Cinquante-six journaux de quarante-cinq
pays (du nord au sud et de l'est à l'ouest de la planète ont décidé de publier
aujourd'hui le même éditorial.Tous le font, car déclarent-ils, "car
l'humanité est confrontée à une urgence aiguë. Si le monde ne s'unit pas pour
prendre des mesures décisives, le changement climatique ravagera notre planète,
et, avec elle, notre prospérité et notre sécurité". C'est parti pour
quelques minutes de lecture planétaire...
Tag - écologie
lundi 7 décembre 2009
Copenhague, ça commence aujourd'hui
Par Jean-Luc Chavanieux le lundi 7 décembre 2009, 08:35 - Niouzes
mercredi 14 octobre 2009
Appel « Urgence climatique, justice sociale », Mobilisons nous !
Par Jean-Luc Chavanieux le mercredi 14 octobre 2009, 13:33 - Niouzes
Premiers signataires
:
Action consommation, Alofa Tuvalu, Amis de la Terre, ATTAC, CADTM, Cinémas Utopia, Confédération paysanne, Copernic, CRID, FNEPPEP (Fédération Nationale des Elues Pour la Promotion des énergies Propres), FSU, Greenpeace, IPAM, LDH, LPO, MDRGF, Nord Ecologie Conseil, 4D, RAC (Réseau action climat), Réseau Féministe Ruptures, Réseau Sortir du nucléaire, Solidaires, Survie, TEO France, WWF.
Avec le soutien de : AlterEcolo, Alternatifs, Collectifs unitaires, Jeunes Verts, LCR, les Verts, Objecteurs de croissance, ZEP
La dégradation écologique de la planète s’accélère et les nouvelles prévisions scientifiques sur le dérèglement climatique soulignent la gravité de la situation. Des mesures pour y répondre existent. Il est maintenant urgent de les mettre en oeuvre. C’est le sens de cet appel.
mardi 11 août 2009
Copenhague : l'ultimatum climatique
Par Jean-Luc Chavanieux le mardi 11 août 2009, 13:28 - Niouzes
Plusieurs ONG ont lancé un appel par rapport au sommet de l'ONU sur le climat qui aura lieu en décembre prochain à Copenhague. Voici le texte de l'appel... que vous ne manquerez pas d'aller signer ici !

Texte de l'appel :
Monsieur le Président,
Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir. Le résultat de cette conférence dessinera l’avenir climatique de l’humanité. Or comme le rappelait il y a un an le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, « nous sommes au bord d’une catastrophe si nous n’agissons pas ».
mercredi 10 juin 2009
Le Président-Soleil
Par Jean-Luc Chavanieux le mercredi 10 juin 2009, 07:05 - Niouzes
Nicolas 1er
n’aura donc pas traîné. Deux jours après le scrutin des européennes, il se met
en scène à l’Institut national de l’énergie solaire (Ines)sur les rives du lac
du Bourget. C’était prévu depuis dix jours, nous annonce-t-on. D’accord, ou
comme dirait Clavier, okaaaaaay ! Oui mais le problème n’est tant pas la
mise en scène que les propos présidentiels…
dimanche 7 décembre 2008
Congrès des Verts à Lille : le texte d'orientation
Par Jean-Luc Chavanieux le dimanche 7 décembre 2008, 10:59 - Les Verts BG
.Réunis en congrès à Lille, les Verts ont
voté à une large majorité (71 %) le texte d'orientation intitulé "L'alternative
écologiste" (proposé ci-dessous) qui donne la ligne politique des Verts pour
les 3 ans à venir. Cécile Duflot a été réélue secrétaire nationale. jean-Louis
Roumégas et Djamila Sonzogni seront les porte-parole de notre
parti.
