Certes, cela permet de tenir le téléspectateur en haleine entre les pages de pub. Mais plus que des raisons dignes de films de science fiction ou d’un bon vieux James Bond, certains éléments plus terre à terre pourraient expliquer cette disparition, même si tout çà a l’air d’être relativement capillotracté. On apprend en effet par l’honorable journal Le Monde, que la Malaisie, malgré une démocratie formelle de bon aloi possède un état corrompu, incompétent, ethniste et autoritaire.

Dans ce contexte, il n’a donc pas échappé aux journalistes du Monde que la veille de la disparition du vol MH370, le leader du principal parti d’opposition, Anwar Ibrahim « a été condamné une nouvelle fois pour sodomie et li est passible de cinq ans de prison ». Quel rapport, sans vilain jeu de mots, avec un avion de ligne ? Et bien, il paraît que le pilote du Boeing Zaharie Ahmad Chah est ou a été un membre du Parti de la Justice du Peuple, en VO le Keadilan Rakyat, dont le leader n’est autre que M. Ibrahim, le condamné pour sodomie présumée.

Bien plus fort et finalement original que les hurluberlus qui vont trop au cinéma, comme ceux de BFM qui sur le site de la chaîne continue d’infos discontinues titrent : « Vol MH370 : un Ovni aperçu en Thaïlande le jour de sa disparition ». Le Monde, lui, n’hésite pas à relier la disparition de l’aéronef avec une sombre histoire de fesses présumée, certes, mais quand on aime....

On pourra, si le mystère perdure, expliquer, pourquoi pas, la disparition du Boeing par des liens complexes et croisés avec les affaires en cours. Ainsi, l’appareil aurait pu avoir plongé dans la piscine de Takiédine, l’ami de Copé, s’être écrasé contre le mur des cons du Syndicat de la Magistrature, les conversations de bord avoir été enregistrées avec le dictaphone de Buisson, ou encore, le Boeing aurait-il pu mettre un casque intégral pour se rendre incognito chez une actrice quadragénaire dont noud tairons le no par respect de la vie privée...

On ne sait pas si le vol MH370 a fini comme un avion sans ailes, mais on constate que l’information, elle, se fait sans pilote. On penchera plutôt pour l’hypothèse que l’appareil a sombré corps et âmes avec la déontologie journalistique, entre une page de pub et un spot promotionnel pour la chaîne, accompagné par l’éditocratie, qui a totalement supplanté le journalisme, le vrai, celui de terrain, d’investigation, celui qui réfléchit plutôt à la vérité qu’aux chiffres d’audience ou de ventes.

Le mot de la fin à Jean Baudrillard, philosophe multicartes pour qui la disparition du monde réel est plus une théorie qu’une légende : « Rien de plus mystérieux qu’un téléviseur qui marche dans une pièce vide : on dirait qu’une autre planète vous parle. On l’imagine très bien fonctionnant encore après la disparition de l’homme ».

Mais aussi des passagers du vol MH370, cher Jean, et de la déontologie…