Chroniques d'un monde malade

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Tag - éthique

Fil des billets

mercredi 19 mars 2014

L’info, comme un avion sans ailes

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Dans un monde où il est impossible d’envoyer des SMS sans que ça se sache, où on ne peut pas avoir sur son mobile des conversations privées, même sous un faux nom, où la NSA espionne des pays entiers, un mystère plane. Comment a-t-on pu perdre un avion de ligne et tous ses passagers ?

C’est le mystère de l’année. Le Boeing de Malaysian Airlines disparu on ne sait où ni comment pose de sérieux problèmes. Les enquêteurs issus du domaine aéronautique, de l’espionnage ou encore les journalistes patinent. Malgré les balises GPS, les transpondeurs, les liaisons radio de données de vol ou même les portables des passagers, personne n’est en mesure de dire où est cet avion et ce qu’il est devenu.

S’est-il transformé en sous-marin ? En épave ? A-t-il été pulvérisé ou transformé en pièces détachées ? Quelle route aérienne a-t-il bien pu prendre ? Dans quel pays se trouve-t-il ? Et quel est le rôle des pilotes ? Toutes ces interrogations forment un sujet bien télégénique malgré le manque d’images. Pour une fois, les experts autoproclamés des plateaux télé n’ont pas vraiment d’avis. Certains évoquent des hypothèses farfelues, on va bientôt nous parler de faille spatio-temporelle, d’enlèvement par des extra-terrestres, si ce n’est déjà fait.

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mercredi 12 mars 2014

Sacs de nœuds, sacs de neuneus

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On en apprend véritablement tous les jours. Le règne de Sarkozy reposait sur des hommes, des femmes et des pratiques qui, à défaut de mériter notre considération, utilisaient le pouvoir et l’état d’une manière pas totalement irréprochables.

Les révélations actuelles sur le système mis en place et ses à côtés ne devraient être un scoop pour personne. En effet, tout ce qui remonte à la surface en ce moment n’est rien moins que de l’ordre de la confirmation plutôt que de la surprise. On apprend donc en ce moment et en vrac, que Buisson enregistrait à l’insu de leur plein gré tout ce petit monde, que Copé refilait des marchés à ses copains, des pros de la surfacturation, en toute bonne conscience, que Sarkozy n’hésitait pas à jouer avec son carnet d’adresse pour arriver à ses fins, que Villepin est un très bon négociateur pour les retraites, enfin, surtout la sienne.

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mercredi 5 février 2014

Patrick a la trique et Balkany nie

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Je dois vous faire un aveu. En tant que chroniqueur d’un monde malade, j’ai un penchant, un faible, une inclinaison, voire même une tendresse toute particulière pour celles et ceux qui font l’actualité dans ce créneau, qui, bien qu’encombré, ne peut se satisfaire des demi-sels. Donc, gloire à toi, ô Patrick Balkany, qui a su t’élever au-dessus de la mêlée !

Ainsi, le maire de choc de Levallois-Perret, le bon Patrick Balkany sera-t-il aujourd’hui notre petit bonheur du jour. Celui que l’on pourrait appeler Monsieur Plus, tant il est plus truculent que Guéant, plus macho que Dassault, plus malpoli que Sarkozy, plus foutraque que Cahuzac, plus culotté que Dieudonné, plus braquemart que Giscard, plus polisson que Georges Tron, plus marié à Isabelle Balkany que Tibéri, nous offre-t-il avec son pétage de plomb devant et avec une caméra de BFM une bonne occasion de saluer l’ensemble de son œuvre.

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mercredi 11 décembre 2013

Mandela et le bal des hypocrites

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Malgré une longévité extraordinaire, Nelson Mandela n’était pas immortel. L’ancien prisonnier 46664 de Robben Island a réuni le monde entier lors de ses funérailles. Mais combien parmi les illustres invités sont effectivement les dignes émules de Madiba ?

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, le décès de l’ancien militant anti-apartheid puis président de la République Sud-Africaine laisse un grand vide dans le PPM, le panorama politique mondial. De la race des militants, Nelson Mandela a incarné mieux que personne la lutte qui a fait tomber le régime suprématiste blanc de Pretoria. De la race des dirigeants éclairés, il a permis à l’Afrique du Sud de sortir des ténèbres, de se trouver une nouvelle identité après une histoire sombre faite de sombres histoires.