L’alternative écologiste
Le texte d’orientation adopté à Lille le samedi 6 décembre 2008
Nous sommes aujourd’hui confrontés à une crise globale. Les crises environnementale, énergétique, sanitaire, sociale, agricole, alimentaire, économique, démocratique et identitaires, se cumulent et s’interpénètrent. Elles mettent en péril l’avenir de la planète et des hommes et des femmes qui y vivent et vivront. L’évidence actuelle de la crise donne hélas raison aux écologistes. Longtemps lanceurs d’alertes, ils portent désormais la responsabilité immense d’apporter les solutions politiques pour une transformation écologique et sociale à la hauteur des enjeux. L’urgence à agir est criante. La crise climatique et les menaces sur la biodiversité en cours sont le résultat d’un mode de développement, dont les effets catastrophiques pèseront avec plus d’intensité sur les couches populaires, au Nord comme au Sud, qui paieront encore plus cher que les autres. La dégradation de notre environnement, l’épidémie de cancers, l’impact nuisible des substances toxiques sur la santé nous obligent à repenser nos modes de vies.
lundi 6 octobre 2008
Mammifères : un quart des espèces en danger ?
Par Jean-Luc Chavanieux le lundi 6 octobre 2008, 23:28 - Niouzes
Chaque jour
apporte son lot de nouvelles désespérantes. En cette morne saison, froide et
humide, la crise économique mondiale et l'imminence d'un krach à côté duquel
celui de 1929 n'était que (au choix) roupie de sansonnet, pipi de chat ou
encore pet de lapin, enfin tant qu'il en reste.
La dépêche suivante, publiée dans Libération d'après l'AFP, mérite beaucoup plus d'attention que sa longueur ne le laisse supposer. Titre : Biodiversité: le grand déclin des mammifères. Va-t-on vers la fin des mammifères ? Voici la brève :
La moitié des espèces de mammifères sont en déclin et probablement un tiers sont menacés d'extinction, selon la liste rouge de l'Union mondiale pour la nature (UICN) publiée aujourd'hui à Barcelone. Une espèce de mammifères sur quatre est en danger de disparition, soit 1.141 sur 5.487 espèces recensées, précise l'UICN dans cette étude la plus complète jamais réalisée sur les mammifères. Mais la réalité pourrait s'avérer pire encore en raison d'un manque d'informations concernant 836 mammifères, a averti l'organisation qui tient son 4ème congrès jusqu'au 14 octobre à Barcelone.
«En réalité, le nombre de mammifères menacés d'extinction pourrait atteindre 36%», estime Jan Schipper, un expert de l'UICN, auteur principal d'un article à paraître dans la revue Science.
(Source AFP)
Pfffff ! Rien que çà ! Si l'extinction d'espèces est un processus naturel, il semble que les chiffres annoncés sont largement au-delà de ce processus normal. Et c'est un euphémisme. Bientôt, plus de gorilles de montagne, de chamois, de tigres, de coyotes ?
Quel est ce monde que nous nous préparons à laisser à nos enfants ? Ce monde qui, sur le plan social, économique et environnemental est en train de s'écrouler ? Ce monde qui ne sait plus où il va. Ce monde qui se dirige vers un avenir si incertain que les prévisions considérées autrefois comme les plus pessimistes se retrouvent aujourd'hui considérées comme d'un optimisme délirant ?
Vous dites ? C'est pas franchement terrible en ce moment ? Rassurez-vous, ça pourrait être pire.
Comme demain.
Légende image :
Dessin de Chris Madden.
- Une autre créature que l'on peut rayer de la liste des espèces en voie de disparition.... Elle est éteinte.
vendredi 12 septembre 2008
Contournement est de Rouen : en vert et contre tous !
Par Jean-Luc Chavanieux le vendredi 12 septembre 2008, 07:43 - Actualités BG
Il est
de retour. Bardé de soutiens unanimes, L'excitation autour de ce projet d'un
autre âge, celui du pétrole bon marché, voit une belle unanimité en sa faveur
se dessiner de tous les cotés de l'échiquer politique. Sauf chez les
Verts...
Ce jeudi 11 septembre, le Maire de Bois-Guillaume a fait voter le conseil municipal pour un "voeu" de soutien à ce projet de contournement. La précipitation des uns et des autres à vouloir faire passer en force ce projet est propotionnelle à la rareté des deniers dans les caisses de l'Etat. Les élus de tout poil mais sans la fibre verte urgent leurs instances territoriales pour obtenir le maximum de soutien, espérant grapiller les reliquats de budget pour financer leur projet. Bref comme on dit chez nous, au plus fort la pouque !
