Que nenni. Et le dénommé Rostain de poursuivre : « …sur une liaison supposée entre le président Barack Obama et Beyoncé. Je peux vous assurer que la presse du monde entier va évidemment en parler ». Bien évidemment, la presse, cette fois plus ou moins de caniveau a relayé l’information avant que le Washington Post ne se sente obligé de publier un démenti face aux informations forcément vérifiées de titres comme Gala ou Closer, Metronews ou le Figaro.

Dans le monde parfait de l’information continue, il faut bien alimenter les tuyaux et faire de l’audience. D’ailleurs, je ne sais plus qui disait en substance, que publier une information fausse et son démenti, c’est déjà publier deux infos. Bien sûr, cette rumeur publiée alors que le président français rend visite à son homologue a plus de chance d’être reprise dans le magma informationnel et communicationnel que l’on nous sert à la louche dans nos auges de cochons de téléspectateurs que des infos moins essentielles.

Outre le fait d’utiliser tous les moyens pour gonfler les chiffres de l’audience, cette manière de procéder peut légitimement gonfler celles et ceux, qui, parmi l’audience, essaient de capter quelques éléments sensés d’information, de ceux qui expliquent pourquoi le monde va mal. De plus, elle reflète les centres d’intérêt, voire les fantasmes des faiseurs d’information, des prescripteurs de la pensée. Après l’affaire privée Hollande Trierweiler que l’on nous a servi jusqu’à la nausée, après le feuilleton DSK, DSK au Sofitel, DSK à Rikkers Island, DSK dans les prétoires américains, il fallait bien lancer cette fois une rumeur mettant en cause nos amis américains.

Mais la rumeur ne s’intéresse pas qu’à la vie privée. Ainsi, ces derniers jours, le boss de l’UMP, l’inénarrable Copé, a-t-il embrayé le pas de celles et ceux qui s’échinent à vouloir démontrer que l’école républicaine théorise le genre dès la maternelle pour apprendre à nos enfants que les garçons ne naissent pas dans les choux et les filles dans les fleurs. A poil Copé !

Là aussi, les démentis contre la pseudo information véhiculée par celui qui laissa à poil Fillon, si j’ose dire, ont fusé. Mais le petit Jean-François C. de Meaux est coutumier des rumeurs qui, à l’instar des pédophiles, touchent nos enfants, comme par exemple la fabuleuse histoire des petits pains au chocolat arrachés dans les mains des petits enfants blancs par de grands voyous islamistes lors du Ramadan.

Gageons que le fait de la rumeur, vieille comme le monde, retrouve une nouvelle santé grâce à la profusion de chaînes ou de sites dits d’information, de réseaux dits sociaux où la pensée peut se développer en moins de 140 caractères ou en cliquant sur des « j’aime » ou des « j’aime pas », formidables véhicules pour les ragots et les potins.

Le mot de la fin au poète, écrivain, réalisateur, chanteur japonais Hitonari Tsuji, qui écrivit dans son bouquin « En attendant le soleil » : « Les rumeurs sont le produit de l’imagination des gens vulgaires, le reflet des plus basses conjectures ».

Allez, comme dirait Copé, à poil la rumeur !