C’est donc tout naturellement que les dirigeants du monde entier se sont dirigés vers Soweto, pour lui rendre un dernier hommage. On a pu voir des cohortes de chefs d’état montrer leur trombine et leur bonne conscience en direct live. Pourtant, comme on dit au pays de sa très gracieuse majesté, nombreux sont les squelettes qui traînent dans les placards.

En effet, parmi pays occidentaux représentés, les USA, le Royaume-Uni et la France, notamment, n’ont pas considéré, alors que Madiba était encore prisonnier politique, que la lutte contre le régime de l’apartheid était une priorité. Du maintien de Mandela sur les listes de terroristes à l’assassinat à Paris de la représentante de l’ANC Dulcie September, ces pays occidentaux ont été plus forcés par leurs opinions publiques et la situation politico-économique du pays qui n’était pas encore « arc-en-ciel » à changer leur fusil d’épaule.

Quant aux dirigeants africains présents, combien n’ont jamais joué la carte de l’ethnisme ou trituré dans tous les sens leur constitution pour se maintenir au pouvoir ? A l’exact opposé de ce qu’a fait Mandela. La palme du régional de l’étape revenant à Jacob Zuma, hué par le public représentatif de cette nouvelle Afrique du Sud, public qui a par contre applaudi De Klerk.

C’est donc bien à un bal mondial des hypocrites auquel nous avons assisté hier. Le public du FNB Stadium de Soweto ne s’y est pas trompé. Il a fourni les chants et les danses pour accompagner les dirigeants mondiaux dans ce dernier hommage à leur libérateur. Il ne manquait plus que les vuvuzelas pour couvrir les discours qui se voulaient consensuels, alors que, de son vivant, Madiba, lui, a su réaliser un consensus sans être consensuel au départ.

C’est d’ailleurs à cette occasion que le président français François Hollande a fait revenir sur le devant de la scène mondiale son prédécesseur qui, lui, s’y connaissait en matière de stigmatisation des différences. On n’aurait pas pu trouver invitation plus incongrue. C’est d’ailleurs le mot qui vient à l’esprit à propos de certains hommages rendus par nos chers politiques à coups de petites phrases en moins de 140 caractères.

Ceci a d’ailleurs été parfaitement illustré et prophétisé par Mélenchon qui avait estimé juste après la mort de Nelson Mandela que « Des milliers de bonnes paroles vont se déverser sur la mémoire de Nelson Mandela par ceux qui, le reste du temps, n'hésitent pas à pourchasser les enfants roms » avant d’ajouter que « Dans un pays où des enfants mal élevés jettent des bananes à un ministre qui n'a pas la bonne couleur, il y a quelque chose de surprenant à voir cette unanimité se construire ».

Mais peu importe, car si Mandela nous a quittés, il nous laisse une œuvre politique faite de courage et de raison, d’inclusion plutôt que d’exclusion, œuvre dans laquelle se reconnaissent tous les anonymes qui ont chanté et dansé dans le stade pour couvrir les hypocrisies nationales et internationales.

Le mot de la fin à Madiba himself : « En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d'en faire autant ».

mercredi 27 novembre 2013

Le fil à couper l’eau tiède

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Il arrive que parfois des brebis s’égarent. C’est apparemment et dernièrement le cas de citoyennes et de citoyens qui, portés par une sorte de vague médiatique, se sont aperçus que de l’eau chaude et de l’eau froide, ça donne de l’eau tiède…

En effet, quelques-unes de ces brebis égarées dans le marigot du rassemblement bleu lepéniste sont rentrées au bercail après avoir frayé quelque temps avec le mirage démocratique que constitue le parti cher au châtelain de Montretout, le bien mal nommé fief de la famille Le Pen. Un de mes anciens maîtres d’école aimait dire de certains de ses élèves qu’ils n’avaient pas inventé -au choix et selon les jours- l’eau tiède ou le fil à couper le beurre. C’est visiblement le cas de trois transfuges qui ont cru au miracle bleu marine.

Ainsi, une ancienne candidate du Front de Gauche, un élu UMP ou encore une française d’origine algérienne nous ont-ils fait part dernièrement de leur déception voire de leur désarroi concernant les mondanités en usage dans le parti d’extrême droite le plus connu de notre échiquier politique, même s’il n’est pas connu par tous en tant que tel. Ces trois personnes, donc, ont laissé le nid douillet de leurs appareils précédents pour tenter l’aventure dans le parti au joli camaïeu bleu foncé rappelant les tenues des agents de sécurité ou des policiers en tenue justement, les uniformes de la marine nationale, les cars des CRS en 1968, les cernes des lendemains de cuite ou encore les traces de coups avec ou sans matraque.