L'insistance des élus UMP de l'Agglo à soutenir ce projet qui sera financé par nos collectivité territoriales aurait pourtant dû mettre la puce à l'oreille à propos du coup à double bande qu'ils tentent contre les majorités de gauche à l'Agglo, au département ou à la région. L'endettement consécutif au financement de ce goufre à pognon public risque fortement de nuire à l'état de leur finances, puisque, on vous le dit, les caisses de l'Etat sont vides... Et il faudra faire des choix bugétaires qui risquent de réduire les ambitions des politiques sociales de nos collectivités ou alors il faudra augmenter les impôts...
Le plus triste dans cette histoire, c'est que ce projet sera terminé quand plus grand monde ne prendra sa bagnole. Quand nos élus prendront-il conscience de la nécessaire révolution énergétique due à la rareté exponentielle (oui, bon, je sais...) des énergies fossiles ? Sans vouloir jouer les catastrophistes, nos sociétés devront s'adapter à cette nouvelle donne. Plus tôt cette adaptation sera décidée, moins douloureux sera le choc.
C'est donc accord avec mes convictions et ma conscience que j'ai voté jeudi soir. Je fus le seul élu municipal de Bois-Guillaume à voter contre le "voeu" présenté par Gilbert Renard. Un Vert solitaire, en quelque sorte... (rien à voir avec Jean-Luc Le Ténia, à écouter ici et à lire là). Je vous livre donc le texte de mon explication de vote. Les intertitres ont été rajouté pour la publication sur ce blog.
Bonne lecture.
Monsieur le Maire,
Vous demandez au Conseil Municipal de voter un vœu au nom de la Ville de Bois-Guillaume concernant la réalisation d’un contournement est de l’agglomération rouennaise. Ainsi, vous affirmez « l’impérieuse nécessité de construire dans des délais rapprochés cette vois de contournement en l’accompagnant d’un réseau de transports en commun développé et structuré ».
Révolution énergétique
Permettez-moi de faire quelques remarques à propos du texte que vous nous présentez. Tout d’abord, ce projet, véritable serpent de mer qui remonte régulièrement à la surface de la vie politique locale, est présenté comme inévitable. L’étude, basée sur une enquête publique de 2005, est aujourd’hui dépassée. Le coût du pétrole a considérablement changé la donne. Ainsi, le baril est passé de $ 50 début 2005 à des prix autour de $ 100 aujourd’hui. Cela fait réfléchir beaucoup de personnes quant à l’utilisation systématique de la voiture pour les déplacements. De plus, la prise de conscience citoyenne à propos de la préservation de l’environnement qui est en train de naître, conjuguée à la baisse du pouvoir d’achat et à la hausse du coût des énergies est en train de transformer notre rapport aux déplacements. Le succès des dispositifs de vélos en libre accès, des transports en commun (la TCAR voit un net regain d’affluence sur ses lignes, les TER ont vu leur affluence augmenter de 9% sur un an) ou encore des différents dispositifs de covoiturage, qu’ils soient mis en place par le département, les entreprises ou tout simplement les particuliers, illustrent le changement qui est en train de s’effectuer en profondeur quant à nos déplacements.
Ce changement d’habitudes, aujourd’hui à ses prémices, va, gageons-le, se poursuivre et se renforcer dans les années qui viennent, rendant caduc un projet basé sur des chiffres antérieurs au choc pétrolier que nous sommes en train de vivre. Le délai entre la décision de réaliser un tel projet et son ouverture devrait être de l’ordre d’une quinzaine d’années pour un endettement encore plus long. Quelles seront nos habitudes en matière de déplacements en 2020, en 2025 ? Est-ce que l’économique rimera avec l’écologique ? De plus, d’autres pistes seront à étudier comme l’aménagement des horaires de travail , les éco-primes pour l’achat d’un vélo par exemple ou encore l’injection d’une dose de télétravail dans l’horaire hebdomadaire de certains salariés. La liste est loin d’être close et espérons que l’imagination sera au pouvoir.
