On apprend, grâce au respectable quotidien Le Monde, que celui-ci, surnommé Abou a indiqué à la Cour, « j’suis pas Quasimodo, j’suis pas Brad Pitt non plus ». Ce pourvoyeur de plaisirs possède même quelques notions d’étymologie, et ce, dans la langue de Shakespeare. Le quotidien nous précise que l’étymologiste a expliqué au président du tribunal : « Donc les starfuckeuses, « star » comme star, et « fuck », c’est de l’anglais, ça veut dire qu’elles aiment, euh, les stars ». Le président relance le prévenu : « Mais ça leur sert à quoi ? », question très intéressante, en effet. « Ben, c’est comme dans un CV, Monsieur le Juge, Brad Pitt, Tartempion… ».

Grâce aux débats dans le prétoire, on apprend en s’amusant avec le respectable quotidien, qu’une starfuckeuse, donc, ne doit pas être confondue avec une michetonneuse qui, toujours selon Abou, répondent à une définition précise : « Alors la définition, Monsieur le Juge, c’est une fille qui, contrairement à la starfuckeuse, est plus intéressée par… la matérielle (sic). Par exemple, se faire offrir une voiture un sac Vuitton, un voyage… Avec la crise, rares sont les filles qui refusent ». Ah, la crise responsable, on sent bien que Le Monde est un vrai journal, sérieux.

Mais où tout s’embrouille, c’est que, toujours selon le prévenu, « Bon, une starfuckeuse peut être aussi une michetonneuse. Mais ça n’a rien à voir avec une prostituée. Rien. Une michetonneuse, ça a du tact ». Ainsi soit-il. De même, que, toujours selon Abou rapporté par le journal de référence, « Poufiasse ne veut pas dire prostituée, Monsieur le Juge. Poufiasse, c’est une tenue vestimentaire sexy ». Nous voilà rassurés.

Le Monde a eu raison de suivre ce procès car il nous permet de nous instruire dans la joie et la bonne humeur. D’ailleurs, lorsque le Président du tribunal indique à notre dictionnaire vivant que la définition du proxénétisme est « avoir aidé, assisté protégé, tiré profit de la prostitution d’autrui », il conclut en disant « j’ai toujours pensé que l’audience pouvait avoir un côté pédagogique ».

On devine quelle sera donc la teneur des articles de fond dans la presse, écrite, parlée ou télévisuelle pendant cette année 2014. De la pédagogie, de l’étymologie et peut-être même de la sémantique, mais après 23 heures.

Le mot de la fin au regretté Boris Vian qui en outre d’être écrivain et musicien avait une opinion : « La presse française fait preuve d'une partialité révoltante et ne traite jamais que les mêmes sujets : les hommes politiques et les autres criminels ».

Et aussi les footballeurs, les starfuckeuses et les michetonneuses, Boris.