Ces trois personnes ont donc découvert que le front national n’offrait pas à l’intérieur le nouveau visage avenant et souriant que les nouveaux cadres du parti s’échinent à présenter sur les plateaux télé bien souvent complaisants. Mais qu’ont bien pu découvrir nos trois oies blanches ?

Commençons par l’ancienne candidate du Front de Gauche à Marseille, Anna Rosso-Roig. Cette dernière qui avait connu son quart d’heure warholien il y a quelques mois en faisant savoir qu’elle quittait Jean-Luc M pour Marine L, s’est donc rendue compte lors de son bref passage au front d’extrême droite qu’existait toujours « ce côté brutal ».

Pour l’élu UMP de Gamaches Bruno Cléré qui comptait faire son petit business en vue des prochaines élections avec le front, la désillusion est du même ordre. Ainsi, notre seconde oie blanche nous informe : « J’ai fait une erreur, celle de penser que le FN était un parti fréquentable. Quand on voit Marine Le Pen à la télévision, on ne peut pas imaginer à quoi ressemble l’arrière-boutique. (...) J’ai vu des tatouages de croix gammées sur deux ou trois personnes. (...) J’ai aussi très vite été choqué par les propos homophobes et xénophobes des militants ». Pourtant si les croix gammées ne font pas florès à l’UMP, les propos homophobes et racistes n’y étaient pas inconnus, d’Hortefeux le boutefeu à Vanneste l’indigeste. Les exemples sont mêmes nombreux. Malgré cette vaccination préalable, le Bruno en question a donc été choqué par ce qu’il a vu et entendu dans les couloirs de l’extrême droite, c’est dire…

C’est également le cas de l’éphémère tête de liste Nadia Portheault, née Djelida nous précise-t-elle, qui a découvert que « cette ambiguïté permanente, entre la vitrine et une arrière-boutique spécialisée dans les blagues vaseuses sur les Arabes et les homos, n'était plus supportable ». Cerise sur le gâteau et foin de considérations culinaires, cette idéaliste s’est reçu un « Toi et tes enfants, vous êtes bons pour le four » bien refroidissant et même glaçant.

On pourrait résumer par analogie leur grande découverte. C’est comme si on découvrait que l’eau mouille, que le feu brûle, que le gros rouge tache, qu’une boulangerie vend du pain ou encore que les coups font mal.

Le mot de la fin à la regrettée Françoise Giroud qui a écrit un jour : « Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C'est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l'expulser ».

Et pas avec un fil à couper l’eau tiède…

jeudi 10 octobre 2013

Le hérisson et le dromadaire

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Nous connaissons tous quelques-uns de ces couples célèbres dont l’un des deux membres ne va pas sans l’autre, et réciproquement. Que serait Tintin sans Milou, Laurel sans Hardy, Jacob sans Delafon, Bougredane sans Bougredandouille, Bush sans Saddam, le tenon sans la mortaise, le fromage sans le dessert, la cerise sans le gâteau ou, pour le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, les Roms sans les Musulmans ?

En effet, tels des collections d’été de haute couture alternant avec celles d’hiver, tels les Jeux Olympiques alternant avec la Coupe du Monde de foot, les Roms et les Musulmans squattent alternativement sans vergogne les conversations des honnêtes citoyens, les propos de comptoir, les saillies de quelques prétendus humoristes ou encore les bouches des politiques qui squattent les plateaux de télévision, les studios de radio et notre temps de cerveau disponible.

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mercredi 12 juin 2013

Y’a bon au pays du racisme normal

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Comme chaque année depuis 2009, l’association Les Indivisibles a remis ses trophées appelés les « Y’a bon Awards » à quelques personnalités dont les propos sont certainement plus hauts en couleur que leur entourage…

Ainsi, pour la 5ème cuvée de trophées récompensant, si j’ose dire, les sorties racistes les plus significatives de notre personnel politique et médiatique, Les Indivisibles avaient réuni un jury comprenant Pascal Boniface, Rony Brauman, Denis Robert, Aya Cissoko, Marco Prince Mireille Fanon-Mendès-France, et quelques autres, cinéastes, journalistes ou musiciens. Après certainement d’intenses cogitation, le jury a donc désigné les « vainqueurs » des prix 2013. On notera qu’aucune véritable surprise n’apparaît dans ce palmarès et que pour l’association, le racisme est « toujours normal sous une présidence normale ».

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