Pharaonesque et abracadabrantique
Les problèmes soulevés par ce projet sont multiples. Outre son inadéquation face aux réalités de demain et les inquiétudes soulevées par son tracé (vous rappelez d’ailleurs la présence d’un site Natura 2000 à Belbeuf), le coût d’un tel projet sera aussi pharaonique que l’ampleur du chantier qu’il susciterait. S’il est difficile d’évaluer avec exactitude son coût, comparons les 600 millions d’Euros généralement avancés sans garantie de participation de l’Etat avec les 20 millions que représente le coût d’une ligne de type TEOR qui pourrait, par exemple, relier le Madrillet à la Ronce… Si on ajoute que pourrait être envisagé un péage pour amortir les coûts de construction, alors on est sûr que ce projet va à l’échec. En effet, les transporteurs routiers continuent de passer par les quais Rouen pour éviter de payer le péage de l’A29, quelle sera leur attitude face au prix à payer pour utiliser ce contournement ? Enfin, pour la population, le contournement n'apportera aucun soulagement à tous ceux qui angoissent déjà devant l'augmentation mensuelle de leur facture pétrolière. A quoi bon construire une route grande vitesse à péage si la plupart des habitants n'ont plus les moyens de faire le plein ?
La circulation, dont la densité dans notre agglomération est décriée à juste titre, ne compte pas que des véhicules en transit (qui ne représentent que 2% de déplacements dans notre agglomération). Les traditionnels embouteillages sont principalement dus aux trajets internes à l’agglo ou aux camions qui se rendent sur les installations du Port Autonome. Le contournement ne résoudrait pas forcément ces problèmes. Il faudra donc évaluer sérieusement l’apport du pont Flaubert qui permettra un contournement de Rouen par l’ouest lorsqu’il sera ouvert afin d’évaluer la pertinence du projet de contournement est.
En vert et contre tous
En ce qui concerne la proposition d’accompagner « d’un réseau de transports en commun développé et structuré », auquel il faudrait bien sûr ajouter un plan ambitieux d’aménagements et de promotion des déplacements doux, ne va-t-on pas vers une contradiction ? La logique ne commanderait-elle pas de prendre ces mesures et d’en évaluer l’efficacité avant de se lancer dans ce projet titanesque et peut-être déjà dépassé ?
Un projet qui, s’il ne résoudrait pas les problèmes de circulation et de pollution, augmenterait du fait de son existence même l’étalement urbain, facteur d’augmentation des besoins en énergies et des émissions de gaz polluants et à effet de serre. Ou alors, cette recommandation qui se veut écologique ne serait-elle qu’un argument pour mieux faire passer le projet ?
Vous l’avez compris, je (nous ?) voterai contre ce vœu qui me (nous) paraît d’une autre époque, une époque révolue où l’essence était « bon marché ».
Communiqué ministériel
Enfin, je terminerai par une citation de l’actuel ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo, qui a déclaré le 9 juin dernier alors qu’il annonçait l’abandon de projets similaires à Bordeaux et à Toulouse :
" En effet ces projets ne correspondent plus aux nouveaux enjeux de développement durable. Ils privilégient la mobilité automobile, dans un contexte de pétrole cher et non renouvelable, l'utilisation non raisonnée de l'espace, notamment par l'étalement urbain préjudiciable à la biodiversité...''
Merci de votre attention.
jeudi 3 juillet 2008
12 juillet : manif à Paris contre le nucléaire
Par Jean-Luc Chavanieux le jeudi 3 juillet 2008, 13:08 - Niouzes
A l'occasion de la présidence française de l'UE, manif européenne le 12 juillet Place de la République à Paris, à l'initiative du réseau Sortir du Nucléaire.
Pour en savoir plus, rendez-vous ici.
L'appel des Verts en vidéo à soutenir cette manifestation :
lundi 23 juin 2008
Consommation et relations Nord / Sud : un problème aussi écologique
Par Jean-Luc Chavanieux le lundi 23 juin 2008, 07:31 - Niouzes
Je vous propose le texte de mon
intervention lors du Festival pour la Terre organisé ce weekend à Repainville.
Cette intervention a eu lieu dans le cadre d'un débat sur le thème "consommer
autrement".
