-Louis Breteau qui a déclaré il y a cinq ans avec une gratitude exceptionnelle suite à sa grâce et celle de ses comparses par Idriss Déby avec les sous des contribuables : « Je n'ai aucunement l'intention de payer. Par ailleurs, si la France paie, je trouverai ça dégueulasse. On dépense déjà beaucoup pour alimenter les caisses des chefs d'Etat africains. Dans cette affaire, il n'y a pas de parties civiles identifiées. On sait donc que les 6,3 millions d'euros, s'ils sont versés, vont aller dans les poches d'Idriss Déby. »

Lucide un jour, le zozo, mais pas lucide toujours…