Ne rechignant pas à faire la sienne la maxime comme quoi la meilleure défense c’est l’attaque, la droite surjoue l’indignation et Copé, qui ne mange pas que des pains au chocolat, lèche ses doigts pleins de confiture devant les caméras de télévision en espérant que ses outrances, ses airs de vierge effarouchée, ses approximations, ses mensonges même peut-être seront gobés par les Français. Mais ces personnes qui ont eu le loisir pendant cinq ans de capter tous les moyens de l’état pour définir des politiques qui ne profitent surtout qu’à leurs amis et à eux-mêmes continuent de nous prendre pour des imbéciles en détruisant le discours politique et la politique de l’intérieur avec un simplisme mâtiné d’un aplomb incroyable.

Tout en critiquant des médias qui seraient à la botte du pouvoir hollandais, ils n’arrêtent pas de s’épancher sur leurs malheurs sur les plateaux de télévision ou dans les studios de radio. Tout en digérant les coups portés par la remontée à la surface de leur façon de gouverner à la limite parfois franchie de la légalité, ils répondent en accusant leurs habituels bouc-émissaires de tous les maux dont ils ont été eux-mêmes responsables.

On pourrait saluer cet esprit de corps unanime si le but n’était pas de nous enfumer pour masquer leurs turpitudes. Sarkozy et son avocat achètent des portables sous des faux noms pour communiquer et Copé exige la démission de Taubira à causes d’écoutes téléphoniques tout à fait légales, en tout cas légalisées sous le règne de Sarkozy. L’avocat de Buisson qui a d’abord nié l’existence des enregistrements effectués par son client explique à la populace que le dictaphone se déclenchait tout seul. On apprend que Copé ne favorisait pas ses amis lorsqu’il leur refila le marché des meetings de l’UMP sans appel d’offres. Etc.

Sarkozy voulait la fin des juges d’instruction. On comprend mieux pourquoi à la lumière des affaires qui sont en train de le rattraper. Sarkozy se plaint que son avocat ait été mis sur écoute, mais c’est lui qui a fait passer cette loi. Le complot du pouvoir actuel contre le retour de Nicolas Ier, que les thuriféraires de l’ancien président essaient de faire accroire, c’est un peu comme quand Copé nous parle d’éthique et de morale, que Morano nous parle de politique ou que Guéant nous parle de peinture flamande, çà emplit l’espace médiatique mais on n’y croit pas, ou plus.

L’ancien magistrat de droite Philippe Bilger qu’on ne peut suspecter de collusion avec le gouvernement actuel et en particulier avec Christiane Taubira estime que « ce qui se déroule actuellement n'est au fond que la continuation d'un quinquennat dont le rapport avec l'état de droit et la morale publique a été infiniment médiocre d'autant plus que l'enthousiasme nous avait saisis en 2007 devant la promesse d'une République enfin irréprochable ».

On laissera même le mot de la fin au même Philippe Bilger qui répondait à un journaliste de la Dépêche qui lui posait la question « Êtes-vous choqué que Nicolas Sarkozy ait été mis sur écoutes téléphoniques ? - Non, c’est parfaitement normal. Nous n’avons pas affaire à une personnalité virginale. Tout ce qui se dégage du quinquennat précédent montre qu’il existe un tas de casseroles. Il est tout à fait légitime, face à un certain nombre de soupçons, de mettre en œuvre les moyens les plus efficaces. Je ne suis donc pas scandalisé qu’on ait placé sur écoutes l’ancien président de la République et deux anciens ministres de l’Intérieur ».