Déjà, en 1974, la campagne du premier candidat écologiste à une élection présidentielle faisait des relations Nord / Sud un enjeu majeur au cœur de la politique. Que ce soit en des termes économiques, environnementaux, sociaux, démographiques ou démocratiques, il était urgent de revoir l’interaction entre Nord et Sud sur d’autres bases que celles de l’époque.
Plus d’un quart de siècle après, non seulement rien n’a changé, mais on peut même dire que le fossé entre l’Occident et le Tiers-Monde s’est élargi dans tous les domaines, de façon proportionnelle au besoin effréné de consommation au Nord. Ainsi, par exemple, le coût croissant de l’énergie pénalise au Sud les pays les plus pauvres, et au Nord les citoyens les plus pauvres.
Cette intervention ne prétend pas balayer tous les problèmes vécus dans les pays du Sud posés par une hyperconsommation là où on peu se le permettre en étant exhaustive. C’est une modeste contribution visant à montrer que nos modes de consommation actuels ont, et ont eu, des répercussions très diverses sur les habitants des pays du Sud et sur leur environnement.
Four Hundred Years
Si on prend pour postulat de départ la définition communément que « L'écologie est la science qui étudie les milieux et les conditions d'existence des êtres vivants et les rapports qui s'établissent entre eux et leur environnement », alors on peut considérer que l’esclavage à grande échelle a eu des impacts qui ont transformé l’environnement autre qu’humain.
Les pays privés pendant 400 ans de leurs forces vives par la traite ont pu mesurer les nombreux effets de ce crime contre l’humanité sur leurs paysages. Les contacts commerciaux établis sur les côtes, les « comptoirs », ont crée un appel d’air économique qui a vu toujours plus de densité de population au dépens de l’intérieur des terres lieux de capture des esclaves potentiels. Sur 4 siècles, on imagine l’effet sur les pays notamment en bordure du Sahara, c'est-à-dire une déforestation progressive et proportionnelle aux saignées opérées dans les peuples par les marchands de « bois d’ébène ». Désertification assurée. Responsable direct : l’esclavage.
En Afrique « anglophone » et orientale, un schéma identique se produit, même si les conditions géographiques et climatiques atténuent la violence environnementale. Les côtes ont pompé le sang de l’intérieur des terres. La colonisation a fait le reste.
D’autre part, dans les nouvelles colonies, terres d’exportation de cette « cargaison », les paysages et les équilibres écologiques ont pu être bouleversés. Haïti n’a plus d’arbres aujourd’hui, pourquoi ? Si on n’y avait pas « importé » contre leur gré des esclaves, quel serait aujourd’hui le paysage haïtien.
Quant à la population caribéenne d’origine, elle n’a pas résisté à la colonisation européenne et des peuples, comme les Arawaks ou les Tainos ont disparu de la surface de la Terre. En quoi, cela serait-il moins grave qu’une espèce végétale ou animale ?
- Conséquences
- Ecologiques : Désertification, déforestation…
- Solidaires : Génocides, mortalité, éducation…
- Démocratiques : Esclavage, racisme…
La colonisation, y’a bon ! Non, y’a pas bon !
La période suivante, qui a pu d’ailleurs se superposer à la période de l’esclavage, a vu la pénétration des forces colonialistes vers l’intérieur des terres pour un objectif unique, tirer le maximum des ressources forestières, minières ou agricole des pays colonisés.
Si au début du 20ème siècle, la SDN a posé quelques règles en matière de devoirs des puissances coloniales (santé, éducation, infrastructures…), ces règles étaient bien timides et ne garantissaient aux « indigènes » que le strict minimum dans le meilleur des cas.
Ainsi, le cas du Congo Belge est éclairant à plus d’un titre. D’abord, attribué au Roi des Belges (Léopold 1er) en tant que propriété personnelle, le Congo qui s’est d’abord appelé « Etat Libre du Congo » a été mis en valeur pour le seul profit de Léopold. La SDN qui commencera à s’émouvoir demandera timidement des investissements modestes pour le bénéfice des populations. Pensant avoir su tirer du sol, du sous-sol et de la force de travail des Congolais le maximum, Léopold refourguera le bébé à la Belgique en 1908 tout en continuant à piller le pays par l’intermédiaire des sociétés minières notamment.
