En effet, alors que notre pauvre édile de Levallois doit se débattre face à la justice de son pays et du nôtre, il convient de rappeler les hauts faits d’armes d’un homme politique qui ose tout. C’est même à ça qu’on le reconnaît. Car Patrick B de Levallois-Perret est un grand innovateur. Après avoir conceptualisé l’utilisation du personnel municipal pour des prestations d’ordre privé dans ses domiciles à Levallois même, dans son moulin de Giverny ou encore dans sa superbe villa à Saint-Martin aux Antilles, notre bon maire fut donc condamné à 30 000 € d’amende, 120 000 € de dommages et intérêts, le tout doublé d’une condamnation par la chambre régionale des comptes à rembourser à sa propre ville 523 897,96 € de prestations, ainsi que 230 865,67 € d’intérêts. Et quelques autres broutilles du même ordre. Car Patrick n’est pas un petit joueur.

Dans la série, mieux et plus que Cahuzac, Monsieur Plus est suspecté d’avoir crée une société domiciliée en Suisse pour lui permettre, selon l’expert condamné Didier Schuller, « d’empocher des commissions occultes versées par les entreprises travaillant pour l’office des HLM des Hauts-de-Seine ». Bel hommage d'un expert.

Mais ce qui fait le plus de Monsieur Plus, ce sont ses comportements aussi fleuris que les bacs d’un rond-point municipal et de l’esprit dont il sait faire preuve en plein conseil municipal. N’a-t-il pas un jour déclaré à l’adresse de la seule conseillère municipale communiste de Levallois : « Il va bientôt falloir vous mettre dans une cage ! Savez-vous qu’au Conseil de Paris l’adjoint à la culture fait des acquisitions de perroquets vivants pour le Musée d’Art Moderne. Peut-être que pour le musée ethnologique, on pourrait également vous mettre dans une cage avec l’intitulé ‘Dernier spéciment du Parti communiste vivant’ ». 1500 € d'amende. Classe et finesse…

Toujours dans un esprit spirituel, tout en finesse et très classe, Patrick B affirme dans son livre, car oui, Monsieur le Maire écrit aussi des livres, enfin un livre, qu’il a sobrement intitulé « Une autre vérité, la mienne », il affirme avoir eu une relation intime avec Brigitte Bardot, lorsqu’elle était plus jeune je précise. L’intéressée a répondu « Je commence à en avoir marre d’entendre Monsieur Balkany se vanter d’avoir eu avec moi une aventure. (…) Je sais avec qui j’ai couché et certainement pas avec ce gros plouc menteur, goujat et d’une inélégance rare ».

Mais ceci n’est, si j’ose dire qu’une petite mise en bouche. En effet, notre édile a été accusé par une de ses anciennes maîtresses de viol avec menace d’une arme. En effet, sa virilité le conduisit à obliger cette dame à lui « administrer une fellation sous la menace d’un 357 magnum » nous précise le Nouvel Obs avec le sens de la formule. Sa moitié, la douce et tendre Isabelle vola à son secours en affirmant à Libé : « Mon mari n’a jamais en besoin d’un revolver pour se faire tailler une pipe ». La maîtresse finit par retirer sa plainte et l’épouse à réintégrer le foyer conjugal.

On ne donnera pas le mot de la fin à Marie-Claire Restout, ancienne judokate et ancienne suppléante de Patrick qui l’accusa de harcèlement sexuel tout en actant de sa retenue : « C’est quelqu’un qui a les mains baladeuses, mais pas avec moi », mais à Monsieur Plus himself qui a un jour affirmé : « Je suis l’homme le plus honnête du monde. »

Et vive la balkanysation !