L’éducation se limitera au minimum pour les garçons comme pour les filles. La construction du chemin de fer se fera, non pour des voyageurs, mais pour les marchandises, bien sûr, destinées à la puissance coloniale.
Ce sera également le début de l’agriculture d’exportation, café, cacao, fruits, manioc… Les colonies apportant par exemple les bananes du Banania et le manioc du tapioca qui permit à la génération née pendant la seconde guerre mondiale à recevoir suffisamment de calories dans une Europe dévastée. On pourrait bien sûr rappeler la présence des anciens combattants originaires d’Afrique qui constituèrent la colonne vertébrale de la 2ème DB.
Puis, la paix revenue en Europe, les massacres de Sétif ou de Madagascar rappelèrent aux colonisés leur statut et leur impossible (à l’époque) accès à l’indépendance.
Ces cultures de rente et cette exploitation des ressources minières auront la vie dure… jusqu’à aujourd’hui. Malgré les tentatives de certains députés de droite de présenter la colonisation sous un aspect positif, l’Afrique Noire notamment était bien mal partie comme l’avait annoncé René Dumont à l’aube des années 60.
- Conséquences
- Ecologiques : surexploitation des terres, pillage du sous-sol…
- Solidaires : colonialisme, utilisation des colonies comme réservoir
- Démocratiques : citoyenneté de seconde zone, racisme institutionnel…
Le néo-colonialisme, à bas !
Les indépendances qui ont commencé à fleurir à la fin des années 50 donneront un véritable espoir aux peuples. Cet espoir sera rapidement déçu par la gestion indirecte exercée par les puissances coloniales. La France et l’Afrique formeront rapidement un couple, appelé Françafrique, qui sera pour les dirigeants hexagonaux et africains le moyen de prélever un gros pourcentage sur ce qui aurait dû revenir aux citoyens.
Les velléités d’indépendance économique et de rectification des termes de l’échange se verront sanctionnées par la France ou l’Angleterre, notamment sur le prix du café ou du cacao, côtés à la bourse de Londres. René Dumont a également dénoncé ce fait qui, à cause du besoin de devises, a renforcé l’agriculture d’exportation aux dépens de l’agriculture vivrière.
Les anciennes puissances coloniales favoriseront les guerres entre pays, les conflits ethniques, l’ethnisme en arrosant notamment l’Afrique d’armes, de munitions et de sous-munitions diverses et mortelles. Un pays en guerre est plus facile à piller qu’un pays en paix. De plus, les famines, parfois surmédiatisées (Biafra, Ethiopie, Niger…) ont des causes autant politiques que climatiques.
Il est difficile aujourd’hui d’admettre que les anciennes colonies ont eu une indépendance effective. La tutelle de l’ancienne métropole coloniale n’a pas totalement disparu et a souvent été épaulée ou remplacée par celle de la Banque Mondiale ou du FMI, forçant les pays du Sud à des privatisations massives ou le dégraissage de la fonction publique.
- Conséquences
- Ecologiques : monocultures et insuffisances alimentaire, destruction des forêts…
- Solidaires : famines
- Démocratiques : dictatures, conflits, guerres
Notre consommation se répercute ailleurs
La colonisation économique continue pour que nous puissions remplir nos réservoirs avec des carburants venant du pétrole congolais ou nigérian, pour que nous puissions manger des haricots verts frais du Kenya en plein hiver, ou que nous puissions offrir des rivières de diamants libériens.
Nos besoins sont bien souvent les causes des malheurs des citoyens des pays du Sud, notamment africain. Ainsi, il est reconnu aujourd’hui sur le continent que la richesse du sous-sol, loin d’apporter du confort aux peuples, apporte souvent le malheur, dictatures, pénuries alimentaires ou énergétiques.
Le contexte de crise mondiale de l’énergie ou de crise alimentaire pénalise beaucoup plus fortement les pays en voie de développement et leurs habitants. D’ailleurs les récentes émeutes de la faim on souvent commencé par des manifestations contre les hausses de prix de l’énergie (carburant, charbon de bois…). Pour chaque goutte de pétrole, combien de gouttes de sang ? Pour chaque meuble en bois « exotique » combien d’arbres coupés et d’espèces végétales et animales disparues ?
Le Sud et notamment l’Afrique ne réclament pas la charité, ni même la solidarité, mais tout simplement le droit, la justice permettant de trouver sa place dans le monde économique sans continuer à se faire piller en toute impunité par des dirigeants qui, ici et là-bas, développent surtout leurs comptes numérotés en Suisse.
Pensons à ce que nous consommons et comment nous consommons. Chaque citoyen peut agir en privilégiant la quantité à la qualité, en pensant aux achats éthiques et au commerce équitable.
Je terminerai avec une citation de « Le développement comme colonialisme » d’ Aimé Césaire :
" On me parle de progrès, de réalisations, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, de cultures piétinées, d'institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées. On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de route, de canaux, de chemin de fer. Moi je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan chemin de fer. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont en train de creuser à la main le port d'Abidjan. Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme. On m'en donne plein la vue de tonnage de coton ou de cacao exporté, d'hectares d'oliviers ou de vignes plantés. Moi je parle d'économies naturelles, d'économies harmonieuses et viables, d'économies à la mesure de l'homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée, de développement agricole orienté selon le seul bénéfice des métropoles, de rafles de produits, de rafles de matières premières. "
lundi 16 juin 2008
Un réacteur EPR dans votre moteur
Par Jean-Luc Chavanieux le lundi 16 juin 2008, 07:26 - Actualités BG
Les ministres actuels, et le premier
d’entre eux, ne sont pas à cours de bonnes plaisanteries lorsqu’il s’agit de
parler d’environnement. S’il faut savoir rire un peu tous les jours, le manque
de discernement environnemental et énergétique dans le contexte de crise que
l’on connaît actuellement à l’échelon planétaire nous ferait plutôt
pleurer…
Souvenons-nous. C’était pendant « la » canicule, celle d’août 2003. Vous savez, celle qui en passant par la Pentecôte (la pentecôte est raide et l’ascension est une longue montée, aurait pu dire Raffarin) s’est transformée en journée de soi-disant solidarité touchant uniquement les salariés. Le bon Docteur Mattéi, alors ministre de la santé n’avait rien vu venir et l’inénarrable Roseline Bachelot, alors ministre de l’environnement, avait sorti un de ses bons conseils du style « pour éviter la surchauffe des centrales nucléaires, garez votre voiture à l’ombre »…
Certes, je caricature (à peine, mais vraiment à peine) ses propos. Pourtant, l’effort intellectuel de la ministre avait bien fait rire. Aujourd’hui, le pilote de rallye et du gouvernement Sarkozy, François Fillon, vient d’annoncer, ce qui doit faire plaisir au puissant lobby du nucléaire français, la construction d’un second réacteur de type EPR pour « répondre à la flambée des prix des carburants »…
Greenpeace a déjà noté le ridicule premier-ministériel en précisant que les véhicules ne fonctionnaient pas à l’électricité (même si quelques-uns…) et aurait pu expliquer finalement que l'autonomie des dites voitures était proportionnelle à la longueur de la rallonge électrique…
Pour en revenir plus sérieusement au sujet plus préoccupant qu’est le nucléaire et en particulier la technologie de l’EPR, Frédéric Marillier de Greenpeace France a rappelé dans une interview à Libé que « La déclaration de Fillon est d'autant plus étonnante que le Premier ministre semble tout ignorer des problèmes que connaît le chantier du premier EPR à Flamanville, dans la Manche. Tous les travaux de construction ont été stoppés depuis trois semaines sur injonction de l'Autorité de Sûreté nucléaire qui a relevé de nombreuses anomalies et malfaçons. C'est justement hier que pour la première fois, les responsables ont officiellement reconnu que le chantier, débuté en décembre, avait pris du retard. »
Plus loin dans cette interview, le chargé de la campagne énergie de l’ONG a jugé l’inopportunité et l’inadéquation de la déclaration de Fillon quant à la crise actuelle : « On interroge François Fillon sur la crise du pétrole et les moyens d'y faire face et il répond nucléaire ! Or le nucléaire ne produit que de l'électricité ! 80% de notre électricité provient actuellement du nucléaire, un record mondial ! Mais dans le domaine des transports, qui représentent plus de la moitié de la consommation française de pétrole, le nucléaire ne peut rien apporter : le nucléaire ne fait pas avancer les voitures. Et ce n'est pas demain la veille ! Sur plus de 2 millions de véhicules particuliers neufs immatriculés en 2006 en France, seuls 14 sont électriques. Le nucléaire n'est donc pas la bonne réponse à la crise du pétrole d'autant qu'un deuxième EPR ne pourrait entrer en fonction avant 15 ans ! »
CQFD. Faut-il toutefois s’étonner du décalage entre la réalité réelle et les propos du collaborateur numéro un du président ? Non, bien sûr. Car les réponses apportées aux problèmes du pays ne sont pas plus reluisantes. Retraites ? Protection sociale ? Education ? On se souviendra tout de même que le premier ministre a su dans le passé mettre dans la rue des millions de Français contre ses projets. Alors, contre un deuxième réacteur à eau pressurisée ?
jeudi 12 juin 2008
Un estuaire à sauver
Par Jean-Luc Chavanieux le jeudi 12 juin 2008, 13:05 - Niouzes

Les Verts de Haute-Normandie appellent les citoyen-ne-s à se mobiliser dimanche 15 juin pour l'estuaire de la Seine aux côtés d' associations environnementales (LPO, HNNE, SOS Estuaire, CHENE, Estuaire Sud, Écologie pour le Havre).
Voici le texte de l'appel des Verts HN :
L'ESTUAIRE DE LA SEINE : UNE NATURE VIVANTE, UN ESPACE VITAL
RASSEMBLEMENT POUR LA SAUVEGARDE DE L’ESTUAIRE DE LA SEINE, participez à la mobilisation
DIMANCHE 15 JUIN À 10H30
PARKING DE L’AIRE DE LA BAIE DE SEINE DU PONT DE NORMANDIE
Le respect des espèces, des milieux naturels, n’est-ce pas la défi nition de la biodiversité ? Une priorité nationale ?
Et pourtant dans l’estuaire de la Seine, les milieux naturels ne cessent de se dégrader et la biodiversité est en constante régression. Des agressions diverses comme :
- Des mesures compensatoires promises depuis la destruction de 1000 hectares d’espaces naturels lors de la construction de Port 2000 qui ne sont toujours pas effectives.
- Le plan de gestion de la réserve naturelle est bloqué par la préfecture, pour donner satisfaction à des intérêts privés (chasseurs, agriculteurs).
- Un braconnage important perdure, alors que la chasse est fermée depuis le 31 janvier sans qu’aucune sanction ne soit prise.
Ces agressions accélèrent la destruction du site pour laisser la place :
- au projet d’approfondissement du chenal de Rouen,
- à la création de deux centrales au charbon au Havre,
- au projet de prolongement du canal maritime au milieu d’une zone majeure pour la biodiversité.
Notre estuaire détient déjà le triste privilège d’être le plus pollué d’Europe. Malgré le Grenelle de l’Environnement, les actes peinent à suivre. Loin d’une politique de développement durable, une poignée d’industriels s’entête à privilégier des intérêts privés au détriment de l’intérêt général de l’estuaire.
Nous ne voulons pas de cet avenir et faisons le choix de la défense d’un site qui doit être accessible à tous, pour que scientifi ques, habitants, touristes ou simples curieux puissent continuer à profi ter d’un milieu naturel remarquable.
Les intérêts économiques immédiats ne doivent pas détruire le patrimoine naturel qui, parce qu’il n’appartient à personne, appartient à tous !
PROGRAMME DE LA JOURNÉE :
- 10h30-12h00 : manifestation et médiatisation
- 12h-14h : repas tiré du sac
- 14h-17h : Découverte de l’estuaire en compagnie d’ornithologues
RENSEIGNEMENTS
LES VERTS DE HAUTE-NORMANDIE
ecologie.hn@wanadoo.fr
02 35 70 12 10
Pour lire ou télécharger le tract au format pdf, cliquez ici.
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